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XVIII DISCOURS DE RÉCEPTION

avant de l’élever au rang de professeur de la Faculté, et d’avoir compris que les grands succès dans l'enseignement public ne s’obtiennent qu'après un long exercice de la parole.

La chaire de M. Guizot partagea, sous la Restauration, la faveur qui entourait alors l’enseignement philosophique de M. Cousin et les leçons d’un goût si délicat de M. Villemain. Le grand amphithéâtre de la Sorbonne ne suffisait pas au concours de jeunes gens pensifs et de vieillards passionnés qu'attiraient la vive imagination d'artiste du littérateur, la verve poétique du philosophe et la mâle gravité de l'historien. Comme l’un de ses plus illustres collègues, M. Guizot fut l’objet des rigueurs du pouvoir et des ovations de la foule; son cours en reçut ce brevet de popularité qu'il ne cherchait pas et dont, comme tant d’autres, 1l ne se laissa point enivrer; popularité éphémère à laquelle sa conscience ne sacrifia d’ailleurs ni ses convictions politiques, ni sa foi religieuse, et qu’un succès sérieux et durable près du monde savant devait confirmer.

Comment, à l’occasion de ce travail sur l'opinion publique, reflet élevé de ce mouvement profond qui, vers 1830, agitait le pays, le cours d'histoire moderne s'est-il transformé en lecons sur l’histoire de la civilisation en France? M. Guizot nous l'apprend. C’est qu'un cours de faculté n’est pas fait pour en-

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