‹ Discours et conférences [microforme]Chapitre 41 sur 53 · CA · texte numérisé non relu

CA

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mes dont la fièvre de 1a bataille brûle le Ssang, Il faut organiser des sorties pour aller puiser de l'eau dans l'Ottawa, à la faveur d'une fusillade qui tient les assiégeants en respect. Et encore, faute de récipients d'une capacité suffisante, ces sorties ne procurent aux assiégés qu'un soulage. ment temporaire, Témoins de ce Spectacle qui leur indique les tortures endurés par ceux-ci, les [roquois crient aux Hurons, compagnons de Dollard, qu'ils n'ont rien de mieux à faire que de se rendre, S'ils ne veulent Pas mourir de soif cans ce réduit ; qu'on les recevra à bonne composi. tion ; qu'une nouvelle armée de cinq cents vuerriers va paraître incessamment sur la rivière, et que les Français et leur alliés ne sauraient alors échapper à la mort la plus affreuse, Effrayés par Ces menaces st séduits par ces promesses, les IHurons laissent entrer dans leur cœur l'esprit de trahison, Bientôt, malgré les reproches et les instances de lenr chef intrépide, Anontaha, qui, dans son indignation, décharge un pistolet sur Son propre neveu, pour l'empêcher de fuir, on les voit bondir par-dessus le retranchement et courir vers le camp de l'ennemi, à qui ils révèlent la faiblesse de la petite troupe restée dans le fort : dix-sept F "anÇais, quatie Algonquins, et le fidèle Anontaha. Ce lâche abandon n'abat pourtant Pas le courage de ces braves. Rien ne Saurait ébranler leur détermination de tenir jusqu'au

bout. 1ls ont fait d'avance le sacrifice de Jeur vie ; leur âme ne connaît ni l'hésitation ni la crainte, et ils se préparent sans trembler aux assauts suprèmes.

Le cinquième jour après le premier combat, les échos du rivage se renvoient une clameur effravante. Ce sont les cinq cents Iroquois du Richelieu qui arrivent au Long-Saut, et poussent leur terrible cri de guerre, auquel répondent les hurlements de l'armée assiégeante. Huit cents hommes vont se ruer sur vingt-deux. Dollard et ses vaillants recommandent leur âme au Très- Haut. Et la bataille recommence, Pendant trois jours les Iroquois s'acharnent sur ces retranchements imprenables. Tantôt ils s'élancent tous ensemble à l'assaut. Tantôt ils se divisent par détachements. Et d'heure en heure ils renouvellent leurs furieuses attaques, pour épuiser ies forces de la poignée d'hommes qui leur tient tête. Mais toujours ils rencontrent la même invincible résistance, On dirait que Dollard et ses compagnons sont inlassables et invulnérables. Ils se multiplient, ils font face de toutes parts aux assaillants, et leur feu, qu'on croirait entretenu par une troupe vingt fois plus nombreuse, fait dans les rangs ennemis d'effroyables ravages. Entre chaque assaut, ils se jettent à genoux pour prier Dieu. Puis ils se relèvent plein d'un nouveau courage, et courent à la palissade pour en défen-

dre l'approche, Et la prière alterne ainsi avec la fusillade, durant trois jours consécutifs, dans cette bicoque du Long-Saut où flotte une atmos- Phère d'héroiïsme. Le soleil éclaira-t-i] jamais un plus sublime Spectacle que celui dont fut alors témoin ce coin perdu de la forêt américaine té Tant d'inébranlable intrépidité frappe les IroqUois de Stupeur, Une manœuvre qu'ils ont ima- &inée, la chute d'arbres puissants qu'ils ont fait S'abattre sur le réduit pour y jeter Je désordre, D'avant point réussi davantage, ils sentent faiblir leur résolution et. se demandent s'il n'est pas plus sage de renoncer à forcer ce retrainchement, dont l'attaque leur à déjà coûté tant de guerriers d'élite, Qui sait si les Hurons ne les ont pas trompés, et si le nombre des Français n'est pas beaucoup plus considérable que ces transfuses ne l'ont représenté. Toutefois, quelques-uns expriment l'avis qu'en faisant aux assiégés des propositions, ils consentiront à capituler, Des députés se risquent à S'approcher du fort, mais on les reçoit à coups de fusil. Alors, plusieurs des chefs s'écrient qu'il faut renoncer à la victoire et abandonner un siège dont le succès est. iMpos- Sible, Cependant d'autres, plus tenaces, protestent contre cette retraite qui détruirait le prestige des Cantons, Si v ‘aiment les Français ne Sont que dix-sept, comme l'ont prétendu tes transfuges, quelle honte que de se retirer devant cette

