V. VOfficiel du 15 décembre
engagée dans les abominables attentats dont on vient de nous apporter le récit.
En tous cas, je dois dire à la Chambre que, dès la première nouvelle, le Gouvernement a fait son devoir : il a transmis au gouvernement du président Salomon les réclamations de nos nationaux, et je dois dire que, sans discussion ni hésitation, le gouvernement haïtien a accepté de la manière la plus large le principe de ces réclamations, dont le chiffre reste à déterminer.
La Chambre peut donc être convaincue que les intérêts de nos nationaux ne seront pasméconnus, et que, de notre côté, ils ne seront pas délaissés. {7Vé* bien ! très bien!)
M. Gerville-Réach£. — Je suis heureux de l'apprendre. Seulement il accepte toujours, mais il ne paye pas !
M. LE Président du conseil. — Le gouvernement haïtien a accepté la responsabilité des événements de 1870, et il payera.
En 1879, il a payé un certain nombre d'indemnités, une notamment, pour la mort de ce matelot dont Thonorable préopinant a parlé tout à Theure, et tenez pour certain que, cette fois encore, le gouvernement haïtien s'exécutera, parce que le Gouvernement français y tiendra la main, et fera tout ce qu'il faudra pour qu'un but si légitime soit atteint. (Vives et nombreuses marques d'approbation.)
Quant à la responsabilité de notre agent, que vous avez mis si vivement, et, permettez-moi de le dire, si précipitamment en cause à cette tribune, je vous demanderai de vouloir bien, avant de me prononcer, me laisser attendre ses explications. [Très bien! au centre.)
L'honorable M. Burdel, qui a été consul à Genève, qui n'est pas le premier venu, qui est connu d'un certain nombre de membres de cette Chambre, n'a donné, jusqu'à présent, à personne le droit d'élever contre lui une accusation aussi grave. [Très bien!)
Ce que je vois bien dans la lettre de vos correspondants, c'est que la population française d'Haïti est mécontente de rintimité qui existait entre notre chargé d'affaires et le président Salomon, depuis deux ans que M. Burdel occupe ce poste.
On ne peut, en vérité, faire un reproche à notre agent de
chercher à obtenir, même de la familiarité du chef du gouvernement haïtien, un degré particulier d autorité pour mieux protéger nos nationaux. Le premier jour des massacres, M. Burdel a-t-il cru, a-t-il eu le tort de croire trop aisément à la puissance de persuasion qu'il se flattait d'avoir acquise auprès du président Salomon? C/est possible ; mais, le second jour, vous Tavez dit vous-même, il n'a pas hésité à intervenir, de la façon active et comminatoire que vous savez.
Il est toujours grave, de la part d'un chargé d'affaires, — et Ton ne peut pas blâmer trop vivement les hésitations d'un agent, à moins de bien connaître les faits, — de donner l'ordre de bombarder une ville placée sous la puissance du gouvernement auprès duquel il se trouve accrédité. Que l'honorable M. Burdel ait pris vingt-quatre heures pour réfléchir et épuiser les moyens de conciliation, ce n'est pas une raison suffisante pour le mettre en accusation à cette tribune,
Du reste, je lui ai demandé des explications et, certainement, étant donnés le caractère et les antécédents de cet agent, je crois qu'il se justifiera sur tous ces points.
Ce qu'il importe à la Chambre de savoir, je le répète, c'est que les droits de nos nationaux ont été revendiqués et reconnus, et que, par conséquent, force restera au droit et à l'équité. {Très bien! très bien !)
Le règlement du budget de 1884. — Les droits du Sénat.
C'est seulement le 17 décembre f 883 que le budget ordinaire de i884, présenté par le Gouvernement dès le 3 mars, avait élé déposé sur le bureau du Sénat, la Chambre n'ayant terminé Texamen de la loi de finances que le 15 décembre. Dès le 28 décembre, le Sénat avait voté la loi, toul en protestant contre la situation que la Chambre faisait à l'autre branche du Parlement. Les sénateurs s'étaient bornés à rélablir au budget des cultes un crédit de 675 900 fr. pour les bourses des séminaires et le traitement de l'archevêque de Paris. Il avait, en outre, opéré quelques remaniements sans importance sur le budget de l'intérieur.
Par l'organe de M. Sadi Carnot, la Commission du budget, lorsque la loi de finances revint devant la Chambre le 29 décembre*, pria les députés de donner leur sanction au projet de loi modifié, dans