XX DISCOURS DE RÉCEPTION
parce que, dans le malheur, elle n’a jamais perdu le respect de sa dignité; parce qu'il n’est aucun grand principe de civilisation qui n’ait d’abord passé par la France avant de se répandre; parce que, riche en idées et en forces, elle a toujours mis ses forces au service des idées; parce que notre langue, nos mœurs, notre esprit sympathique ont fait notre nation la plus propre de toutes à marcher à la tête de la civilisation européenne.
Tout cela était vrai quand M. Guizot protlamait ce jugement, et l’est encore dans un pays où les droits du génie conservent leur prestige, où le sentiment de l'honneur ne s’est point affaibli, et qui reste le pays du bon sens, de la droiture et des nobles ardeurs. Quand la France, se calomniant elle-même, étale sur la scène ou dans ses romans les défaillances de ses grandes villes et veut faire croire à la décadence de sa civilisation, ne l’écoutez pas! Elle oublie les vertus sérieuses, pratiquées sans bruit dans les campagnes, où le laboureur qui ouvre la terre, qui sème et qui moissonne, retrempe par le travail de la vie réelle de, forces affaiblies ailleurs par les entrainements de la vie factice. Non! cet état subalterne et matériel qui caractérise les nations en décadence ne nous envahira ps, et nos enfants, espoir de la patrie attristée, dont l’ardeur au travail redouble
avec ses malheurs, ne répudieront jamais l'héritage