‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 2)Chapitre 42 sur 72 · ÉLOGE DE GAMBETTA · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE GAMBETTA

ses délibérations et de ses résolutions. {Applaudissements, — Bruit.)

M. JoufiOis. — MaiiitenaQt il n*y a plus de doute : c'est le Sénat qui sera saisi d'abord.

La Chambre refusa d'accorder l'urgence à la proposition Barodet, par 292 voix contre 203.

Ajournement des Chambres. — Discours de Cahors, du 14 avril 1884. Éloge de Gambetta.

Les Chambres s'ajournèrent du 8 avril jusqu'au 20 mai 1884. M. Jules Ferry profita de l'intersession pour se mettre en communication avec le pays et pour faire entendre sa parole aux électeurs des départements. Le 14 avril, en compagnie des ministres de la guerre, de l'intérieur, des travaux publics, des affaires étrangères, du général Pittié, représentant le président de la République, de M. Humbert, vice-président du Sénat, de M. Spuller, vice-président de la Chambre, et de M. Cazot, premier président de la Cour de cassation, le président du Conseil vint inaugurer à Cahors le monument érigé à la mémoire de Gambetta. Quand le voile qui entourait la statue du grand patriote fut tombé, M. Jules Ferry prit la parole et rendit à l'organisation de la Défense nationale un magnifique hommage. Voici ce discours, dont presque toutes les phrases pourraient être redites au pied de la statue qui se dresse maintenant sur la place de Saint-Dié * :

Messieurs,

En venant accomplir ici, au nom du gouvernement de la République, un acte de piété nationale (7rès bien! — Applaudissements prolongés)^ je chercherais vainement à écarter les émotions profondes, les rapprochements, les poignants souvenirs que cette image, que ce bronze superbe et ces lieux mêmes éveillent dans nos âmes. Nous voyons ici rassemblés tout ce que la fragilité des espérances humaines, Tironie amère de la destinée, les lois aveugles qui mènent toutes choses ont de plus cruel et de plus retentissant. {Marques d'émotion. — Bravos.)

Comment oublier qu'il était ici, à cette même place, il n'y a pas trois ans, debout, vivant, triomphant en un moment unique, de sa noble carrière, à Tapogée de sa course orageuse et féconde, confiant et souriant comme l'aigle qui se repose un

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