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poignée de combattants ! On interroge de nouveau les déserteurs. Ils affirment solennellement que Dollard n'est entouré que de seize Français, ‘de quatre Algonquins, et d'un seul Huron. Peuton se résoudre à abandonrer le champ de bataille devant un aussi faible ennemi ? Peut-on consentir à imprimer ainsi à la fière et belliqueuse nation une flétrissure éternelle ? A cette pensée, l'orgueil et la passion guerrière renaissent dans tous les cœurs. Dût-on y laisser des centaines de cadavres, il faut emporter le retranchement. Et puisque des victimes doivent se dévouer au triomphe des armes iroquoises, on aura recours à la cérémonie usitée parmi ces barbares dans les moments critiques, De petites büchettes sont jetées sur le sol ; ceux qui les relèvent, et il S'en trouve un grand nombre, s'engagent par là-méme à braver les premiers coups de l'ennemi et à faire de leurs corps un rempart mouvant au reste de l'armée, Mais rien ne leur défend de recourir aux moyens de protection ordinaire. Ils se font des espèces de boucliers avec trois morceaux de bois liés ensemble, qui les couvre depuis le haut de la tête jusqu'au genoux. Puis cette phalange d'un nouveau genre se précipite, tête baissée, vers le fort, et &,rière elle s'élance à l'assaut comme une avalanche toute l'armée iroquoise.

Le moment suprême est arrivé. Dollard et ses soldats font pleuvoir sur l'ennemi une grêle de

balles, Mais un guerrier qui tombe est remplacé Par un autre et les roquois finissent par atteindre la palissade et par gagner Jes meurtrières, Le neveu d'Anontaha, ‘Percevant son oncle, Jui crie de se rendre POUT avoir la vie sauve, “J'ai donné ma parole aux Français, je mourrai avec EUX,” répond ce brave. Cependant le fort n'est Pas encore envahi, Les Iroquois essayent. d'escalader le retranchement ou d'arracher les Pieux. Les Français, qui ont jeté bas fusils et. mous. Auetons, pour manier ]a hache et le sabre, abattent tout ce qui se présente à Portée de leurs COUPS. Et il sont encore maîtres du terrain. A ce moment le valeureux Dollard, dont le Courage accomplit des Prodiges, à l'idée de Suppléer aux £grenades qui lui manquent par un engin qui fera presque autant de ravage dans les rangs iroquois, I] charge un mousqueton jusqu'à la £ueule, x allume une fusée, et le lance, par-dessus le rétranchement, au milieu des Troquois. Hélas! une branche d'arbre arrête le proicctile, et Je fait retomber dans le fort, où il éclate en tuant et blessant plusieurs F ançais, Ce malheur décide du sort de Ja journée, Les défenseurs du retranchement, décimés, ne peuvent repousser plus longtemps le flot débordant des ennemis, Ceux-ci réussissent à Pratiquer des brèches, Mais derrière chacune d'elles ils trouvent des hommes déter. minés à mourir les armes à la main. Dollard

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anime les siens par son exemple, On se bat corps à corps, et le carnage est affreux. Noirs de poudre, les yeux pleins d'éclairs, l'épée et le pistolet au poing, les Français se défendent comme des lions. Ils frappent, et les cadavres S'amoncellent, Mais enfin le nombre doit triompher de la valeur. Dollaïd meurt en héros. Nes compauwnons succombent les uns après les autres.

