‹ Discours et mélangesChapitre 7 sur 51 · RAT PE · texte numérisé non relu

RAT PE

toire curviligne des projectiles, qui recevra son achèvement de Galilée et de Torricelli. Quant à Galilée, Duhem nous le montre d’abord attaché longtemps aux doctrines anciennes, et il étudie ensuite les ouvrages dont la lecture l’initia à la dynamique et à la cinématique des Buridan, des Albert de Saxe et des Nicole Oresme. La filiation n’est pas douteuse; les maîtres de l’école parisienne ont posé les fondements de la mécanique que développeront Galilée et ses disciples. Il est cependant un côté de l’œuvre de Galilée, qu’un admirateur plus enthousiaste du grand Florentin aurait mis en évidence; c’est le côté expérimental. A la place d'expériences qualitatives des maîtres des siècles précédents surtout préoccupés de l'examen logique et philosophique des hypothèses, on trouve chez le physicien de Florence des expériences quantitatives sur le plan incliné et le pendule. Mais Duhem se proposait surtout de montrer, dans son ouvrage, la continuité entre la science du moyen âge ét celle dés temps modernes, -et l’on ne peut nier qu’il y: ait brillamment réussi.

Entre temps, Duhem écrivait avec une extraordinaire facilité de très nombreux articles sur des sujets variés d'histoire des sciences. Citons au moins quelques-uns d’entre eux qui montrent bien la manière du savant historien. Il y a en hydrostatique un principe qui porte le nom de Pascal. Ce principe est-il vraiment dû à Pascal ? Avant lui, Stevin de Bruges, le père Mersenneé, Descartes, Galilée, Torricelli, avaient écrit sur l'équilibre des fluides et, dans son célèbre Traité sur l'équilibre des liqueurs, né se trouve aucune vérité qui n'ait été aperçue de quelques-uns de ces auteurs. Faut-il conclure que l’œuvre de Pascal est sans originalité ? Duhem proteste ici avec vigueur. Les principales . vérités qui constituent l’hydrostatique avaient été découvertes, mais elles n'avaient pas été ordonnées et reliées les unes aux autres. Pascal fut cet organisateur, en rattachant le tout au principe des déplacements virtuels, et notre confrère termine son article en citant un mot de Pascal sur « l’ordre et le peu de gens qui l’entendent », et il ajoute avec quelque mélancolie : « Les physiciens prodiguent volontiers aujourd’hui les témoignages de leur admiration à toute découverte d’un fait nouveau

je, mais ils semblent priser à très bas prix S ss souhaitent mettre de l'ordre et de la

. ne scientifique ne furent le xvre e, la figure du père Mersenne apparaît, comme m, auréolée de loyauté. Contrairement à ceux, très

ui faisaient grand étalage d’érudition, mais énu-

ous devons nous rappeler que, en 1699, peu de temps avoir été nommé académicien honoraire dans notre Com- >, Malebranche lisait un mémoire intitulé : Réflexions sur es et les couleurs et la génération du feu, qui est imprimé as nos recueils. Or c’est là qu’a été émise pour la première

lhypothèse que la période de la vibration caractérisait la

ur d’une lumière monochromatique, l'éclat de la couleur avec l'amplitude de cette RÉEL Malebranche,

se. 0 de Rœmer sur la vitesse finie de la lumière, rallié au système de Huygens; mais le grand hollandais n'avait rien dit sur les. couleurs. Il est vraiment étrange qu'aucun historien n'ait, avant Duhem, revendiqué les droits du philosophe à la paternité de ces idées fondamentales. « Malebranche fut un modeste, conclut

Duhem, aussi lui arriva-t-il ce qui advient trop souvent aux modestes; on admit les idées qu’il avait proposées, mais on ne. parla pas de celui qui les avait conçues. »

Duhem méditait depuis longtemps-un ouvrage étendu sur” les doctrines cosmogoniques. Il en commença la publication en 1913 sous le titre : Le système du monde, histoire des doctrines « cosmogoniques de Platon à Copernic. L'astronomie ayant pris de bonne heure une forme suffisamment précise, on peut y. suivre dès l’antiquité les relations de la théorie physique avec l'explication métaphysique. Mais il faut ici faire attention au . langage dont nous usons. Pendant deux mille ans, comme le remarque Duhem, la physique positive n’a pas été séparée de la cosmologie, c’est-à-dire d’une métaphysique du monde matériel, et les questions débattues durant l'antiquité et le moyen âge doivent être ainsi formulées : Quelles sont les relations de l’astrongmie envisagée comme théorie physique avec la physique regardée comme une cosmologie ? Alors que le physicien examine ce qui concerne l'essence du ciel et des astres, l’astronome se préoccupe seulement de l'ordre des corps célestes, de leurs figures et de leurs distances; son but est atteint quand ses constructions géométriques assignent à chaque astre errant une marche conforme à celle que relèvent les observations. Sauver les phénomènes « cofers rù purvéuesx » tel est son but. … Les diverses écoles mélent plus ou moins le point de vue du physicien et celui de l’astronome; mais, dans l’hellénisme à son déclin, le second point de vue paraît peu à peu prédominer. Les hypothèses des astronomes prétendent de moins en moins ‘à être des réalités, et sont regardées seulement comme des. fictions, dont l'objet est de sauver les apparences, cela toutefois avec des alternatives diverses. |

Une telle histoire des doctrines cosmogoniques a exigé un.

er les points essentiels de l’astronomie pythagoricienne, et est ainsi amené à détruire une légende accréditée depuis Le d’après laquelle le pythagoricien Philolaüs faisait » : Terre autour du Soleil; ce n était pas le Soleil, mais

s Je voile poétique qui la recouvre souvent, aborde l'étude 1 système des sphères homocentriques dont le centre est la re, le premier mofeur entretenant continuellement le mount de la sphère des étoiles, qui engendre à son tour le mouent des sphères homocentriques; ces divers mouvements it circulaires et uniformes, tout corps formé de l'essence. este devant se mouvoir d’un tel mouvement. Le système iocentrique, adopté par Aristote et ses disciples, est dû en té à Eudoxe de Cnide, et Duhem écrit à ce sujet la phrase vante bien caractéristique : « L'attribution du titre de créade la méthode des sciences physiques a donné lieu à bien querelles ; les uns ont voulu le donner à Galilée, les autres à es, d'autres encore à François Bacon qui est mort sans . ; jamais rien compris à cette méthode. En vérité, la méod de des sciences physiques a été définie par Platon et par les I eee de son temps avec une netteté et une précision ont pas été surpassées; elle a été appliquée pour la pre- Sois par Eudoxe de Cnide lorsqu'il a tenté, en combinant és rotations de sphères homocentriques, de sauver les mouve- “apparents des astres. »

rès l’astronome italien Schiaparelli, le véritable précurle Copernic, relativement au système héliocentrique, est raclide du Pont, qui vivait au temps même d'Aristote. em se rallie à son opinion, quoiqu’on ait pu prétendre avec. k: quelque raison que cet astronome laissait la Terre immobile au centre du mouvement du Soleil, les autres planètes tournant iutour de celui-ci, ce qui fut plus tard le système de Tychoà é. ÆEn tout cas, il est certain qu'Aristarque de Samos souait, cinquante ans après Héraclide, le système héliocentrique s son-intégrité; sa tentative tomba dans l'oubli pendant

Page 1