‹ Discours et mélangesChapitre 47 sur 51 · M MESSIEURS, · texte numérisé non relu

M MESSIEURS,

C’est Le triste devoir du président de cette séance de rappeler x d' abord les deuils qui ont frappé notre compagnie pendant … l’année qui vient de s’écouler; ils ont été particulièrement nom- breux, en Hors; Mon prédécesseur pouvait se féliciter, il y à un an, de n’avoir pas à déplorer la mort d’un seul membre de l'Académie, mais les moyennes sont inexorables, et je dois Lu ont hui évoquer le souvenir d’un trop grand nombre de nos confrères français et étrangers. Nous avons perdu MM. Bouquet : dela Grye, Maurice Levy, Gernez parmi les membres titulaires, É - deux membres libres MM. Rouché et Tannery, trois associés 7 — MM. Agassiz, Robert Koch et Schiaparelli; la mort nous a enfin enlevé sept de nos correspondants étrangers. s

aiquet de la Grye était le doyen de notre section de géo- ‘graphie et de navigation. Il mérita bien la double qualification . de géographe et de navigateur. Sorti en 1849 de l École polytechnique comme ingénieur hydrographe, il se signälait, dès 1854, >. - par la reconnaissance de la partie septentrionale de la Nouvelle + Calédonie, presque aussi inconnue alors qu’au temps de Cook. | C'était un véritable voyage de découverte qu'il accomplissait - avec une chétive embarcation sur des côtes habitées par des s ‘populations sauvages. Dès cette époque, le jeune ingénieur faisait preuve de l'esprit de décision qu'il devait montrer dans toutes ses entreprises ultérieures; sous les dehors d’une amabilité Charmante, notre confrère eut toujours, en effet, une volonté tenace, que rien ne rebutait. Après trois années de cette rude campagne, Bouquet de la Grye revenait en France où il allait poursuivre brillamment sa carrière. Il exécute le lever complet - du banc de Rochebonne, long plateau de roches en plein golfe - de Gascogne, recouvert de 5® à r0® d’eau, sur lequel vient se

briser avec furie la vague qui, de Terre-Neuve aux plages de la Saintonge, se propage sans rencontrer d’obstacle. Bouquet de la Grye détermine la distance du banc à la côte et choisit d’une manière heureuse une place, jusque-là vainement cherchée, pour le bateau-feu destiné à en signaler l'approche. Son esprit ingénieux sut, dans chaque cas, utiliser, pour la solution des problèmes scientifiques qui se présentaient, les méthodes ou les appareils connus, souvent en les simplifiant. Il avait en Nouvelle- Calédonie montré le parti qu’on peut tirer de la lunette méridienne dans l’hydrographie courante; il utilise à Rochebonne la vitesse du son pour trouver la distance des principales têtes du banc à deux points de la terre.

On doit encore à Bouquet de la Grye d’avoir reconnu les avantages de la position de la Pallice, près de La Rochelle, pour l'établissement d’un port qui fut construit d’après ses indications. Puisse quelque jour le trafic agrandi de nos ports de : commerce amener de nombreux navires dans le vaste mouillage dû à l'initiative de l’éminent ingénieur.

Le nom de Bouquet de la Grye était connu du grand public pour son projet de Paris port de mer, dans lequel le lit de la Seine était approfondi, ses boucles évitées par des canaux, et un grand port créé à Saint-Denis. L'idée était grandiose, mais de nombreuses oppositions, sur lesquelles il ne m’appartient pas de porter un jugement, ont arrêté jusqu'ici la réalisation du projet dont Bouquet de la Grye s'était fait l’apêtre.

A deux reprises différentes, notre confrère fut chargé par l’Académie d'observer le passage de Vénus sur le disque du Soleil, la première fois en 1874 à l’île Campbell, flot désert au sud de la Nouvelle-Zélande sur la limite des glaces du pôle austral, la seconde fois au Mexique en 1882. Ce sont là des expéditions qui ne se renouvelleront sans doute plus, la parallaxe solaire pouvant être obtenue par des méthodes susceptibles d'une plus grande précision: mais, indépendamment de leur but astronomique, elles ont donné d’intéressants résultats pour la physique du globe et l’histoire naturelle.

