‹ Discours et éloges académiques (volume 2)Chapitre 15 sur 58 · XLU DISCOURS DB RÉCEPTION · texte numérisé non relu

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gnement laïque, la politique elle-même étaient en présence. M. Guizot, fort de sa double autorité d'historien et d'homme d'État, prépare les conditions du pacte. Dans un tableau tracé d'une main magistrale, il montre comment la liberté d'enseigner peut se concilier avec tous les régimes : en Allemagne, des universités nombreuses, complètes, dépositaires anciennes de la liberté intellectuelle, prennent possession de la liberté d'enseigner, sans le secours de la liberté politique, en ouvrant leurs chaires à toutes les initiatives; en Angleterre, ces diverses libertés marchent depuis longtemps ensemble d'un pas égal, mais lent, vers le progrès, chaque conquête des institutions parlementaires amenant un mouvement correspondant des grandes universités; aux États-Unis, l'initiative privée ne connaît aucune entrave; en Belgique, la liberté politique précède les autres, enfantant dès sa naissance la liberté intellectuelle et la liberté d'enseigner.

Ramenant l'attention sur la France, M. Guizot met dans tout son relief l'unité de l'État, ce caractère propre de notre civilisation. Cette unité de l'Etat, rappelle avec énergie l'illustre orateur, a fait la France; elle lui a donné sa grandeur et sa force. Sans lui porter atteinte, on a pu fonder la liberté de l'enseignement primaire et celle de l'enseigne-

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ment secondaire; pourquoi redouter l'intervention de la liberté dans les hautes études? Elle est devenue inévitable : que l'État se tienne prêt à soutenir une concurrence variée, sérieuse, passionnée peutêtre; qu'il offre aux familles, dans ses propres écoles, les types les plus parfaits; qu'il y attire la jeunesse par la variété, la profondeur, la pureté, l'élévation, l'activité vivante de l'enseignement, par l'ampleur des installations, par l'organisation prévoyante et paternelle des moyens d'étude et de travail !

Apres cette large improvisation dont on ne retrouve ici qu'une analyse décolorée, réminiscence heureuse du temps qu'il considérait comme le plus doux de sa vie et dans laquelle les anciens élèves de la Sorbonne avaient vu revivre leur maître, avec toute son ampleur, sa voix vibrante et son geste plein d'autorité, M. Guizot pouvait dire comme le vieil athlète Entelle à ceux qui n'avaient jamais entendu sa parole puissante :

Cognoscite, Teucri,

Et mihi quœ fuerint juvenili in corpore vires.

« Apprenez, Troyens, quelles furent mes forces au temps de ma jeunesse. »

Pourquoi, murmurait-on en sortant de cette

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