Enfin, les assaillants réussissent à enfoncer Ja porte du fort et S'y précipitent comme un torrent destructeur. Les derniers Franeais survivants se rent sur eux, en tuent encore plusieurs, et se battent avec une telle furie que les Ircquois exaspérés, renonçant à les prendre vifs, tirent sur eux à bout portant et les abattent sur des monceaux de cadavres. Les quatre Algonquins et le généreux Anontaha subissent le même sort. Un seul Français, quoique mortellement blessé, conserve encore assez de vie pour qu'on lui fasse subir d'affreux tourments, au milieu desquels il expire en montrant la même fermeté que durant le combat. Ivres de sang, et pleins de rage à la vue d'un si grand nombre de leurs guerriers tombés sous les coups de quelques braves, les Iroquois se vergent sur les Hurons perfides qui ont chement abandonné Dollard, et qui maintenant vont recevoir la juste récompense de leur trahison. Les vainqueurs, furieux de leurs désastreuse victoire, traitent comme des prisonniers

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Ces Mmisérables transfuges, en brûlent plusieurs sur le champ, et réservent les autres au même Supplice, lorsqu'on les Aura trainés duns les vil. lagres iroquois, Cinq de ces Hurons déserteurs parviennent cependant à S'échapper, et ce sont EUX Qui apportent à Villemarie et à Québec la nouvelle funèbre et glorieuse de l'inmortell: tra. £édie du Long-Saut.

La Nouvelle-France était sauvée ! 1] est diflicile d'établir le uombre des [roquois tués du ant ce siège, Un chroniqueur dit près de trois Cents, Soit un tiers de l'armée, Un des Hurons échappés apporta qu'il y en avait tellement "que les assaillants se serVaient des COFpS des Morts comme de Marchepied ou d'échelle pour Passer par dessus Ja palissade.” Quoiqu'il en soit, démoralisés par les pertes désastreuses qu'ils iVaient subies, les lroquois lénoncèrent à leur Projet contre Montréal, les Trois-Rivières et Québec. “Si dix-sept Français, n'ayant pour toute défense qu'un misérable réduit qu'ils ont trouvé là par hasard, ont tué un Si grand nombre de nos £uerriers, se dirent-ils, Comment serions-nous donc traités Pal eux si nous allions les attaquer dans des maisons de pierres, disposées pour se défendre, et où des hommes de Pareil courage

tu

se seraient réunis? Ce serait une folie à nous ; nous y péririons tous, Retirons-nous donc et reprenons le chemin de nos bourgades,” >aratonnerres vivants, Dollard et ses compaunons avaient détourné du Canada la foudre dont ilétait menacé, C'était done avec raison que, dans la Relation de cette année 1660, le P. Lallemant S'écriait: “T1 faut donner iei la gloire à ces dixsept Français de Montréal et honorer leur cendre d'un éloge qui leur est dû avec justice, et que nous ne pouvons leur refuser sans ingratitude, Tout était perdu s'ils n'eussent péri, et leur malheur a sauvé ce pays, ou du moins à conjuré l'orage qui venait y fondre, puisqu'ils en ont arrêté les premiers effets et détourné tout à fait le cours." Le vénérable auteur de la Relation était ici l'écho du sentiment publie, M. d'Argenson, la Mère de l'Incarnation, et plus tard M. Dollier et M. de Belmont, saluèrent eux aussi, dans les défenseurs du Long-Saut, les sauveurs de la colonie française, L'effusion de leur sang généreux fit reculer la barbarie conquérante qui menacait de la torche incendiaire et du meurtrier tomahawk les établissements naissants de la vallée laurentienne. Leur sublime holocauste protégea d'une destruction imminente l'œuvre encore si fragile de civilisation chrétienne commencée sur nos rives par l'Eglise et la France, Et leur mort fut de celles qui enfantent la

