‹ Discours du général FoyChapitre 6 sur 67 · XX ESSAI · texte numérisé non relu

XX ESSAI

El il £iut ici £iire la part de la fûblesse hamaine; on ne pouvait espérer que rémigTadon rapprochée , comme par mirade, du pouvoir, conservât le silence et la modération que lui avait commandée la dictature de Fempire. Un tel effort de vertu est le partage de quelques âmes fortement trempées, de ces honmies rares que le sentiment du devoir élève au-dessus du vodgaire; il s^en trouvait parmi les royalistes ; nous avons vu ceuxlà venir au secours des libertés publiques. Mais combien d'autres regardèrent la restauration rojale comme la restauration de deux ordres privilégiés , comme la garantie du retour des anciens abus! Us se présentèrent dès les premiers jours de r^>oque nouvelle, comme les accusateurs passionnés du présent, et de tout ce qui s'était fait en France depuis un quart de siècle. Les cendres de l'anarchie furent remuées ; les intérêts nationaux se sentirent audadeusement attaqués; ce malaise général, inévitable précurseur des grands mouvements politiques y troubla la société. La tribune rouverte aux débats publics aurait pu remédier à tout ; quelques orateurs y parurent avec des intentions droites et un talent recommandable ; mais , courbés pendant dix ans sous le despotisme, ils n'avaient pas encore cette attitude libre et imposante qui rend la vérité victorieuse. L'asservissement de la presse périodique y contribua; et ce fut un malheur; il y eut licence de la presse parce qu'il n'y avait pas liberté.

I^ coutre-révolution , telle que la majorité des

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royalistes paraissait la désirer, était impossible. On pouvait arriver au despotisme , à la tyrannie ; mais à l'ancien régime , jamais. Les éléments en avaient été réduits en poussière; le retour à la vie de l'ancien gouvernement était aussi difficile que la résurrection d'un mort. Les hommes sensés avaient bien cette persuasion ; aussi, redoutaient-ils plus le pouvoir arbitraire que l'ancien régime. Mais le langage de la contre-révolution s'est fait enteiidre; t'en est assez pour agiter les esprits et répandre de vives alarmes. La révolution menacée jette de nouveau un regard sur la France; et pour bien constater l'inutilité des efforts dirigés contre elle^ elle saisit l'homme du destin, dans son exil, et le jetto triomphant au milieu de nous. A cet aspect inattendu les illusions s'évanouissent ; les clameurs s'apaisent; on se ressouvient de la charte, on invoque la liberté ; il était trop tard ; le torrent de» vait suivre son cours.

Aux premiers mots de Napoléon la liberté tressaillit d'espérance; à peine revêtu du pouvoir, il parle encore , la liberté reconnaît le langage de l'incorrigible despotisme, se voile de deuil et se tourne vers l'avenir. Privé de ce puissant auxiliaire. Napoléon se confie encore à la fortune ; et ce dernier effort fut digne de lui; mais il y survécut. La tribune populaire, armée contre son génie, lui fit expier le 1 8 brumaire; l'homme qui d'un geste commandait aux rois, qui abattait et relevait à son gré les trônes , dont les triomphes avaient lassé la renommée, et que l'Europe ne pouvait contenir^

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