LA CRISE OUVRIERE
Disconn du 19 mars 1883 sur la crise ouyriére. -- Réponse à M. de Bandry d'Asson.
La droite ne maaqua pas de mettre à proflt les violences et rirrilation du parti anarchiste (dont Tun des ornements, M"* Louise Michel, allait subir, le 23 juin, la sévère justice du jury de la Seine, pour avoir pillé, le 9 mars, une boulangerie du boulevard Saint- Germain); mais il est juste de reconnaître qu'elle entreprit de se créer une popularité parmi les ouvriers sans ouvrage par des moyens plus légaux et plus paciflques^
Dans la séance de la Chambre en date du 19 mars 1883 ', M. de Baudry d'Âsson déposa une proposition de loi « ouvrant au ministre de rintérieur, sur Texercice 1883, un crédit de deux millions pour secourir immédiatement la population ouvrière de Paris ». L'honorable député, après avoir accusé le Gouvernement de ne rien faire pour raviver le mouvement des affaires, déclara que ce n'était pas a par des menaces et des voies de fait que Ton pouvait donner satisfaction aux justes besoins des malheureux qui réclament du travail et du pain»; et il proposa de faire répartir le crédit de deux raillions par une commission de patrons et d'entrepreneurs dont les usines ou les ateliers étaient condamnés au chômage. Il voulait bien en confier la nomination au ministre de l'Intérieur, et réclamait l'urgence pour sa proposition.
M. Jules Ferry repoussa la demande d'urgence dans les termes suivants :
M. LE Président du conseil. — Messieurs, je tiens à protester, d'abord, contre les exagérations, je ne dirai pas systématiques, mais dont je puis bien dire qu*elles sont un peu voulues, de Texposé des motifs qui vient de vous être lu.
Quand on parle d'une crise condamnant à la misère et au chômage 100000 ouvriers à Paris, on apporte à cette tribune une contre-vérité. [Interruptions à droite, -7 Très bien! très bien! à gauche et au centre.)
M. Le Provost de Launay. — La crise agricole est plus forte que celle-là !
M. LE Président du conseil. — La crise sévit malheureu-
1. Par arrêt du 23 juin 18S3, la Cour d'assises de la Seine condamna Louise Michel, en vertu d'un verdict du Jury, qui admit (les circonstances atténuantes, à six années de réclusion.