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Allusion à l'exposition universelle de Paris

2. Il ne s’agit, certes, ici que d’un bonheur temporel relatif, lequel n’exclut ni les misères inséparables de l'existence humaine, ni certaines défaillances partielles, ni certaines imperfections s0ciales. — De plus, à la date où ce discours fut prononcé, le triste conflit scolaire de l'Ouest, qui a si profondément troublé notre vie nationale, et auquel s’est ajoutée récemment la crise scolaire ontarienne, n'avait pas encore éclaté,

cri qui s'échappe Spontanément de mes lèvres. Et ce bonheur, j'aime à le dire, il éclate et il Taÿyonne dans l’imposante majesté de cette manifestation. Vous le portez, Messieurs, sur vos fronts, dans le reflet de Vos âmes, dans les plis de vos bannières, dans l'union profonde et la Sympathie mutuelle de VOS cœurs. Il s'accroît singulièrement de l'extrême plaisir que cette

leurs titres de français, de Canadiens et de catholiques.

1. Délégués canadiens-français venus en grand nombre des Etats-Unis.

plus parfaitement avec nos traditions et qu’elle jaillit en quelque sorte des sources les plus reculées de notre histoire.

En assistant demain à l'inauguration solennelle du monument Cartier-Brébœuf, vous verrez se dresser sous vos yeux le symbole touchant de cette idée. Vous verrez, à l'endroit même qui fut comme le berceau de notre race, s’écrire sur le granit et se graver sur des tables de bronze le protocole immortel du traité conclu, il ya trois siècles, entre Dieu et nous.

À la veille de cet événement glorieux, permettez que je fixe un instant vos esprits sur les pensées qu’il évoque, et que j'en dégage l’une des plus hautes et des plus importantes significations.

Notre pays, ai-je dit, est heureux, plus heureux que tant de contrées à peine ouvertes au progrès civilisateur et mieux partagé que tant de puissances qui se disputent bruyamment l'empire du monde. Quel est donc le secret de sa fortune et de son bonheur ? et d’où lui vient ce qui fait aujourd’hui le fondement de notre confiance et le motif de notre joie et de notre orgueil ? — J’affirme, et votre foi confirmera cette réponse, que c’est dansl’Eglise catholique, et en elle seu-

lement, que nous devons chercher la tause principale et le facteur primordial de notre fortune présente et de notre vraie grandeur. Maynificait

mme

Dominus facere nobiscum ; facti sum le Seigneur, Par son Eglise, grandes choses ; voilà pou lons d’allégresse.

us lætantes :

a opéré en nous de rquoi nous tressail-

Trois éléments, mes Frères, entrent dans le

bonheur d’un peuple : le progrès matériel, la valeur intellectuelle, la puissance morale et religieuse : en d’autres termes, l'outil, la plume et l’autel ; le:sol, la pensée et Dieu. Un peuple sans Dieu n’est qu’un monstre ; sans culture d'esprit, c’est une horde Sauvage ; sans ressources territoriales, c’est un troupeau d'esclaves. Or, je ne crains pas de soutenir que, au triple point de vue des intérêts matériels, intellectuels et

de nos destinées.

Il faudrait, certes, n'avoir

jamais lu les plus belles pages de notre histoire pour ignorer ce que l doit le Canada français, même en ce qui con-

cerne les intérêts matériels, à la religion et au catholicisme.

L'Eglise catholique, bien que directement instituée pour le salut des âmes, n’est Pas rivée à cet unique objet. Elle n'exclut pas de son action

l'ordre des choses humaines sur lequel, comme sur une base nécessaire, viennent prendre place les œuvres divines. J'oserai même dire que l'esprit dont elle est animée, et l'intérêt qu’elle prend à la gloire du nom chrétien, lui font un pieux devoir de travailler au progrès et au soulagement matériel des peuples qu’elle veut sauver.

Ce devoir, elle l’a rempli, dès l’origine de la colonie ; et cela, soit Par des laïques, soit par des ecclésiastiques, en qui s’incarnait admirablement sa pensée.

Pourquoi les Cartier, les Champlain, les Maisonneuve, ces premiers et inoubliables artisans de notre Patrie, ont-ils montré tant de courage dans les luttes, tant de constance dans les fatigues, tant de clairvoyance dans les entreprises, si ce n’est parce qu’ils étaient des chrétiens fervents, et qu’ils puisaient leur force dans la force même de Dieu, et qu'ils associaient dans un commun désir le souci très légitime d'agrandir le royaume de France et l’ambition très glorieuse de reculer les frontières de l'Eglise ?

Tel a été, en effet, leur dessein. Et, pour les seconder dans cette œuvre généreuse, quels hommes de foi et quels hommes d’action voyonsnous accourir ! des disciples zélés du séraphique François, des apôtres formés à la forte école d’Ignace, plus tard des fils dévoués de l’illustre

Olier, c’est-à-dire trois groupes choisis d'ouvriers évangéliques. Champlain disait! de ces saintes recrues qu'avec de tels aides on eût vite créé une colonie prospère.

L'histoire nous les montre, soldats de 1

C’est dans ces sentiments et avec cette hauteur de vues que l’immortel Laval fondait, non loin de Québec, une école des arts et métiers, destinée à former l'élite des travailleurs, et à créer le noyau d’un peuple industrieux et puissant.

En vérité, mes Frères, tout ce que firent, tout ce qu’entreprirent Pour l’avancement matériel de ce Pays nos religieux, nos prêtres et nos pasteurs, nous ne Saurions le dire, Ils ont mêlé leur vie à la vie obscure de leurs frères ; ils ont partagé leurs peines, leurs soucis, leurs souffrances : ils ont béni de leurs lèvres

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