Bouquet de la Grye se montra toujours très scrupuleux dans ses devoirs académiques. Que de fois, dans ces dernières années, ne l’avons-nous pas vu à nos séances, miné par la fièvre et en proie à une toux opiniâtre. Nous n’oublierons pas ce galant homme qui eut toute sa vie le souci du bien public.

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- La on de mécanique a aussi perdu son doyen : Maurice Levy. Ce fut une grande intelligence que celle de Maurice . Levy. Il a été à la fois un mathématicien éminent et un mécanicien capable de profondes spéculations théoriques comme 4 d'applications utiles à l’art de l'ingénieur. Peu de savants eurent > un esprit plus ouvert et plus capable de comprendre dans leur ensemble les sciences physico-mathématiques. Dans les années qui suivirent sa sortie de l’École des ponts et chaussées, tout . en étant chargé de divers services d'ingénieur, il se livra à des études de géométrie infinitésimale et, en 1867, soutint une thèse qui renferme plusieurs propositions entièrement neuves sur les surfaces orthogonales. L'analyse et la mécanique analytique faisaient en même temps l’objet de ses fructueuses méditations. Ces beaux travaux mathématiques étaient, en réalité, des délassements pour le mécanicien que fut avant tout notre confrère, mais ce commerce avec la géométrie et l'analyse lui fut singulièrement utile; il lui a-permis de traiter certaines |

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. questions techniques avec une ampleur inaccessible à un ingénieur moins habile à manier les difficultés analytiques que pré- - sentent les théories générales de l'hydrodynamique et de = élasticité. Ses études de prédilection furent les grandes ques- 1 tions de physique mathématique, cultivées avec tant d'éclat

È par les physiciens-géomètres de la première moitié du siècle 3 dernier, en particulier par Navier, par oser: comme lui ingé- ? LeNrS des ponts et chaussées.

- La puissance de travail considérable de Levy lui permettait Æ d’embrasser les sujets les plus variés. D’un essai théorique et ; appliqué sur le mouvement des liquides où il obtient des résul- > ‘tats concordant avec les expériences faites sur les canaux : découverts, il passe à une théorie rationnelle de l’équilibre des terres avec des applications au calcul de la stabilité des murs . de soutènement. Ses études sur le problème de l'élastique le À conduisent à des conditions simples relatives à la stabilité des É. manchons cylindriques, pour lesquels on n'avait jusque-là - que des règles empiriques insuffisantes. Chez Maurice Levy, - l’amalgame fut parfait entre l'esprit théorique et l'esprit pra- ‘tique; nul n'a mieux compris combien est nécessaire un état- » major d'ingénieurs, ayant plus qu’un vernis scientifique, et . capables de discuter et de modifier, suivant les cas, les formules 3 usuelles.

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Les ouvrages de Maurice Levy sur la statique graphique ont rendu son nom populaire parmi les ingénieurs. Il introduisit, en effet, dans notre pays, le corps de doctrines, si précieux pour les constructeurs, qu’on désigne sous le nom de . statique graphique, y ajoutant ses travaux personnels et exposant ce bel ensemble de recherches dans un grand traité, à la troisième édition duquel il a travaillé, pour ainsi dire jusqu'à son dernier jour.

Tous ceux qui ont entendu Maurice Levy dans ne chaires de physique mathématique et de mécanique céleste, qu'il a successivement occupées au Collège de France, garderont le souvenir de ses leçons si vivantes, où sa souple intelligence se jouait au milieu des questions les plus délicates. Dans un autre ordre d'enseignement, à l’École centrale des arts et manufactures, les élèves, appréciant sa parfaite clarté, l'avaient surnommé le lumineux.

Les travaux scientifiques Fe Levy ne l'empéchaient pas de remplir ses fonctions d'ingénieur des ponts et chaussées. IL aimait à rappeler le siphon qu'il avait construit pour le passage de l'égout collecteur de Bercy par-dessus le canal Saint-Martin; on doit encore citer ses études sur la navigabilité de la Haute- Seine, sur la traction des chalands, sur les ponts biaïs. Il fut même, dans des jours tristement mémorables, chargé par Gambetta de diriger la fabrication des canons. Il ne s'agissait de rien moins que de 1500 bouches à feu à mettre en batterie en moins de deux mois. La prodigieuse activité du jeune ingénieur de 32 ans vint à bout de cette opération colossale. Rappelons, souvenir cher à notre Académie, que, au même moment, Berthelot présidait, dans Paris assiégé, à la fabrication des canons et des poudres, et Mascart dirigeait, à Bayonne, une fabrique d'engins explosifs.

