PROFESSION DE FOI DE JULES FERRY A SES ÉLECTEURS
cette situation qui nous est faite par les attaques incessantes de rexlréme-gauche, qu'elle vote Tordre du jour de M. Clemenceau. {Applaudissements au centre et sur divers bancs à gauche.)
Mais, si vous pensez, messieurs, que nous sommes d'bonnétes gens, dépositaires de votre volonté, nous préparant à remettre au pays, en pleine liberté, en pleine lumière, avec tout le temps nécessaire, tout le loisir et toute la liberté de discussion, les destinées du pays et de la République, je vous demande de voter Tordre du jour pur et simple. {Applaudissements à gauche et au centre. — Mouvement prolongé.)
La Chambre vola Tordre du jour pur et simple par 214 voix contre 201. Dans ce scrutin, 120 membres de la droite avaient confondu leurs suffrages avec ceux de 81 députés radicaux ou d'extrémegauche. Le lendemain, un décret convoqua les électeurs pour le 21 août; un autre déclara close la session législative et Tappel des réservistes fui, quelques jours après, renvoyé au mois de septembre.
Profession de foi de M. Jules Ferry adressée aux électeurs de la i^ circonscription de Saint-Dié (Vosges).
M. Jules Ferry soumit sa conduite politique au suffrage universel dans la profession de foi suivante, dont le ton simple et dépourvu de toute emphase faisait un vif contraste avec les formules retentissantes du programme de M. Clemenceau :
« Mes cbers Concitoyens *•
Vous m*avez confié, il y a quatre ans, un mandat dont je vous dois compte. Comme député, comme ministre de TInstruction publique, comme président du conseil, j'ai engagé ma responsabilité dans les principaux actes de cette majorité libérale et courageuse qui a abattu le pouvoir personnel et dont la politique est soumise, à cette heure, au jugement du suffrage universel.
Cette politique se défend par ses œuvres : aux attaques passionnées des partis ennemis, elle oppose, non de vaines promesses, non des programmes chimériques, mais des résultats.
Montrer à la nation et au monde que, sous le régime républicain, le maintien de Tordre le plus absolu se concilie