‹ Discours du général FoyChapitre 45 sur 67 · SUR LE RÈGLEMENT DU BUDGET · texte numérisé non relu

SUR LE RÈGLEMENT DU BUDGET

DE i8a5.

s^am^se du a5 avril z8a5.

Lorsque fut révélé dans cette enceinte le scandale des marchés passés et accomplis , pour la subsistance de nos troupes en Espagne^ une voix puissante, celle-là même que vous venez d'entendre ( M. le ministre des finances ) , s'éleva , qui essaya de vous expliquer comment et pourquoi le crédit de cent millions, voté par les chambres dans la prévoyance d'une guerre lentement progressive , se trouvait excédé de cent sept millions, lorsque la promptitude du succès avait trompé tous les calculs et dépassé toutes les espérances. M. le président du conseil entreprit de justifier les marchés par la nécessité , et non pas , disait-il, une nécessité de circonstance tenant au manque d'approvisionnements ou à d'autres considérations passagères, mais une nécessité constitutive et permanente , provenant de ce que la magistrature militaire ne suffisait pas à ses difficiles fonctions. Dans cet état des choses , il ne s'était trouvé en France, suivant le ministre, qu'une seule tête capable de faire marcher l'administration de l'armée.... Eh bien ! messieurs , cet homme unique,

44a DISCOURS Et OPINIONS.

cette providence administrative , ce sauveur de nos soldats, le sieur Ouvrard est à la conciergerie!

Le munitionnaire de l'armée d'Espagne, et avec lui quelques fonctionnaires de l'administration militaire , ont été livrés à la justice par suite d'un rapport fait au roi le 9 février de cette année. Ce rapport, bref et fulminant dans sa forme, est-il sérieux au fond? Ceux qu'il a atteints jusqu'à ce jour sont-ils les seuls coupables? sont-ils les vrais coupables, sont-ils les coupables importants?

On parle de corrupteurs et d'hommes qui se dont laissés corrompre. Est-ce là chose bien étratige par le temps qui court, et avec la direction de cupidité et d'agiotage imprimée aux affaires de nôtre pays? Est-il d'ailleurs de la nature de la difruption de laisser derrière elle des fils que ptrîsse saisir l'instruction judiciaire?

Eh! que parlé - je d'instruction judiciaire! Ne s'arrêtera- t-elle pas, ne s'est -elle pas déjà arrêtée paralysée , impuissante , devant deà accusations et des accusés qui sortent de la compétence cïes tribunaux ordinaires? A- t-elle mandat pour s*élever aux considérations législatives et morales de l'ordre constitutionnel! A-t-elle pouvoir poirr acctrser et poursuivre, s'il y a lien, ceux-là mêmes qui ont demandé au roi des accusations^ et des poursuites? Cette soif de la justice, dont on dirait que furent dévorés pendant quelques jourâ les conseillers de la couronne , ne serait-elle pas une ruse imaginée par eux à l'effet d'éloigner de leurs têtes la responsabilité qui les presse et les

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