Nous perdons, en Maurice Levy, un de nos confrères les plus anciens et les plus écoutés. Nous avions confiance dans la droiture de son jugement ; l’amabilité de son caractère et sa grande situation scientifique lui donnaient parmi nous une autorité particulière.

Désiré Gernez, membre de la section de physique, a succombé à une courte maladie, à l’âge de 76 ans. Il n’est resté que quatre ans parmi nous. Ses travaux, marqués au coin de la

# savoir si le pouvoir ixtèire des liquides actifs se conserve £ dans leurs vapeurs. Gernez reprit cette étude 46 ans plus tard, et la conclusion en fut que la dissymétrie, qui produit le pouvoir rotatoire, se conserve à l'état gazeux.

Es nom <e Gernez restera surtout attaché : à ses tva sur

re d' équilibre. Tels sont : la sursaturation des sels, la surfusion, le retard à l’ébullition des liquides et la sursaturation des

| gaz. La montré que l’existence d’un germe physique, solide jou gaz, ét parfois un effet mécanique comme une vibration er pour ramener le système à son état d'équilibre stable. Ainsi les solutions de sels sursaturés cristallisent, quand on y = introduit une amorce identique aux cristaux qui doivent se produire. Elle était nouvelle pour l’époque, la nécessité de tenir

compte du rôle que jouent les infiniment petits de nature miné- ER dans la production des cristaux. Pendant quatre années, Æ Gernez avait donné son concours actif aux recherches de Pasteur sur les maladies des vins et des vers à soie. Il avait vu dans =<ce domaine l'importance des germes vivants, et ce long contact avec le maître illustre avait eu une grande influence sur l’orien-

+ tation de ses travaux.

— -Ces recherches sur les corps hors d'équilibre datent de près

de 40 ans, et elles sont depuis longtemps classiques. « Elles

É 2 d'un auteur oublié », disait parfois mélancoliquement

… Gernez, et, en manière de consolation sans doute, il aimait à

- raconter que, dans ses visites académiques, un de nos confrères

À Jui avait dit ::« On m’enseignait déjà cela au lycée; j'en croyais l'auteur mort depuis longtemps. »

Les travaux de Gernez sur les vitesses de cristallisation È doivent aussi être rappelés: ils ont conduit à des vues intéres- - Santes sur des composés, en apparence parfaitement définis et identiques entre eux, mais qui, par certaines propriétés, portent re reflet de leur histoire antérieure.

… Gernez est mort à un âge avancé, mais son activité était LEUR entière et, quelques semaines avant sa fin, il nous entre-

tenait encore de ses travaux sur le phosphore noir. Son œuvre, si soignée, a déjà reçu la consécration du temps.

Eugène Rouché, qui s’est éteint à l’âge de 78 ans, était membre libre de l’Académie depuis 1896. Dès sa sortie de : l'École polytechnique, il se consacra à la science et à l’enseignement. Il laisse en analyse un mémoire important sur les conditions de convergence de la série de Lagrange, et des remarques devenues classiques sur la discussion des équations du premier degré. Le calcul des probabilités, qui demande à la fois tant de vigueur et de finesse. et où. l’on est accoutumé, depuis Pascal, à rencontrer d’apparents paradoxes, fit aussi l’objet d’ingénieuses études de Rouché, particulièrement dans le problème de la ruine des joueurs, quand le jeu n’est pas équitable. en Il ÿ a 50 ans, les travaux géométriques de Poncelet, de Chasles et autres, n'avaient pas encore pénétré dans l'enseignement élémentaire. Notre confrère résolut de publier, avec de Comberousse, un traité où seraient exposées, en dehors des parties classiques, ces nouvelles découvertes. Il réussit pleinement dans son dessein et éleva à la géométrie un véritable monument. L'œuvre, qui a eu depuis 45 ans de nombreuses éditions, était nouvelle pour l’époque. Une géométrie y apparaissait, qui avait perdu son revêtement scolastique et qui ne semblait pas une science achevée. On a pu dire, avec raison, que cet ouvrage avait acquis une réputation universelle.

