‹ Discours et mélanges littérairesChapitre 22 sur 45 · RÉPONSE AU DISCOURS DE M. FOURIER · texte numérisé non relu

RÉPONSE AU DISCOURS DE M. FOURIER

Moins fier» moins indépendant peut-être, Desaix vient se placer à leurs côtés par ses héroïques et modestes vertus. Rien de plus beau que la rivalité de Kléber et de Desaix dans la campagne d'Egypte; et ces deux hommes attirent également les regards par des qualités différentes. Sorti d'une condition pauvre, presque sans éducation, Kléher, avec sa haute stature et son air martial, était un soldat parvenu , mais un soldat plein de génie. Ses manières ouvertes et franches gardaient quelque chose d'un peu rude. Ses paroles énergiques enlevaient le cœur de ses compagnons d'armes dont il était adoré.

Dans le peu de temps qui suivit la victoire d'Héliopolis , Jusqu'à sa mort , il montra des talents pour gouverner comme pour vaincre. Plus fier qu'ambitieux , sa loyauté n'aimait pas le génie profond et dissimulé de Bonaparte; et s'il eût vécu, peutrétre eût-il été le plus redoutable adversaire du premier consul.

Desaix avait , au contraire , un génie cultivé par la réflexion et l'étude. Savant lui-même , il partageait les travaux de l'Institut d'Egypte. Par sa générosité, son abord affable, son amour des arts, il semblait un nouveau Germanicus envoyé dans l'Orient Audessus de la jalousie comme de l'ambition, il admirait Bonaparte, et ne s'en défiait pas. Celui-ci , frappé d'une sorte de respect pour la modeste grandeur de Desaix , lui avait confié la partie la plus importante de l'expédition, le soin de soumettre la haute Egypte. Desaix atteignit les Mamelouks, les vainquit, et fit respirer sous sa conquête les malheureux habitants du Saïd. Les chrétiens d'Egypte le chérissaient; les musulmans ne l'appelaient que le sultan juste. Il quitta l'Egypte, au montent où il croyait la guerre terminée , avant la rupture des conventions et la victoire d'Héliopolis. Si Desaix, resté en Egypte, eût survécu à Kléber, on ne peut douter que son génie n'eût longtemps maintenu l'armée française en Orient. Nul homme n'était mieux fait, par son habileté et par ses vertus, pour pacifier un pays vaincu, et civiliser des barbares. Son esprit éclairé avait fortement saisi tous les grands avantages de politique et de commerce que pouvait offHr rétablissement des Français en Egypte. Mais la destinée l'appelait ailleurs; et l'on ne peut s'empêcher de remarquer ici avec quelle rapidité tous les obstacles s'aplanissaient devant Bonaparte , par la mort prématurée de ces grands capitaines qu'avaient enfantés les guerres de la république.

%46 SISCOims BT HtUNOSS.

ggg gi»g g 8 ggg g gggg» fr8g Hg « gg»8 « 8g«g»

RÉPONSE

DE H. YILLEMAIN

Page 1