‹ Discours et éloges académiquesChapitre 31 sur 43 · L DISCOURS DE RÉCEPTION · texte numérisé non relu

L DISCOURS DE RÉCEPTION

dres lueurs de cette lumière éclatante qui s’éteignait » pour toujours, M. Guizot mourant exprimait encore en quelques paroles entrecoupées les mêmes sentiments, les sentiments de toute sa vie : « .… Il faut servir la France!... c’est un grand pays..., pays malaisé à servir, inconstant et incertain...; mais 1l faut le bien servir!... » Même en jugeant la France, il l’admirait, il l’aimait; les derniers mots qui aient flotté sur ses lèvres, se confondant avec son dernier soupir, exhalaient sa passion pour cette patrie qui, tour à tour, l'avait comblé d’honneurs ou rempli d'amertumes et sur laquelle, dans l’effort où se concentrait sa pensée expirante, 1l appelait encore tous les dévouements des hommes et toutes les bontés de Dieu.

Nous possédons plus d’un portrait de M. Guizot; les uns le représentent à la fin de sa carrière, rappelant l’austère physionomie de sa mère; d’autres le montrent aux premiers jours de sa célébrité; mais l’admirable portrait que Paul Delaroche a légué à la postérité en restera pour elle l'idéale personnification. Ce n’est plus le professeur dans la chaire savante de la Sorbonne, exposant, jeune alors, ses larges vues historiques devant un auditoire sympathique; ce n’est pas Le philosophe chrétien méditant au déclin de l’âge les leçons du passé : c’est homme

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