La maladie a attristé les dernières années de Rouché, mais beaucoup d’entre nous peuvent se rappeler l’homme, si cordialement serviable, avec sa vivacité méridionale et sa fine bonhomie.

Il y a quelques semaines, nous perdions, avec Tannery, un second membre libre. C'était une figure singulièrement originale et attachante, que celle de Jules Tannery. Après quelques travaux sur les équations différentielles, il s'était consacré à la philosophie scientifique, à la critique et à l’enseignement. C'est de ce côté que le portait son esprit profond et subtil, qui aimaït les discussions sur les principes des sciences, et particulièrement sur ceux des mathématiques. Il avait beaucoup réfléchi sur les fondements de l'analyse, comme le montre son Zntroduction

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à la théorie des fonctions d'une variable, dont le principal objet est de montrer comment on peut fonder cette science sur la Seule idée de nombre entier.

Tannery consacra une grande partie de son temps au Bulletin des sciences mathématiques. Les nombreuses études qu’il y

fit d'ouvrages ou de mémoires récents portent une marque très

personnelle et sont d’une rare pénétration. À combien de livres, d'une lecture pénible, il a donné pour un moment quelque légè-

reté, grâce à la finesse de ses analyses!

Dans la critique philosophique ou scientifique, apparaît plei-

nement le talent de Tannery. Il avait, jeune encore, publié un article sur la Los de Fechner, qui parut alors fort irrévérencieux

aux amis de la psycho-physique. Il y montrait l’inanité de cette prétendue proportionnalité de la sensation au logarithme de l'excitation, n'y voyant guère qu'une définition de la sensation. Ses études sur le rôle du nombre dans les sciences, sur . l'adaptation de la pensée témoignent d’une réelle vigueur d’esprit

et d'une grande souplesse de dialectique. On y trouve aussi

parfois quelque inquiétude; ne nous-parle-t-il pas lui-même,

ce sont ses propres expressions, de ces inquiétudes que nous

cultivons sous le nom de philosophie ? Il les enveloppait d’une * ironie discrète, et peut-être le scepticisme, qui perçait çà et là, - était-il plus apparent que réel.

- Nous regrettons tous le spirituel causeur, le confrère aimable

dont le commerce avait tant de charme.

Nous considérons comme des confrères nos associés étrangers qui sont au nombre de 12. L'Académie a eu le regret de perdre

trois d’entre eux.

Alexandre Agassiz était aux K États-Unis le plus éminent repré-

Le sentant de la biologie marine. C'était pour la seconde fois que - le nom d'Agassiz figurait sur notre liste de membres étrangers. -Son père Louis Agassiz, célèbre par ses études sur les poissons

fossiles et sur les glaciers, avait déjà été des nôtres. Né à Neuf-

” châtel, en 1835, Alexandre Agassiz était venu très jeune en Amé- “rique, avec son père nommé professeur à l’Université d'Harvard. > Avant de se consacrer aux recherches scientifiques, Agassiz,

devenu complètement américain, résolut de faire fortune; ce

. qu'il put réaliser avec les mines de cuivre de la région des Grands- Lacs, au plus grand profit de la science.

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Les recherches embryogéniques l’occupèrent alors, et il fonda

à Newport le premier laboratoire de zoologie marine. On lui doit de belles études sur les formes larvaires dans plusieurs divisions du règne animal. Que de résultats inattendus on trouve dans ses ouvrages sur la succession difficile à suivre des métamor-

phoses par lesquelles passent certains animaux, au point que des phases du développement d’une même larve avaïent été

regardées comme appartenant à des genres différents.

