‹ Discours et mélangesChapitre 6 sur 51 · CET · texte numérisé non relu

CET

LNeSe Les Dee ee comme AVErroës, et

27 e PTE un

2, 35e ile

Philopon; Saint Thomas d'Aquin ne la mentionne que pour la :

réfuter, très maladroitement d’ailleurs.

Vers la fin du xrrre siècle, une réaction se produisit contre la … philosophie hellène. Étienne Tempier, évêque de Paris, condamne en 1277 trois cents propositions péripatéticiennes ou néo- … platoniciennes, cé qui fait dire à Duhem que les condamnations «

théologiques, alors formulées, ont ouvert la brèche par laquelle notre mécanique et notre physique ont passé.

Peu après, vers le milieu du x1v® siècle, un maître de génie, Jean Buridan, reprend les idées de Philopon, L'énergie communiquée au projectile, il l'appelle l’impetus, et de la théorie de l'impetus il fait la base d’une dynamique nouvelle. Jean Buridan n’était pas un inconnu, mais il faut avouer que la dynamique

ne jouait aucun rôle dans sa notoriété. Si l’on en croyait Villon « dans la ballade des Dames du temps jadis, il aurait été, à deux

pas d'ici, le complice et la victime d’une reine de France :

Semblablement, où est la Royne, ee.

Qui commanda que Buridan, Fut 4etté en ung sac en Seine.

Mais où sont les neiges d’Antan ?

et cette fable alimenta un méloïrame longtemps populaire su

la Tour de Nesles. Son nom est aussi attaché à un curieux argument pour ou contre (on ne l’a jamais su) la liberté d’indiffé-

rence; mais Duhem n’en a pas trouvé trace dans les écrits de

Buridan, et les hésitations de l’âne affamé entre deux bottes de

foin identiques semblent aussi légendaires que les amours du philosophe et de Jeanne de Bourgogne.

Buridan était né à Béthune vers 1300. De bonne heure sa renommée fut grande, et en 1327 il était déjà recteur de l'Uni- -

versité de Paris. C’est à un manuscrit du fonds latin de la Bibliothèque nationale, traduit et commenté par lui, que Duhem emprunte un exposé de la dynamique de Buridan. D’après

celle-ci, l'impetus demeurerait sans changement dans le projec- …

tile lancé, s’il n’était incessamment modifié par la résistance du milieu et l’action de la pesanteur. Traduisant en langage mo-

De A LT 4

duit de deux facteurs : la masse et une fonction croisde la vitesse. Prydemment, il ne précise pas cette fonction Galilée et Descartes admettront, à tort, proportionnelle à tesse, tandis que Leibnitz la regardera comme égale au carré de celle-ci; de la notion de l’impetus devaient donc sortir

jour 1 la quantité de mouvement et la force vive. La dynamique

t des graves. Il s'élève à la loi de l’inertie; aussi peut-il uisser une mécanique céleste toute nouvelle. « Il n’est pas nécessaire, professait Buridan, de poser l'existence d’intelligences qui meuvent les corps célestes d’une manière appropriée; n plus, il n’est pas nécessaire que Dieu les meuve, si ce n’est -la forme d'une influence générale, de cette influence par LC uelle nous disons qu’il coopère à tout. ce qui est. » L'audace était grande de proclamer inutiles les intelligences motrices des orbes célestes, qui jouaient un rôle important dans la physique ipatéticienne. Aussi Duhem n’hésite-t-il pas à écrire : « Si v oulait, par une ligne précise, séparer le règne de la science antique du règne de la science moderne, il la faudrait tracer, croyons-nous, à l'instant où Jean Buridan a conçu cette théorie,

l'instant où l’on a cessé de regarder les astres comme mus par : les x mouvements sublunaires dépendaient d’une même méca-

armi les ‘disciples de Buridan figurent, au premier rang, ert de Saxe qui enseigna qu'un système pesant est en équi- > quand son centre de gravité est le plus bas possible, et Nicole Oresme, grand maître du Collège de Navarre en

ursé r de Copernic par les vues qu’il émit sur le rôle de la e et des planètes, et de Descartes par eee qu'il fit des

italiens du xve siècle. Léonard de Vinci comprit au contraire -leur importance et s’appliqua à les développer. Par l'étude de

vons dire que Buridan regarde l'impetus comme

philosophe de Béthune ne s’applique pas seulement au mou-

‘êtres divins, où l’on a admis que les mouvements célestes .

Page 1