‹ Discours et conférencesChapitre 4 sur 33 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

langue, de la race, des frontières naturelles, de la géographie, nous plaçons le consentement des populations, quels que soit leur langue, leur race, leur culte. La Suisse est peut-être la nation de l'Europe la plus légitimement composée. Or elle compte dans son sein trois ou quatre langues, deux ou trois religions et Dieu sait combien de races. Une nation, c'est pour nous une âme, un esprit, une famille spirituelle, résultant, dans le passé, de souvenirs, de sacrifices, de gloires, souvent de deuils et de regrets communs; dans le présent, du désir de continuer à vivre ensemble. Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue ou d'appartenir au même groupe ethnographique, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir. Le droit des populations à décider de leur sort est la seule solution aux difficultés de l'heure présente que peuvent rêver les sages ; c'est dire qu'elle n'a aucune chance d'être adoptée. Les grands hommes qui, en ce moment, gouvernent les affaires des peuples (avec quel succès? l'avenir le

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