‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 2)Chapitre 67 sur 72 · V. VOfficiel du 9 décembre · texte numérisé non relu

V. VOfficiel du 9 décembre

in DISCOUUS DE JULES FERRY.

entière, y compris M. Lockroy. Puis, M. Wallon contesta Topportunité de la revision, déplora l'abandon à tous les basards de l'organisation du Sénat, retranchée du domaine conslitulionnel, gémit sur la suppression des inamovibles, qu'il qualifia de «faute capitale »; affirma ses préférences pour le système de la représentation égale des communes, sans distinction de petites ou de grandes, et termina en accusant le président du Conseil « d'être venu prêcher à la tribune du Sénat la théorie de l'abaissement, de la subordination du Sénat ».

Ainsi mis en cause, M. Jules Ferry demanda la parole et fit à M. Wallon la réponse qui suit * :

Discours du 8 décembre 1884, an Sénat.

M. JuLKS Ferry, président du conseil^ minisire des affaires étrangères. — Messieurs, je prie le Sénat de croire que je ne monte à la tribune que pour dire deux mois. Mais il m'est impossible de ne pas faire pour riionorable M. Wallon Tacle qu'il attend de moi, et qui sera, s'il le veut bien, une explication et une réparation.

Si l'honorable M. Wallon a pris pour lui Texpression « d'ennemis implacables de la République » que j'ai prononcée samedi, il s'est profondément trompé sur ma pensée, sur Testime que m'inspire son caractère et sur la reconnaissance que je lui garde, comme républicain, du grand service qu'il nous a rendu en 1875. (Très bien ! à gauche.)

Ce grand service,, aucun dissentiment, si profond qu'il soit, ne me le fera oublier, et — je crois pouvoir le dire -- ne le fera oublier au parti républicain dans ce pays-ci. {Marques très vives d'approbation sur les mêmes bancs.)

J'ai encore une seconde observation à faire, et c'est une simple explication, une protestation que j'aurais peut-élre dû porter dès samedi à la tribune. L'honorable M. Wallon prétend que la conception politique du rôle du Sénat que j'ai exposée à la dernière séance aboutit à l'abaissement de cette assemblée, et que je veux un Sénat subordonné à l'autre Chambre.

Messieurs, il me semble que, devant une assemblée composée d'hommes aussi éminents, aussi versés dans la politique {humeurs ironiques à droite), les nuances du langage ont leur prix,

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