La grande fortune d’Agassiz et ses goûts lui permirent de ne pas se confiner dans son laboratoire. Il fut un intrépide explorateur des mers. Dès 1868, il visita les côtes de l'Amérique depuis le Massachusetts jusqu’au golfe du Mexique, et explora ensuite le Pacifique, rapportant quantité d'échantillons et d'observations précieuses pour la zoologie marine. Agassiz fut un des premiers à faire connaître le caractère de la faune des abîmes. Les recherches de notre associé sur les récifs de coraux ne sont pas moins remarquables. Ces récifs ont, de tout temps, causé l’effroi des navigateurs et aussi leur admiration, tantôt s’étendant autour d’un archipel comme aux Fidji, tantôt dessinant à la surface de la mer des anneaux réguliers, avec un lac inté-

rieur, qu’on nomme des atolls, Agassiz rejette, au sujet de leur

formation, les conclusions générales de Darwin, qui supposaient un lent abaissement du fond de la mer, et montre que les causesf du phénomène sont beaucoup plus variées.

La disparition de l’illustre zoologiste, dont la féconde activité

a touché à tant de sujets, est une grande perte pour la science. : Le bactériologiste allemand Robert Koch était, depuis 1903,

notre associé étranger. En 1876, médecin près de Posen, il faisait, en étudiant les bactéridies charbonneuses de Davaine, l'importante découverte des spores de cette bactéridie, spores qui supportent, sans périr, une température de 802 et la déssiccation: prolongée, ainsi que l’action des antiseptiques. Ce travail, après celui de Davaine, ouvrait l’ère de la bactériologie médicale, où Pasteur allait bientôt commencer ses célèbres travaux sur la vaccination anticharbonneuse et l’atténuation des virus. Koch fut un chercheur patient et sagace. Les bactériologistes lui doivent de merveilleux outils de travail, comme la

méthode des cultures sur milieux solides et dé nouveaux pro-

cédés de coloration. Ces techniques lui permirent de faire, en

1882, la découverte du bacille tuberculeux, dont le retentisse-

cille D. cause du choléra dique On se rappelle le bruit fait, en 1800, autour de la tuberculine de Koch. Au point de vue de la guérison de la tuberculose, les espérances du bactériologiste allemand furent déçues; encore . faut-il dire qu’on tend à revenir aujourd’hui sur la question qui. nef paraît pas définitivement jugée. Quoi qu il en soit, la tuber-

culine fournit un moyen de diagnostic d’une précision presque infaillible.

£ Travailleur infatigable, Koch avait fait, dans ces dernières années, de lointains voyages pour étudier les maladies à trypa- Le nosomes de certaines contrées tropicales, comme la maladie du Eu sommeil. I1 vient de mourir, à l’âge de 67 ans, victime, par une sorte de revanche de la nature, de cette tuberculose qui lui

È avait procuré son plus beau triomphe.

. Nous avons enfin perdu Schiaparelli, ancien directeur de ee 2 Observatoire de Milan. Plusieurs des travaux de cet éminent aStronome ont appelé vivement l'attention du monde savant. Ses recherches sur la liaison entre les comètes et les essaims - | d'étoiles filantes ont pris place définitivement dans la science ot constituent son plus solide titre de gloire. Schiaparelli a établi F que, au moins dans quelques cas, ces essaims sont des débris . de comètes. Ainsi, calculant l'orbite de l'essaim des Perséides, . il put reconnaître l'identité de sa trajectoire avec celle d'une comète parue en 1862. ee.

- Schiaparelli avait cru pouvoir armée que les durées des - rotations des planètes Mercure et Vénus sont égales aux temps É de leurs révolutions sidérales, c’est-à-dire 88 et 225 jours, mais il ne semble pas que ces résultats soient définitifs.

- J'ose à peine parler des canaux de Mars, auxquels se rattache :" le nom de Schiaparelli. Ils ont semé la discorde dans le camp des astronomes, mauvais présage pour les relations que nous a … devons: avoir, paraît-il, dans un avenir prochain avec les habi- » tants de cette planète. « L'existence des canaux et de leurs dédoublements est certaine; vous n'avez qu'à diaphragmer suffisamment », disent les uns. « Les meilleures lunettes, de grande ouverture, ne montrent que des points séparés; vous - vous extasiez devant des phénomènes de diffraction », répliquent les autres. Nous ne les départagerons pas, retenant de là seu-

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lement la vieille leçon, que le départ est parfois difficile entre les éléments subjectifs et les éléments objectifs de la connaissance. - | L’astronome de Milan fut aussi un historien de la science. C’est à lui qu’on doit d’avoir dissipé l'obscurité qui planait sur la doctrine des 27 sphères concentriques mobiles, avec lesquelles Eudoxe et, après lui, Aristote expliquaient les mouvements des astres, doctrine qui régna dans l’antiquité avant le bp: des épicycles de Ptolémée.

