‹ Discours et conférences [microforme]Chapitre 21 sur 53 · APRÈS UN SIÈCLE · texte numérisé non relu

APRÈS UN SIÈCLE

Cent ans ! C'est une longue période, — mugnum aeri spatium.—dans l'histoire d'un peuple. Le siècle qui s'achève aura vu s'accomplir pour notre race d'importantes modifications et de graves événements. Qu'étions-nous en 1800 ? A travers quelles épreuves, quels revers et quels succès avons-nous passé, depuis ? Que sommesnous aujourd'hui ?

A l'aurore du dix-neuvième siècle, au moment où les esprits subtils de l'époque discutaient,— tout comme on l'a fait aux alentours du 1er janvier 1900,—la grande question de savoir si l'on était au commencement ou à la fin d'une période séculaire, le peuple canadien-français se trou- “ait encore dans une situation bien précaire et bien périlleuse.

Nous étions depuis quarante ans sous la domination britannique. Sans doute, durant ce laps de temps, nous avions progressé, À part l'année de l'invasion américaine, en 1775-76, nous avions joui d'une paix profonde. :

163 DISCOURS Er CONFÉRENCES

Les blessures intligées pur Ja kuerre de Sept ans étaient depuis longtemps cicatriséos. L'agriculture était prospère ; le commerce commençait à prendre de l'essor ; nos populations coulaient des jours paisibles sous l'étendard d'Albion, Mais a point de vue politique et social, notre influence était nulle, De redoutables problèmes se potient au patriotisme inquiet de nos esprits diri- Reants. Notre nationalité résisterait-elle à l'ab. Sorption ? Nos institutions Pourraient-elles éviter les écueils dont elles étaient menacées ? No. tre chère langue française, —ce doux parler de DOS aÏeuxX, —continuerait-elle à être le verbe populaire et dominant sur les rives du fleuve majestueux qui fait l'orgueil du Canadien ? Autant de questions qui se dressaient devant nos pères lors- QU essayvaient de seruter notre avenir,

En 1800, la population canadienne-françcaise était d'environ 120,000 âmes dans la province du Bas-Canada, La population anglaise n'était que d'une vingtaine de mille Âmes, Et cette immense Majorité franco-canadienne était gouvernée par une poignée de fonctionnaires fanatiques et hostiles à notre race. Depuis 1791, où le Canada avait été divisé en deux Provinces, notre peuple avait le privilège d'élire des députés pour Je représenter au parlement. Mais, dans l'enfance de nos institutions politiques, cette représentation était presque sans pouvoir. Elle donnait une

voix à nos revendications, et c'était tout. I n'y avait pas de corrélation entre l'exécutif et la législature, l'action de celui-là n'était en rien soumis à l'influence de celle-ci, Bien des années devaient s'écouler avant que la responsabilité ministérielle devint un axiome de notre droit par lementaire, et l'instrument de nos victoires cons titutionnelles.

I vavait alors comme aujourd'hui un conseil exécutif, un conseil législatif et une assemblée législative, La fonction de conseiller exécutif était une sinécure, Le conseil législatif était composé en majorité immuable de créatures des gouverneurs, Et l'assemblée était presque toujours impuissante quand elle essay vait de réaliser une réforme utile,

Ca et là le gouvernement introduisait dans le conseil exécutif et dans le conseil législatif quelques Canadiens français, triés, à de rares exceptions près, parmi ceux dont on croyait pouvoir escompter la docilité. Mais toutes les charves importantes du gouvernement étaient sniwneusement réservées aux membres de la faction régnante, Le grand juge de la province était l'honorable William Osgoode, qui était en même temps président du conseil législatif et membre du conseil exécutif. Le juge en chef de Montréal était l'honorable James Monk, membre, lui aussi, des deux conseils. Sur huit juges de la

