CABLNET FERRY, DU 21 FÉVRIER
la loi du 10 mai 1834. [Vifs applaudissements à gauche et au centre,)
« Nous croyons qu'il n'y a, pour le moment, rien de plus à faire ; que la République n'est point en péril, et que, si elle rencontrait quelque jour des conspirateurs sérieux... {/Ures et applaudissements à gauche), elle trouverait dans son droit supérieur, dans la résolution de ceux qui répondent de ses destinées... » {Très bien! très bien!)
M. JoLiBOis. — Je demande la parole.
M. LE Président du conseil... — « dans le concours même de tous ceux qui ont travaillé à la fonder, les pouvoirs qui n'ont jamais fait défaut à un gouvernement régulier. {Applaudissements,)
« Messieurs, ce sont les ennemis des gouvernements libres qui voudraient les réduire au rôle de gouvernements sans défense... (Applaudissements), mais les populations françaises» qui témoignent chaque jour, par leurs votes, de leur attachement de plus en plus profond aux institutions républicaines, ne rentendent pas ainsi , et , loin de vouloir abandonner la République à un périlleux laisser-faire , elles seraient plutôt tentées de croire que la République n*est pas assez défendue. {Applaudissements,)
« Aussi, sans toucher à des libertés essentielles, dont la générosité même est Thonneur du Gouvernement républicain... {Très bien! très bien!), nous vous demanderons des mesures sur les cris publics et sur raffichage... »
M. M. CuNÉo d'Ornano. — 11 y a donc des coospirateurs sérieux alors I
M. le Puésidbnt du conseil... — « ayant pour but de soustraire tout au moins la liberté de la voie publique aux manifestations factieuses. [Très bien! très bien!\
a Messieurs, on Ta dit depuis longtemps : c*e$t surtout par la bonne conduite des affaires publiques, parle souci incessant des vœux et des sentiments du pays que les gouvernements libres se défendent et se fortifient. {Très bien ! très bien! à droite.)
M. Cl NÉo d'Ornano. — C'est 1res vrai, mais il faut le faire.
M. LE Président du conseil. — « La Chambre des députés
Ta bien compris, elle qui a mis, dès le premier jour, son ambition à mériter le titre de Chambre réformatrice... (Rires ironiques à droite), le plus beau nom qui soit au monde.
« Oui, nous avons reçu du pays le mandat de réformer, — et nous Taccomplirons, — mais le pays nous demande à cette heure, avec non moins d'énergie, d'administrer, de gouverner, d'enraciner la République. » {7rè$ bien! très bien! au centre et à gauche.)
M. Brierre. — Il faudrait avant tout enraciner les affaires commerciales et industrieUes!
M. LE Président. — - Vous interpellerez le Gouvernement si cela vous convient, mais laissez lire la déclaration.
M. LE Président du conseil. — « Ce peuple sage et résolu, le plus laborieux et le plus ordonné des peuples, qui a poursuivi, à travers tant d'obstacles, à force de patience et de courage civique, rétablissement de la République démocratique, a cherché et aimé en elle le gouvernement définitif et nécessaire; mais ses élus manquement gravement à ses volontés formelles s'ils donnaient à la République la fausse apparence d'un gouvernement agité et provisoire. (Applaudissements.)
« Messieurs, deux choses sont nécessaires à un gouvernement réformateur: il lui faut un terrain quelque peu solide, et une bonne méthode ; un terrain solide, à l'abri des crises incessantes qui paralysent Taction des pouvoirs publics, affaiblissent l'autorité républicaine, engendrent des gouvernements sans esprit de suite et sans crédit ; — et une méthode politique et parlc- . mentaire, qui consiste à ne pas aborder toutes les questions à la fois... [Très bien! très bien!), à limiter avec soin le champ des réformes pour le parcourir plus sûrement, à écarter les questions irritantes et les débats stériles, à modérer enfin Tinitiative individuelle... (Applaudissements. — Protestations adroite et à r extrême-gauche), de façon à laisser au Gouvernement l'initiative qui lui appartient de droit. (Exclamations sur divers bancs à Vexlrème-gauche et à droite. — Applaudissements à gauche et au centre.)
« Les mesures urgentes, celles qui sont le plus mûres et qui ne peuvent plus attendre, sont faciles à énumérer. »
A l' extrême-gauche et à droite. — Lesquelles? lesquelles?