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Comme pour nous préparer à courber notre volonté sous le joug du commandement, Dieu, maître absolu, a empreint le monde matériel du sceau irréfragable de son autorité. Tout être obéit à une loi. Le sol se fertilise sous l’action de causes cachées et d’irrésistibles énergies ; le flot, poussé par une force plus puissante que lui-même, porté chaque jour à l'océan son tribut ; des hauteurs où Dieu l’a assise, la montagne silencieuse attend pour se mouvoir un ordre de son créateur. Quoi de plus merveilleux que cet instinct des brutes qui leur sert de loi, et par lequel ces êtres sans raison exécutent des mouvements marqués au coin de la plus haute sagesse ! L'homme lui-même, par la mise en œuvre d’admirables inventions, semble avoir reconquis sur la nature sensible une partie de son empire perdu par le péché. Il a imposé des lois aux éléments les plus fiers ; il a dompté les forces les plus insoumises ; ia achevé de démontrer, sans le vouloir peut-être, que partout dans le monde l'autorité est nécessaire.
Faudrait-il faire une exception pour lui ?
Serait-il seul, mes Frères, à pouvoir sans péril se dérober aux conséquences d’un principe dont les effets embrassent et enserrent la création universelle ?
On dira, je le sais, que l’homme 2 sa raison Pour se guider : que doué d’une intelligence capable de connaître, de montrer le bien qu’il faut faire, le mal qu’il faut éviter, il possède dans cette faculté rême la règle suffisante de ses actes, sans qu’i ait besoin d’une règle supérieure.
Quoi qu’il en soit des forces de la raison dans l’ordre Purement naturel, nous ne saurions nier, d’une manière générale, la nécessité d’une
être considérée comme nécessaire, quand il s’agit d'orienter l’homme vers une fin supérieure
Poursuivre et à atteindre cette fin.
C’est le cas de l'humanité dans sa condition présente. Et voilà pourquoi Notre-Seigneur a fondé sa religion sur le grand principe de l’autorité ; et voilà Pourquoi le catholicisme renose sur ce principe comme sur une base essentielle, aussi indispensable à Son existence que les assises et les colonnes le sont à cette basilique.
La société civile elle-même ne tire-t-elle pas de l'autorité sa consistance et sa vie ? Ce pou-
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DISCOURS ET ALLOCUTIONS 169 voir peut changer de nom, il peut changer de forme, il peut changer de maître : mais, partout, il s'impose comme un besoin social. Quand ce n’est pas le droit qui commande, c’est la force qui asservit, que cette force soit l'épée d’un César, ou le hasard d’un bulletin jeté dans l’urne des destinées nationales.
Seulement Dieu a fait preuve d’une sagesse inconnue aux meneurs d'hommes et aux fondateurs d’empires. En créant et en organisant son Eglise, il ne l’a pas livrée à tout courant d’opinion et à tout vent de doctrine : il l’a mise à l'abri des coups de main de la violence, des perfidies de la ruse, des surprises de l’inconstance et de la légèreté. Il en a établi l'autorité légitime, non sur un sable mouvant, mais sur un roc immuable, sur ce granit dix-neuf fois séculaire du droit ecclésiastique et divin, contre lequel les efforts répétés de Satan et les calculs audacieux de la politique, sont venus et viendront éternellement se briser. Tu es Pierre, et sur celle pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle.
Ce n’était pas là une promesse vaine, une de ces espérances trompeuses et une de ces illusions dynastiques destinées, tôt ou tard, à s’évanouir dans la fumée d’une bataille ou dans