ENCES

Cour du Banc qu Roi, nous n'en avions que deux, MM. P..A. De Bonn, à Québec et P..L. Panet, à Montréal : et malheureusement ils n'étaient pas du tout en harmonie avec les sentiments de leurs concitoyens, Le Procureur-général était M. Jonathan Sewel] ; le directeur-généra] des postes était M. Hughes Finlay : Je collecteur des douines était M. Thomas Aïnslie, et i] D'Y avait pas un Seul Canadien français employé dans ce départemnt : Je receveur-général était M. Caldwel], dont un retentissant péculat devait plus tard rendre le nom si; tristement notoire ; le secrétaire de là province était sir George Pownall ; l'auditeur et l'inspecteur des Comptes était M, TA. Coffin ; l'arpenteur Sénéral était M. S. Holland : Je secrétaire du gouverneur et le greffier qu Conseis Exé. CUTIf était le fameux Herman-Witsius Rvland, l'âme de l'oligarchie anti Canadienne, l'esprit di. rigeant de la faction bureancratique, l'ennemi ücharné de notre nationalité et de notre Eglise. En un mot, à l'exception de quelques postes su. balternes, Jes Canadiens français étaient completement exclus de l'administration des affaires de leur pays,

Dans son beau livre, /«4 France au colonies, MTameau iU Qacé ce tableau de la situation de nos pêres, opprimés Par une bureaucratie intolérante, à 1a fin du dix-hnitième siècle,

“La foule PEU estimable des Spéculateurs et

des marchands qui avaient afflué après la conquéte, et cette race servile et despotique à la fois de fonctionnaires publics, que l'on retrouve chez tous les peuples du monde, nourrissaient une haïine violente contre les Canadiens. Ces derniers, exclus de tous les emplois et de toutes les affaires publiques depuis trente ans, à raient laissé un libre champ à l'envahissement de cette troupe d'étrangers ; ceux-ci avaient donc fini par regarder le Canada comme leur domaine, et par constituer une sorte de caste qui gouvernait le pays. C'était eux, bien plus encore que le gouvernement anglais, et quelquefois même malgré celui-ci, qui imposaient à cette infortunée province une quantité de petites persécutions et de mesures vexatoires. Leur plan était de réduire les Canadiens à l'état d'ilotes, de faire du Canada une seconde Irlande, et d'y organiser une oligarchie dominante, comme celle qui opprima longtemps cette dernière et malheureuse contrée. Le gouvernement métropolitain, rendons-lui cette justice, se montra plus libéral, et souvent ses membres

déjouèrent leurs plans, qui devaient en dernier lieu succomber devant la résistance patriotique de ceux qu'ils espéraient asservir.”

Nos pères avaient done plus d'un motif de crainte et d'anxiété, en pénétrant dans l'inconnu du nouveau siècle, Comme elle était faible et désarmée, à ce moment, notre nationalité, si cruel-

lement. éprouvée, d'abord par la défaite, ensuite par l'ostracisme : La presse canadienne-française était à naître parmi nous. Nos tribuns, n0S parlementaires et nos penseurs ne s'étaient pas encore révélés. Nos grands chefs politiques et religieux n'étaient pas SOTTIS de la foule. Plessis restait dans la pénombre ; Papineau et Bédard n'avaient point frappé leurs coups historiques. Et les hommes qui rêévaient notre anéantissement pouvaient se dire qu'ils en auraient bientôt fini avec nous.

Mais, Dieu merci, nous avions des réserves de forces que nos pères ne soupeonnaient pis eUXmémes, Depuis trente ans, après l'effondrement de l'ancien régime, après les désastres de l'invasion et l'interruption des études, le séminaire de Québec et le séminaire de Saint-Sulpice s'étaient vaillamment remis à l'œuvre, et nous avaient fabriqué des hommes trempés pour la lutte. Honpeur en soit à jamais rendu à ces deux illustres maisons !

Le premier choc ent lieu en 1804. Nos ennemis fondèrent le HWereurmy pour nous calomnier et nous dénoncer.

Aussitôt Le Canadien surgit, pour nous justifier et nous défendre, Le vieux Candadion, premierné de notre presse nation, avec quelle émotion nous feuilletons toujours ses fortes pages jaunies par le temps ! Pierre Bédard en fut

l'âme ; Taschereau et Blanchet y tinrent souvent la plume ; Jacques Viger, débutant dans la earrière, en fut le rédacteur en titre pendant quelques mois Le vaillant journal fit une belle campagne, dont nous lisons encore aujourd'hui avec un puissant intérêt les bulletins émouvants.

