‹ Discours et mélanges littérairesChapitre 26 sur 49 · DISCOURS 1»K RÉCEPTION · texte numérisé non relu

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tion militaire, mais qu'elle n'avait pas d'abord annono i s.

Et cependant, Messieurs, quatre années s'écoulèrent à peine qu'un grand crime vint souiller cette puissance nouvelle « I marquer d'une tache ineffaçable le diadème qu'elle se hâtait de saisir. Ah ! si de tyranniques entraves n'avaient pas pesé dès lors sur les députes de la France, quelque voix se sérail élevée sans doute pour accuser cet odieux attentat ! L'homme qui avait osé le commettre n'hésita point à solliciter l'approbation d'une assemblée qu'il tenait asservie; et cherchant, pour ainsi dire, à étouffer dans une insolente publicité l'horreur du crime qu'il aurait voulu se eacher à lui-même, il en fit donner solennellement avis à la chambre, parmi d'autres communications politiques.

En recevant cet étonnant message, M. de Fontanes, sur le seul point où la puissance coupable espérait une réponse, garda un silence sévère, image de la stupeur et de la consternation de la France; mais une de ces fraudes auxquelles la force même s'abaisse, quand elle est injuste, lui ollrit bientôt l'occasion <V\\\\ désaveu plus expressif. Dans la publication légale d'un discours qui suivit de près ce funeste événement, on altéra les paroles de l'orateur ; on lui prêta une expression douteuse, qui pouvait paraître une lâche excuse, l'eut-on oublier quelle fut alors l'ardente réclamation de M. de Fontanes, sa persévérance à faire rétablir les vraies paroles qu'il avait prononcées, et enfin, Messieurs, l'injurieux errata que fut obligée de subir cette orgueilleuse grandeur, devant laquelle s'inclinait et se taisait l'Europe H Non, .Messieurs, (pie par ee récit je prétende louer M. de Fontanes : il n'avait satisfait qu'au devoir exact de l'honnête homme ; mais ce devoir rempli absout noblement beaucoup de louanges données en d'autres temps à l'éclat de la vic-

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toire, aux travaux commencés de la paix, et*à l'espérance du bien public.

Ces louanges mêmes, vous le savez, furent toujours tempérées par de généreux conseils : et l'art de l'orateur semblait ennoblir jusqu'aux ménagements, qui servaient à rendre la vérité plus utile, en la rendant plus tolérable au vainqueur. Les étonnants succès d'une fortune qui croissait en prodiges, comme en injustices, les impérieuses défiances d'un pouvoir qui croissait en tyrannie n'altérèrent pas cette dignité de la parole : et, lorsque la conquête enveloppait chaque année de nouveaux États , lorsque la fortune de la guerre partageait les trônes aux lieutenants du nouveau César, lorsque l'Europe voyait avec effroi s'avancer sur elle cette dictature, heureusement impossible, puisqu'elle s'est brisée dans la main d'un si hardi capitaine, appuyé sur une si grande nation, alors, Messieurs, M. de Fontanes ramenait avec plus de persuasion et de force les idées de modération et de justice ; alors, il plaignait les grandeurs déchues, les dynasties dépouillées : et ses éloquentes paroles devenaient, par leur générosité seule , une censure de l'orgueilleux abus de la victoire. Quand, du milieu de ces palais où Louis XIV, vainqueur aussi, avait fait admirer à l'Europe sa magnanime politesse, un homme, trop enivré du succès pour bien sentir la gloire, insultait, dans la reine de Prusse, par d'ignobles calomnies la majesté du trône, de l'infortune et de la beauté, M. de Fontanes, interprète du sentiment public , devant l'orgueil de l'usurpation et de la conquête, releva les images abattues de la royauté malheureuse, et rendit un éclatant honneur à ces droits antiques et sacrés , qui ne dépendent pas d'une journée militaire et ne peuvent être abolis par la victoire.

En gardant ce juste respect aux rois vaincus par nos

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amies, M. de Font ânes, dans plusieurs occasions, ne défendit pas avec moins de noblesse la dignité du lalif, < 1 * «iit chaque triomphe noureau resserrail aines. Je parle de la dignité, Messieurs; car, depuis longtemps, la liberté n'était plus. La jalousie du pouvoir s'augmentanl chaque jour, elle en % i nt jusqu'à cou'. au Corps législatif le titre qu'il portait, et à déclarer que les députés de la France, sans mission et sans droit, n'occupaient que le quatrième rang dans les conseils du souverain. La réponse de M. de Fontanes est remarquable, Messieurs, et ne sera pas oubliée par l'histoire. Après l'avoir prononcée, il ne garda pas longtemps le privilège de parler au nom des représentants de la nation; niais du moins il n'avait pas laissé avilir dans ses mains le faible et dernier simulacre de ces libertés publiques qui, plus tard, ranimées par l'excès de nos malheurs, devaient dans la même assemblée retrouver des voix généreuses, pour avertir le despotisme de ses dernières fautes et commencer le salut de la France.

M. de Fontanes, dont le rare talent inspirait l'estime lors même qu'il pouvait déplaire, avait été appelé à la direction suprême de l'enseignement par un pouvoir qui savail habilement employer des hommes honorables dans l'intérêt de sa grandeur. Je ne serai démenti par personne, en disant, Messieurs, que ce choix parut alors à tous les pères de famille un heureux événement. M. de Fontanes avait une tâche consolante et laborieuse, beaucoup de mal à prévenir, beaucoup de mal à réparer. Que d'ordres rigoureux n'a-t-il pas adoucis ! quelle autorité salutaire n'a-t-il pas exercée ! Cette unité despotique qu, enlevait les enfants à leurs familles, cet envahissement des esprits par l'éducation, furent heureusement corrigés sous la m. lin prudente et paternelle de M. de Fou'

L'Université naissante reçut dans ses premières digni-

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