V. VOfficiel du 10 décembre
la Chambre qui, d'après ses propres déclarations, devait cependant donner la direction ; et constata que TAssemblée du Luxembourg n'avait repoussé le suffrage universel qu'à une dizaine de voix, sans scrutin public. Si la Chambre confirmait son premier vote, on pouvait croire que le suffrage universel triompherait aisément lorsque la loi serait reportée au Sénat. En se déjugeant, les députés porteraient une grave atteinte à leur autorité. Enfin, suivant l'orateur, le texte du Sénat, abandonnant le principe de Tunité électorale, ne réalisait pas la règle de la proportionnalité des représentants aux représentés. A l'en croire, l'intérêt supérieur de la République se trouvait en contradiction avec l'intérêt des ministres. M. Jules Ferry* répondit dans les termes suivants à M. Floquet :
M. Jules Fbbby, président du conseil^ ministre des affaires étrangères. — Messieurs, je ne puis, sans protestation, laisser dire, comme vient de le faire l'honorable M. Floquet, en terminant son éloquente harangue, que la question qui se débat ici se pose entre une personnalité et le suffrage universel. Toutes les questions seront clairement posées ; vous aurez à vous prononcer sur chacune d'elles, et nous ne fuirons aujourd'hui, pas plus qu'à aucune autre époque, aucune responsabilité.
M. HippoLTTE Maze. — Très bien! (Rires à droite, — Exclamations à l'extrême-gauche.)
M. Clemenceau. — C'est le secours mutuel !
M. LE Président du conseil. — Mais, s'il est injuste de prétendre qu'à aucun moment, et de quelque personne qu'il s'agisse, la question puisse se poser entre un cabinet et le suffrage universel, je ne puis pas laisser dire davantage que la question se pose ici entre le suffrage universel et le suffrage restreint. {Inten'uptlons à r extrême-gauche et à droite. — Très bien/ très bien! au centre.)
Il y a là une thèse radicalement fausse, un abus de mots et de fonnules dont je ne saurais laisser le bénéfice à nos adversaires. {Très bien! très bien! au centre.) On parle du suffrage restreint, ou, comme on l'a dit à la tribune de l'autre Chambre, de je ne sais quelle oligarchie, je ne sais quelle forme du pays légal ! Mais à quelle institution s'appliquent donc ces mots d'un autre temps? A l'ensemble des conseils municipaux de France, messieurs, c'est-à-dire aux véritables assemblées primaires de la