Bien des articles profondément pensés et solidement écrits, virent le jour dans la feuille patriote. Damer le pion au Mercury; c'était un jeu pour nos polémistes de 1806 et de 1807 ! Mais bientôt le jeu se gâta. La mitraille gouvernementule se mit de la partie. Craig, the little king.—entrait en scène. Après quelques escarmouches, notre première grande bataille rangée constitutionnelle fut livrée en 1810. Assemblée populaire contre gouverneur |

Ce fut une rude et brillante rencontre. Le Canadien x perdit héroïquement la vie ; il devait renaître plus tard. MM. Bédard, Taxcherean, Blanchet furent emprisonnés. Le parlement fut deux fois dissous ob rate. Mais le courage et la fermeté des Canadiens ne fléchirent pas, Et la faction Ryland vit en définitive ses projets déjoués, Ce dont il s'agissait en apparence, c'était de l'indépendance du parlement. Bédard et ses collègues soutenaient avec raison que les juges ne devaient pas siéger dans les its semblées, Mais, quelle que fut Fimpertance de

cette question, la raison du conflit était plus pro-

fonde, 1] s'agissait de Savoir si la constitution de 1791 nous avait garanti la plénitude de nos droits politiques, Craig et la caste bureaucrati. que ne voulaient Pas admettre que Ja majorité Canadienne pût jouir dans son intégrité du self Jorernment ; les chefs Patriotes Inttaient pour faire reconnaître nos franchises Constitutionnelles,

Pendant qu'ils livraient cette bataille, le grand Plessis défendait avec 14 plus intrépide Vaillan- Ce nos libertés religieuses, et triomphait, à tra. vers mille périls, des Complots tramés contre le POUVoir pontifical et épiscopal,

Craig disparut. Avec Prévost une ère d'apai- Sement commença, La £uerre de 1812 vint faire briller Ja lovauté Canadienne, et Châteauguay. cet “éclair au coin d'un bois,” jeta sur notre race un reflet d'héroïsme,

Puis ce furent d'autres combats, En ISIS, con. mença le long et pénible conflit entre l'exécutif et l'assemblée, an sujet de la liste civile et des Subsides, conflit qui, avec des temps d'arrêt, des reprises, des Soubresants, des trêves, des crises aiguës, des incidents multiples, se Poursuivit jus: qu'en 1836,

C'était toujours Ja Question du self gocern- MONE qui était en jeu. Durant cette période, les fouvérneurs Dalhousie ECAYImer furent les prin- Cipaux champions de Ja doctrine bureaucratique.

Du côté opposé, les droits populaires ne manquèrent pas de défenseurs. À l'exception de Bourdages, notre première génération de parlementaires célèbres était disparue de la scène. Bédard, Panet, Joseph Papineau, Taschereau, Borgia étaient morts ou avaient pris une honorable retraite. Mais LouisJoseph Papineau, Denis Benjamin Viger, Vallières de St-Réal, Quesnel, Cuvillier, et plusieurs autres, les avaient remplacés dans l'arène, Avec le concours de Neilson, un Ecossais loyal et ami de la justice, ils firent échouer le premier projet d'union entre les deux provinces, en

Cependant, Dieu réservait encore à notre race de terribles épreuves. La lutte entre l'oligarchie et la majorité parlementaire s'envenima et prit un caractère menaçant. La sagesse ne présida pas toujours aux conseils de nos chefs. Entraîné par la passion politique et le ressentiment des injustices subies, Papineau, devenu le grand agitateur de la province, dépassa la limite qu'il avait paru d'abord se fixer à lui-même. Deux scissions suc-

cessives se produisirent dans la phalange canadienne. Mais le tribun dominait l'assemblée et la poussait aux extrêmes. Nous croyons qu'à la session de 1835, une modération habile eût pu chanver la face des choses et faire éviter à notre province de cruels désastres. Malheureusement Papineau, appuyé par un nouveau groupe de jeunes

