‹ Discours et conférences [microforme]Chapitre 40 sur 53 · PEN · texte numérisé non relu

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DISCOURS ET CONFÉRENCES sal

ne appelé Mitiwemeg, qui venaient combattre avec les Français. S'étant rencontrés aux Trois- Rivières, et défiés dans une contestation au sujet de leur vaillance, ces deux chefs avaient décidé de aonter à Villemarie pour rechercher quelque occasion de mesurer leur courage dans un combat contre le commun ennemi. Arrivés à Montréal peu après le départ des dix-sept braves, ils avaient arraché à M. de Maisonneuve l'autorisation d'aller se joindre à eux, si toutefois Dollard voulait bien les recevoir, Il ne pouvait guère SY refuser, et ces auxiliaires inattendus, sur lesquels le gouverneur avertissait le jeune commandant de ne pas trop compter, furent admis à l'honneur de l'expédition.

Peu de jours s'écoulèrent avant qu'on vit paraître l'ennemi. Deux canots d'avant-garde chaudement reçus donnèrent l'éveil à l'armée iroquoise, forte de trois cents guerriers, qui descendait l'Ottawa, Bientôt ces barbares paragssent devant le fort. Dollard et les siens, à ce moment en prière, n'ont que le temps de se mettre à l'abri du retranchement,sans pouvoir même emporter leurs chaudières où cuisait leur repas. Un capitaine onnontagué s'avance en parlementaire pour demander quels guerriers occupent ce réduit.—Ce sont des Français, des Hurons et des Algonquins, qui vont au devant des Nez-Percés, lui crie-t-on.—Attendez que nous tenions conseil entre nous, ré-

pond le chef iroquois : et en même temps, ne fai. tes aucun acte d'hostilité, POUF ne pas troubler les bonnes Paroles que nous portons à Villemarie—Passez done sur l'autre rive, tandis que Nous délibérerons nous-mêmes, répliquent les Français —De Part et d'autre on tâchait de ga- &ner du temps.

Les Iroquois, au lieu de traverser ]a rivière, commencent un retranchement en face du fortin, tandis que les Français essayent de rendre celuici plus défendable, Ils introduisent des branches d'arbres entre les pieux et remplissent le tout de terre et de pierres à hauteur d'homme, en Ménageant à l'entour des meurtrières, pouvant, chacune, abriter Je tir de trois fusiliers, Ces pré- Paratifs ne sont Pas encore terminés quand l'ennemi s'avance, Dollard et ses COMpagnons ou- Vrent un feu meurtrier, Les assaillants reculent Puis reviennent à Ja charge avec fureur, puis sont encore repoussés en subissant des pertes cruelles, Après plusieurs ASSAUÉS impuissants, ils s'éloi. £nent enfin du retranchement fatal d'où semble pleuvoir la mort. Mais quelle n'est PAS leur rage et leur humiliation lorsqu'ils voient, sinistre tro. Phée, apparaître au bout des pieux de la palissade les têtes Sanglantes de leurs Ruerriers tombés dans le combat. Devront-ils done renoncer à as- Souvir la soif de vengeance et de Carnage, qui leur fait Pousser des hurlements de bôtes fau-

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ves ? Non, ils ne subiront pas cette honte, Et, se précipitant vers les canots d'écorce que leurs ennemis ont abandonnés sur le rivage, ils les mettent en pièces et s'en font des torches pour incendier les frêles défenses des Français. Mais le fort lance des foudres par toutes ses embrasures, et semble entouré d'un cercle mortel. Qui veut. le franchir tombe pour ne plus se relever. Les cadavres s'entassent, et pas un Iroquois ne peut atteindre le pied des palissades, sur lesquelles on dirait que plane un charme protecteur. Les féroces guerriers des Cinq-Cantons, habitués à de faciles massac es, commencent à craindre que la partie ne soit trop forte pour eux. Ils ne sont, voyez-vous, que cinq contre un ; c'est trop peu, vraiment, pour vaincre l'ennemi audacieux qui est venu les défier si loin. Ils appelleront done à leur aide les cinq cents Iroquois campés à l'embouchure du Richelieu. Un canot est dépêché vers ceux-ci. Et en attendant ce renfort nécessaire, le blocus va succéder aux assauts trop funestes.

Dollard et ses braves vont done avoir quelque répit. Mais un ennemi aussi cruel que l'Iroquois entre en scène. C'est la soif, rendue plus intolérable par les ardeurs du combat. I n'y a point de fontaine dans le fort ; en creusant le sol on finit par faire sourdre un filet d'eau boueyse, incapable de désaltérer ni de rafraîchir ces hom-

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