Sylvain, Histoire de Pie IX, tome n, ch
3. Lescœur, L'Eglise catholique en Pologne sous le gouvernement russe, tome n, 1. m, ch. 3.
discipline soient en harmonie avec les goûts et le génie de chaque peuple ; il recommande enfin aux clergés de tous les pays, prélats, religieux, missionnaires, de professer partout un juste respect pour la langue, les mœurs, les coutumes, les traditions particulières1.
C'est dans cette pensée de justice que les Pontifes romains ont groupé autour de leur trône un si grand nombre de collèges et d'instituts nationaux, et qu'ils n'ont cessé de leur témoigner, sans réticence et sans préférence, la plus profonde et la plus généreuse sympathie.
Tout le démontre donc : l'attitude bienveillante, condescendante de l'Eglise à l'égard des langues maternelles, n'a pas varié ; et il semble que la Mère de Dieu elle-même ait voulu s'y conformer, lorsque, du haut des roches Massabielle, pour révéler au monde étonné son nom béni et sa conception sans tache, elle choisit, non quelque langue savante, mais le parler inculte et la langue vulgaire d'une ingénue paysanne, l'humble patois béarnais2.
L'Immaculée Reine du Ciel s'inclinant vers une bergère et lui empruntant, pour redire et promulguer un dogme, son langage simple et rustique :
1. Cf. Lettres Apostoliques Orientalium dignitas, 30 novembre 1894 ; Chri?M nomen, 24 décembre 1894 ; Auspicia rerum, 19 mars 1896.