députés, parmi lesquels brillaient MM. Lafon. taine et Morin, souffla à la Majorité la flamme de ses colères impétueuses, et le gant fut jeté à l'An- £leterre, Elle Je releva à la pointe de la baïonnette, On sait le reste, Mil huit cent trente-sept esU une date de Sanget de larmes dans notre histoire au dix-neuvième siècle, Les intrépides pay- Sans que la voix des agitateurs avait POUssGs à Ja Prise d'armes,sans le vouloir peut-être, furent implacablement écrasés, La mitraille et Ja torche ra- Vaèrent quelques-uns de nos districts, Nous cûmes les cours martiales, les proscriptions, les échafauds. On nous enleva notre constitution, On nous gouverna par l'arbitrage à peine déguisé Sous le masque transparent du Conseil spée:al On ostracisa notre langue. On nous imposa à Union, Et le Bas-Canada prospère fut chareé des dettes du Haut-Canada obéré. En 1840, nos destinées nationales Semblaient avoir subi un recul] de cinquante ane,

Et cependant nous SUrvécñmes à cette effroyable crise, Au nilien de nos orages, le journalis. me politique avait ressUsCIté, avait grandi malgré les aquilons et multiplié ses Fameaux, Vi. &er, Parent, Morin avaient ramassé Ja plume brisée par Craig aux mains de Bédard et de Tascherean. Le Canadien à Québec, Jai.

NOFECS à Montréal, d'autres feuilles animées de la même inspiration, avaient jeté dans les sil

lons populaires la bonne semence des libertés constitutionvelles. En même temps la muse patriotique, née de nos malheurs, commençait à déployer ses ailes, à chanter les gloires de nos uïeux, à célébrer notre passé, à consoler notre peuple des tristesses du présent, en ranimant dans son cœur l'espoir en Favenir.

Chauveau, poète adolescent, flétrissait les banquiers, auteurs véritables de l'Union exécrée. Giarneau préludait à son histoire réparatrice par ses chants nationaux. Notre clergé admirable, continuant son œuvre séculaire, multi pliait les maisons d'éducation, Enfin, ce qui restait de nos hommes publies après la tout mente se ralliait pour de nouveaux combats, et Lafontaine assagi, éclairé par les meurs de Ja foudre qui avait eftleuré sa tête, contractait avec Je noble et loyal Baldwin cette ulliance f6conde qui nous conduisit à la victoire.

Comme je ne trace jiéi qu'une esquisse et non une page d'histoire, je n'entends point raconter l'Union, Instituée pour nous perdre, eïle nous apporta, par la permission du Ciel, linstrument de notre salut. La responsabilité minisiérielle, qui peut avoir ses inconvénients, mais qui nous à donné le moven de briser le joug oligarchique, était contenue en germe dans Acte d'Union, Seulement, des gouverneurs comme

Svdenham et Metcalfe voulaient l'empêcher de

croître et de fructifier, Lafontaine et uldwin, après huit ans de lutte, tirent triompher la vraie doctrine Constitutionnelle, L'heure des grands £ouverneurs britanniques avait enfin sonné, Ia. #ot et Elgin, noms immortels dans lt mémoire réconnaissante de notre peuple, proclamèrent la légitimité de nos revendications, Et les fauteurs de l'Union, destinée à nous ännihiler, vi. rent un jour avec Stupéfaction les Canadiens français arriver aUX affaires, et Participer au souvernement de leur Patrie, pour la première fois depuis que le drapean fleurdelisé avait re. Passé les mers.

Ce grand succès était accompagné de beau- Coup d'autres, Notre nationalité agrandissait Son domaine par Je défrichement de nos forêts et dé nos terre incultes, Elle Saffirmait dans les lettres. Elle se faisait une place dans le com. meree et dans la finance, longtemps fermés au Plus grand nombre de nos compatriotes, En un Mot, dans toutes les sphères de l'activité sociale, elle prenait de slorieuses et Pacitiques revanches.

