‹ Discours et éloges académiquesChapitre 9 sur 43 · A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XXI · texte numérisé non relu

A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. XXI

glorieux de l'intelligence et des idées, héritage in-

tact du moins, que nos pères nous ont légué.

Pour retrouver l’origine de la civilisation française, M. Guizot remonte à ces temps éloignés où la Gaule, organisée par la civilisation romaine, ramenée vers la barbarie par l'invasion germanique, allait recevoir de la religion chrétienne le baptème d’une culture nouvelle. Le monde païen vaineu, la religion du Christ donnait à la vie un but nouveau, à l’homme, à tous les hommes, jusqu'aux plus humbles, un sentiment de dignité que l'antiquité n'avait pas connu. Aux langueurs d’une intelligence épuisée, se complaisant dans un scepticisme superficiel ou dans un matérialisme grossier, dont Lucien nous donne le ton et la mesure lorsqu'il s'écrie avec dédain en parlant des premiers chrétiens : « Ces misérables! ils se figurent qu'ils vivront après leur vie! » succédaient, tout à coup, les plus vives ardeurs. L'origine de l’homme, sa liberté morale, la nature de l’âme, l’éternel problème de la vie et de la mort, toutes ces questions posées à la fois parles philosophes grecs, convertis au christianisme, et portant de ville en ville, en Europe, en Afrique, en Asie, la flamme de leurs prédice ons, réveillaient le monde de son long sommeil. La mère de saint

Symphorien, éclairée par une lumière nouvelle,

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