‹ Discours et éloges académiquesChapitre 16 sur 43 · XXX DISCOURS DE RÉCEPTION · texte numérisé non relu

XXX DISCOURS DE RÉCEPTION

manière de Corneille faisant parler les héros de Rome en grand poète et en profond historien.

Combien de personnages ont excité l'attention de M. Guizot pendant sa longue vie et se sont offerts à sa pensée dans le cours de ses nombreux travaux! Comme il serait facile d'extraire de ses œuvres une galerie de portraits, les uns contemporains, dont chacun peut apprécier la sincérité, les autres appartenant au passé, dont il n’est pas permis de contester la vraisemblance! Mélées aux événements qui les ont mises en scène, les grandes individualités qu'il rencontre prennent place dans le drame, non comme ces grains de poussière inconscients que le vent emporte, mais comme des volontés libres et responsables dontles décisions précipitent les nations vers leurs destinées glorieuses ou funestes. M. Guizot n’accorde pas, avec une école historique étrangère, que la postérité soit dispensée de reconnaissance envers les Washington, les Robert Peel ou les ducs de Broglie; qu’elle reste désarmée devant la mémoire des grands criminels ; qu’elle confonde les bons et les méchants dans son indifférence, comme autant de fatales manifestations du temps ou du milieu qui ont profité des dons de leur génie ou souffert de leur oppression. M. Guizot n'emploie pas le mot d'évolution; il

n'admet, cependant, ni les événements sans cause,

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