Cependant le siècle marchait et eDtrainait dans son Cours les hommes ot les événements, A Lafontaine et Morin Süccédaient Taché, leur digne compagnon d'armes, puis Cartier, l'éner. gique et chirvoyant leader. Les partis se divi. Stient, les Juttes devenaient plus âpres, les l'ip-

ports entre les deux sections du Canada devenaient plus difficiles. Après vingt-sept ans, d'une série de heurts et d'imbroglios aigus naquit la confédération des provinces, qui donnait à chacune d'elles le contrôle de ses intérêts les plus directs, et créait un pouvoir central chargé de surveiller leurs intérêts communs. La province de Québec devenait autonome, et un lieutenant gouverneur canadien-français reprenait à Québec les fonctions abandonnées un sièele auparavant par le marquis de Vaudreuil.

Nous touchons iei à l'histoire absolument contemporaire, et il serait oiseux de nous x appesantir. Depuis trentetrois ans la Confédération dure, Nous y avons rencontré nos épreu- VES 5 HOUS Va VOTES trouvé des avantates et. des suecës. Notre nationalité Y a gagné pour ses affaires intimes, pour ce qui lui tient le plus au cœur, ce self gorernment vers lequel elle à tendu pendant soixante ans ses efforts. Et c'en est assez pour nous faire aimer le régime fédéral, en dépit des difficultés qui ont parfois siewnalé sa mise en œuvre,

Où en sommesnous aujourd'hui, en l'an de grâce 1900, comparés à ce que nous étions en l'an de grâce 1S00 ? Nous étions alors environ 120,000. Nous m'avions pas de presse, pas de

littérature, pas de commerce, pas d'influence politique, Aujourd'hui nous sommes à peu près

1,500,000. Nous avons une multitude de journaux, dont l'un tire à plus de 60,000 exemplaires, et qui, réunis, parlent à plus d'un million de lecteurs. Nous avons une littérature, une littérature imparfaite, sans doute, mais dont les progrès sont incontestables, et qui peut être comparée sans crainte à celle des anglo-canadiens. Dans le commerce, l'industrie, la haute finance, nous rivalisons avec nos concitoyens d'une origine différente de la nôtre.

Dans la politique, nos orateurs, nos chefs parlementaires marchent de pair avec ceux des autres races, Nous avons conquis sur la forêt et la solitude les Bois Franes, le lac Saint-Jean, les régions de FOttawa, du Nominingue, de Ja Métapédis, et, franchissant nos frontières, nous avons entamé Je Haut-Canada à l'Est et à l'Ouest, et lancé nos colonies jusqu'aux pieds les Montagnes-Rocheuses, Eu égard à ce que Hous étions, ce que nous sommes est-il pas mer: veilleux, et ne devons-nous pas rendre à lt Pro: vidence maternelle de ferventes actions de grices, au déclin du siècle qui s'achève ?

Ah! oui, tout compte fait, le dix-neuvième sièele a été pour le peuple canadien-français un siècle glorieux

pour ne parler que des morts, les Plessis, les

[1 nous à donné dans l'Eglise,

Taschereau, les Bourget et les Latlèche ; dans les lettres, les Garneau, les Parent, les Créma-

DISCOUKS ET CON FÉRENCES 181

zie, les Ferland, les Taché, les Chauveau ; dans la politique et la magistrature, les Bédard, les Panet, les Papineau, les Viger, les Vallières, les Lafontaine, les Morin, Îles Taché, les Cartier, les Dorion. Il nous à vus AVE rarder nos libertés religieuses et conquérir nos libertés politiques.

Suns doute, il nous laisse encore plus d'un ardu problème à résoudre. Qui peut prévoir quelles épreuves et quels combats nous réserve peut-être le vingtième siècle, dont nous voyons, dès à présent, poindre l'aube incertaine ? Mais qu'importe ? La lutte n'est-elle point la regle de toute vie humaine et de toute vie nationale ? Votre merveilleuse histoire nous à appris à avoir confiance en la Providence. Soyons seulement fidèles à nous-mêmes et à nos traditions, Gardons de toute atteinte, au fond de nos cœurs, le feu sacré du patriotisme ef de la foi. Et préparonsnous à entrer demain, Sans crainte, dans Île siècle nouveant, qui ouvre déjà devant nous ses perspectives mystérieuses. :

Québec, 22 juin 1900.

1 Cet articte fut publ é dans le “ Journai " de Montréal.

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