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vie, Oui, sur CES COPA sanglants, que le soleil à son déclin, le 21 mai 1660, venait recouvrir d'un lincenl de Pourpre, sur ces cadavres hachés et mutilés qui jonchaient le so] tragique du Long. Saut, germait POUr notre pays et notre race une “emence d'immortalité. L'Iroquois Pouvait bien brandir les chevelures françaises, hideux svmbole de sa Victoire, j] pouvait bien jeter aux flots ECUMeUx de l'Ottawa Jos NUVALES incantations du triomphe, Mais les VGtnqueurs, C'étaient les Morts gisants, rigides et ulacés, sur Ja scène du carnage, et attendant. aù milieu du silence des #rands bois, le sinistre baiser du vautour. Les Vüinqueurs, Cétaient les Victimes volontaire. ments sacrifiées au Salut national. Los vain- UCUFS, c'étaient les martyrs du patriotisme et de la foi, Ils avaient étonné Ja barbarie, Ils üVaient brisé l'élan de l'invasion dévastatrice, [IS avaient préservé des flammes, qu Pillage et de l'eXtermination, nos Villes encore au berceau, Ds avaient conservé l'existence à nos institutions religieuses, Ils avaient protégé les sillons où se Préparaient les Moissons de l'avenir, Vainqueurs, ils l'étaient dans la défaite et le trépas. Et S'il eût été possible de décerner un solennel hommage à leurs restes glorieux, on aurait pu déposer à la fois Sur leurs tombes des lauriers et des palmes.

Nous avons dit : Martyrs du patriotisme et de

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la foi. Et en effet, c'est bien à cette double inspiration qu'il faut demander le secret de leur dévouement. sublime. Ils étaient jeunes, pleins de force et d'ardeur, et la vie devait avoir pour eux de séduisants espoirs Et cependant ils s'en sont. allés au devant de la mort, non pas SOUS le coup d'une exaltation subite, d'un entrainement fiévreux et fugitif, mais avec la calme vaillance d'une résolution mûrement arrêtée. N'oubliez pas, Messieurs, qu'ils firent écrire leurs dernières volontés avant de marcher à l'ennemi, Entr'ouvrons l'un de ces documents sacrés, et prè. tons l'oreille À Ia voix qui nous y parle, après un siècle et demi. “Désirant aller en parti de uuerre avec le sieur Pollard, pour courir sur Îles Iroquois, et ne sachant comment il plaira à Dieu de disposer de ma personne dans ce voyage, jins titue en cas que je vienne à périr un héritier universel de tous mes biens, à la charge seulement de faire célébrer, dans la paroisse de Villemarie, quatre grandes messes et d'autres pour le repos de mon âme. Messieurs, ne vous semble-t:il pas, comme à moi, que ces lignes très simples rendent un son sublime ? Jean Valets, qui les à dictées, n'a que vingt-sept ans IL à quitté la douce France depuis six années environ. I a probablement laissé là-bas des êtres chers, et peut-être ici son cœur s'est-il ouvert à des affections et à des amitiés nouvelles. Et maintenant

il veut aller en Parti de guerre, avec le sieur Dollard. Mais quel parti ? —]] s'agit de courir sur les Troquois —Combien de Français et combien d'Troquois ?—Dix-sept Français vont se mesurer contre des centaines d'Troquois, Aussi le testateur ajoute qu'il ne sait comment il plaira à Dieu de disposer de sa PerSonne, et recommande de prier Pour son âme, s'il vient À périr. Mes- SIeUrs, c'est IA de l'héroïsme, ou l'héroïsme est nn vain mot,

Devrait-on demander quel en était le mobile ? [T ne saurait être ici question d'aucun des senti. ments intéressés qui font souvent agir les hommes. La passion qu lucre, le désir d'avancement Personnel, n'ont rien à faire en cette Circonstan- Ce. ML. Dollard, écrit la Sœur Bourgeoys, assembla seize ou dix-sept hommes des plus généreux Pour aller attaquer les Sauvages, et À dessein d'y donner leur vie si C'était la volonté de Dieu.” Donner leur vie! Et la donner pour assurer le Salut de cette jeune France, fondée par la vieille France sur les rivages du Saint-Laurent, afin de Poursuivre en Amérique l'œuvre civilisatrice ac. Complie par elle sur l'ancien Continent ! Verser leur sang, afin qne cette pauvre colonie, devenue Pour eux la patrie nouvelle, puisse grandir et S'accroître ; afin que les berceaux puissent continuer À se Peupler de petits êtres qui perpétue. ront la race : afin que les foyers ge multiplient,

