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Sainte -Hélène, un rocher , perdu dans rimmense- Océan, le reçoit; il avait été quelquefois au-dessous de ses prospérités^ il s'élève au-dessus de son malheur. Nulle faiblesse n'a obscurci cette, gloire, n'a terni cette infortune. Sainte -Hélène!, c'est là que là mort est venue le saisir, là, que repose l'homme dont le souvenir remplira les siècles ; un peu de cendre proscrite , voilà ce qui re^te de tant de grandeurs.
Tandis que Napoléon se livre à la meurtrière, hospitalité de l'Angleterre, la contre -révolution. reparaît sous l'escorte de l'étranger ; elle s'attache encore une fois à la restauration, comme les plantes parasites s'attachent au chêne des forets, pour vivre à ses dépens et pour l'étouffer ; et ici , qu'il me soit; permis de démêler deux intérêts qui dominent notre système politique, et qu'il £aut bien distinguer si l'on veut juger le présent- et prévoir l'ave* nîr. L'intérêt de la restauration est celui de la liberté ; de l'ordre légal , de la paix , de tous les droits consacrés par la i*aison de l'homme ; c'est un intérêt national. L'intérêt de la contre-révolution est celui du privilège, du pouvoir arbitraire , de la tyrannie; <e'est l'intérêt du petit nombre. D'abord elle n'a point marché à découvert ; elle s'est îeachée sous la restauration dont elle a égaré la mard]Le et perverti les conseils; faible par le talent, puissante par l'audace et l'intrigue, par. un accès facile auprès du trône , par l'adulation , l'hypocrisie et le dédain de toute anorale.
Xa liberté uinie à la restauration s'est retranchée
SUR L'iLOQUEKTCB POLITIQDE. XXIII
dans la charte; c'est là son domaine et son refuge ; elle a jeté son voile, et la contre-révolution a ôté son masque. Ce n'est plus contre la révolution que les attaques sont dirigées ; une leçon trop sévère a été reçue , pour qu'on revienne à une tâche dont rimpossibilité est démontrée ; mais la révolution avait enchaîné la liberté : on croit que la contrerévolution peut en faire autant; on ne tient compte ni des circonstances , ni des formes du gouverne-* ment , ni de la situation morale de la société , ni des sentiments qui vivent au fond de tous les cœurs. Des pygmées ont voulu soulever le levier des révolutions; ils ont voulu ébranler les masses; les masses sont restées immobiles ; ils ont voulu du fanatisme , ils n*ont conçu et enfanté que l'hypocrisie. Que de fois n'ont -ils pas tenté la patience du peuple , soit par des chants de carrefour , soit en faisant traîner dans les rues de Paris , en plein jour, un homme d'honneur epchainé à un malfaiteur lépreux et plongé dans ISvresse , soit par de
coupables connivences à desi^ôi^P^^^ insensés, soif enfin par le mensonge, la calomnie, la corruption et la violation des franchises électorales! £h bien ! tout a été inutile! La nation est calme; elle est calme , parce qu'elle sait que la liberté ne périra pas ; tput ce qu'il y a de talent et de génie en.France est venu se ranger sous ses drapeaux ; elle ne périra pas , parce que le despotisme contre - révolutionnaire ne pourrait tuer la liberté sans tuer la restauration; et celle-ci reculerait devant son tombeau •