Michel, L'Orient et Rome, p
de la Propagande menace des peines les plus graves certains missionnaires catholiques trop peu pressés de se familiariser avec la langue des peuples qu'ils ont la tâche d'instruire des vérités de la foi1.
Plus près de nous, le bon et loyal Pie IX s'apitoie en termes courageux sur le sort de l'infortunée Pologne atteinte par une série d'actes odieux dans sa religion, dans sa langue, dans sa personnalité historique et morale2. C'est en russifiant le peuple polonais qu'on travaillait naguère3 et c'est par la même méthode qu'on s'efforce aujourd'hui, et plus que jamais, à lui ravir la foi de ses pères.
Plus près de nous encore, l'immortel Léon XIII rappelle aux prédicateurs le devoir, tant de fois énoncé, qui leur incombe de parler une langue bien connue de leurs auditeurs ; il députe vers ses compatriotes d'Amérique des prêtres de leur sang, et qui puissent charmer leur exil par le doux parler maternel ; il préconise pour le succès de l'œuvre évangélique le ministère d'apôtres indigènes, et il exige que la dispensation de l'enseignement et l'organisation de la
1. La Nouvelle-France, tome x, p. 113. Voir les excellents articles publiés dans cette revue (t. cit.) par M. l'abbé J.-E. Laberge sur L'Eglise et la langue maternelle.