La mort de l'observateur tient et enthousiaste, à Vins nation puissante, de l’ écrivain érudit que fut Schiaparelli, met en deuil l'astronomie.

Je ne puis donner qu’un trop bref souvenir aux sept correspondants étrangers que nous avons perdus, MM. Khün, Van Beneden, Cannizzaro, Huggins, Treub, von Leyden et Mosso:

Kübn, correspondant pour la section d'économie rurale, était connu par ses travaux sur l'alimentation du bétail, et les affections parasitaires qui s’attaquent aux céréales.

Édouard Van Beneden, correspondant pour la section de Z00logie, occupait dans la science une place considérable. Ses travaux sur la division cellulaire, la fécondation et les premières phases du développement embryonnaire, sont de premier ordre. On lui doit, en particulier, une étude approfondie du dédoublement des chromosomes, éléments fondamentaux du noyau, qui sont pour quelques-uns les supports des propriétés héréditaires de l'organisme, et il découvrit les sphères attractives qui jouent un rôle si important dans Ja caryokinèse. Ces recherches, faites d’abord sur un ver parasite, et généralisées pour le règne végétal : comme pour le règne animal par de nombreux chercheurs, ont ouvert à la biologie de vastes horizons.

Avec Cannizzaro, l’illustre: chimiste italien, disparaît le dernier combattant dans les luttes, dont nous avons aujourd’hui quelque peine à comprendre l’acuité, pour l'établissement de la théorie atomique. Dès 1858, il montrait qu'il convient de ‘doubler l'équivalent d’un grand nombre de corps simples, et, l’un des premiers, il distinguait nettement le poids moléculaire du poids atomique. Parmi ses nombreuses découvertes, citons seulement une nouvelle classe d’alcools, les alcools aromatiques, alors bien imprévus. Professeur incomparable, il fut par son

is En res était le doyen des astronomes anglais. ILa été le créateur de la spectroscopie céleste. En 1864, il faisait - l'observation capitale qu’une nébuleuse de la constellation du Dragon présente un spectre discontinu composé de trois raies brillantes; c'était donc un gaz lumineux, constatation suivie d’autres analogues et d’une portée considérable. Le premier, il appliquait aux étoiles les idées de Dôppler et Fizeau, et cal- Culait, au moyen de la déviation d’une raie de l'hydrogène, la - vitesse avec laquelle Sirius s’éloigne de la Terre. Les protubé- rances solaires, les spectres des étoiles temporaires, ceux des comètes l’occupèrent successivement. L'œuvre de ce fécond - initiateur restera dans l’histoire de l'astronomie physique. La section de botanique a perdu un de ses correspondants, - Melchior Treub. Il fut à Java l'organisateur de cet institut - botanique de Buitenzorg, qui est unique dans le monde tro- pical. Ses travaux personnels sont considérables, et je ne puis . que rappeler ses études sur la parthénogenèse réelle chez divers groupes de phanérogames et ses observations sur le rôle de É l'acide cyanhydrique dans les plantes.

Notre correspondant pour la section de médecine, von Leyden, a été l’un des plus éminents cliniciens de l'Allemagne. On lui . doit d'importantes recherches de neuropathologie et une théra- peutique originale dans certaines maladies anatomiquement incurables.

Tout récemment enfin, nous perdions encore l'un de nos correspondants pour la section de médecine, Mosso, qui était … actuellement le plus illustre physiologiste de l’Italie. La circu- # - lation du sang, l’action des nerfs, la fonction des muscles, l'in- . fluence de diverses substances médicamenteuses ont fait l’objet de ses études. Il a imaginé de nombreux appareils inscripteurs;

* aussi toutes ses recherches portent-elles un caractère de précision remarquable. L’énergétique musculaire lui doit d'impor- : tants résultats, et la question des exercices physiques l'a - beaucoup” préoccupé. Il avait fondé sur le Mont-Rose une sta- - tion physiologique où il conviait les savants de tous les pays.

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