MONSIEUR LE GOUVERNEUR
La Société Naint-Jean-Baptiste de Québec se fait un devoir de rendre, chaque année, ses ho: maitres au représentant de l'autorité souveraine eu cette province, Elle le fait avec d'autant plus d'empressement que, par là, elle témoigne non: seulement la Sincérité de Son allégeance à lt couronne britannique, mais aussi son attachement au régime de liberté et d'autonomie dont nous jouis sons, En ce jour où elle célèbre le soixantième anniversaire de sa fondation.—anniversaire qui évoque naturellement le souvenir d'une époque difficile et orageuxse,—elle se réjouit plus vive. ment que jamais de pouvoir venir S'incliner devant un gouverneur canadien-françcais, dont Ja présence à ti tète de notre Etat provincial pro: clame avec éclat l'importance du chemin par
couru, et Limmensité du progrès accompli depuis
la date où elle naquit. Si l'on eût dit aux patriotes de 1S4{2 que leurs fils contempleraient un jour le glorieux spectacle auquel nous assistons en ce moment, si on leur eût déclaré que des gouverneurs de notre race reprendraient et continueraient la lignée des Champlain, des Frontenac €£ des Vaudreuil, à ombre du drapeau britannique, Si on leur eût fait entrevoir l'heure où, après soixante ans de victoires, notre nationalité viendrait faire un triomphant pèlerinage, Sur le site du vieux château St-Louis, pour + prier le Dieu des nations de continuer à la protéger, er même temps que pour y affirmer sa vitalité et. ses espoirs, ils eussent béni le ciel et versé des larmes de joie,
Une ère plus clémente à succédé à la sombre et douloureuse époque qu'ils ont traversée, Et aujourd'hui, c'est avec allégresse et confiance, Monsieur le gouverneur, que nous venons saluer en vous, à la fois, le représentant de Sa Majesté le roi d'Angleterre, et la personnification des franchises que nous avons obtenues. ces titres, auxquels vous nous permettrez de joindre celui de patriote ardent et éclairé, que tout le monde vous reconnait, la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec vous prie d'accepter l'expression le son profond respect et de ses sentiments les plus dévoués.
Québec, 23 juin 1902.