que les tombeaux demeurent respectés à l'ombre de la croix tutélaire, que les tabernacles gardent présent et vivant parmi nous le Christ, force, Iumière et aliment de l'humanité chrétienne ! Voilà le mobile de Dollard et de ses nobles frères d'armes, Et si vous me dites après cela que, malgré tout, l'espoir de quelque récompense dût animer leur âme, je vous répondrai en vous citant cette admirable parole d'un autre héros, Lambert Closse, major de Montréal :#Je ne suis venu iei qu'afin de mourir pour Dieu.” Cette ambition généreuse de Lambert Closse, Dollard et ses hommes l'avaient au cœur. Mourir pour la civilisation chrétienne, c'était mourir pour Dieu. Et mourir pour Dieu, c'était conquérir l'impérissable couronne qui resplendit au front des martyrs du devoir dans l'éternelle cité.

Messieurs, je vous lisais tout à l'heure ces mots du P. Lallemant dans la Relation de 1660 : “[] faut donner la gloire à ces dix-sept Franais. Hélas ! nous devons le reconnaître, ce vœu est resté stérile. Sans doute, dans la patrie de l'au-delà, dans le séjour de l'immortalité, les héros n'ont pas besoin de la gloire humaine. Mais ici-bas les nations la doivent à ceux qui sont morts pour elles. Cette dette sacrée, Messieurs, l'avonsnous acquittée envers Dollard et ses frères d'armes ? Leur avonsnous donné la gloire ? Non, ayons la sincérité de l'admettre.

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Ce fait d'armes du Long-Sant, ce prodige de valeur militaire, dont l'éclat Pourrait faire pâlir celui de tant d'exploits jugés fameux, on en a sobrement consigné le récit dans nos annales, je le veux bien. Mais ses auteurs n'ont pas reçu l'apothéose due à leur incomparable vaillance, Tel de nos historiens n'a pas consacré même une seule ligne à cette action pourtant si digne de mémoire, Pendant longtemps le nom de celui qui en fut l'inspirateur et le héros ne nous est parvenu qu'enveloppé d'une orthographe incertaine, Et les noms des braves qui répondirent à Son appel, et s'associèrent. à Son oblation patriotique, sont restés ensevelis dans ]a poussière et les ténèbres de nos nécropoles documentaires. Non, nous n'avons pas donné la gloire à Dollard et à ses Compagnons, Mais, Dieu merci, nous allons la leur donner, J'aceueille avec joie ce ro ment où nous entendons Sonner l'heure de ]a ré. Paraätion nationale, Et je salue avec une émotion profonde la résurrection des oubliés d'hier, devenus les triomphateurs d'aujourd'hui. Sortez du silence et de l'ombre qui vous ont trop longtemps retenus ‘aPtifs, héros de ]a religion et de la patrie: Adam Dollard des Ormeaux, Jacques Brassiez, Jean Tavernier, Nicolas Tillemont, Laurent Hébert, Alonié de Lestres, Nicolas Josselin, Robert Jurée, Jacques Boisseau, Louis Martin, Christophe Augier, Etienne Robin,

Re te AIT 14 ES

Jean Valets, René Doussin, Jean Lecomte, Simon Grenet, François Cusson ! Vos noms, devenus glorieux, seront gravés dans le bronze et le granit, et vivront à jamais pour la postérité. ntrez dans la renommée, entrez dans la lumière, entrez dans l'admiration passionnée et dans l'enthousiaste gratitude du peuple à qui vous avez conservé la patrie ! Et recevez de cette patrie, qui se souvient après avoir paru longtemps oublier, l'auréole rayonnante qui nimbe les fronts immortels !

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