V. rO/7îctW du 2Ï juillet
d*élire le Sénat, M. Léon Say (qui avait également critiqué vigoureusement l'obscurité et le vague de la Constitution en ce qui concerne le règlement des conflits financiers entre les deux Chambres), M. Léon Say, tout en se déclarant partisan du projet de la commission, combattit indirectement le texte du cabinet par mille réserves el mille objections, et surtout par une fin de non-recevoir absolue, relativement aux droits financiers du Sénat. Il accusait, en somme, le président du Conseil de vouloir abaisser et diminuer les prérogatives financières et politiques delà Haute Assemblée.
Discours du 25 juillet 1884, au Sénat.
Au dél)ut de la séance du 25 juillet*, M. Jules Ferry monta à la tribune pour répondre à ces deux brillants adversaires et prononça le discours qui suit :
M. Jules Ferry, président du conseil^ ministre des affaires étrangères,— Memeuv&y en constatant que riionorableM. Jules Simon, dans réloquent discours qui a terminé la séance d'hier, a réuni et groupé, avec Fart qui lui appartient, à peu près toutes les raisons qui peuvent être fournies contre le projet de résolulion que le Gouvernement a eu Thonneur de vous soumettre, il me sera permis de dire que toutes ces raisons ne sont pas, à ses yeux, même d'égale valeur; qu'il y en a de grandes el qu'il y en a de petites; qu'il y a des raisons de procédure, et qu'il y a des raisons politiques. G est sur les raisons politiques que je vous demande la permission, et que je me crois le devoir de m'expliquer tout d'abord.
Je conviens que, si la revision des lois constitutionnelles n'était qu'une fantaisie du Gouvernement, de la majorité de l'autre Chambre ou d'une partie du corps électoral, vous auriez le droit de repousser une entreprise qui, dans quelques conditions qu'elle se présente, est grave, redoutable même, el ne doit pas s'essayer à la légère.
Mais, messieurs, est-il vrai que la revision soit un caprice? Est-il exact qu'elle ne soit, aux yeux d'un grand nombre de députés, qu'un calcul électoral? Est-il vrai, enfin, que le pays y soit réellement étranger?
Peut-on nous montrer son indifférence, à l'heure présente, nous prouver que son adhésion d'il y a deux ans, était peu