‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 3)Chapitre 20 sur 108 · V. plus haut, t. V, p · texte numérisé non relu

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proposilion de revision déposée en 4887 par M. Michelin. Aassilôt, tous les auteurs ou les protagonistes de projets concurrents : MM. Joiibois, Baudry d'Asson, Andrieux, Clemenceau d*agiter aussi leurs petits papiers pour menacer la Constitution. M. Tirard s'opposa nettement à la prise en considération de ces propositions dangereuses, destinées à jeter bas l'édifice constitutionnel que les boulangistes attaquaient par des procédés extra-parlementaires. Mais le président du Conseil fut battu et 268 voix (dont i36 appartenaient à la droite et 132 aux groupes radicaux) prononcèrent Furgence. 231 républicains et 6 membres de la droite formaient la minorité.

Ce coup de théâtre n'était imprévu que pour les esprits superficiels. En réalité, les boulnngistes préparaient depuis longtemps une campagne contre tous les pouvoirs publics, et les radicaux poussaient, de leur côté, à la chute du ministère, parce que le président de la Chambre, M. Floquet, était considéré par ces grands politiciens comme Thomme populaire et fort qui accomplirait les vraies réformes et rendrait tout son prestige à la République menacée. On se bornera ici à marquer brièvement les difTérentes étapes de l'agitation boulangiste, qui restera dans notre histoire comme une crise aussi dangereuse qu'éphémère, et qui n'avorta que grâce à Ténergie d'un petit groupe de politiques patriotes, dont Jules Ferry peut à bon droit passer pour l'inspirateur et le chef.

Dans le courant de février 1888, alors que le général Boulanger exerçait le commandement du 13* corps d'armée, à Clermonl-Ferrand, M. Georges Thiébaud, ancien candidat réactionnaire dans les Ardeniies et journaliste bonapartiste, avait fait largement distribuer, à l'aide de fonds mystérieux, dans les départements où devaient avoir lieu des élections partielles, des affiches invitant les électeurs à voter pour le géiu'^ral Boulanger, d'ailleurs inéligible, afin de faire une manifestation qualifiée de « concentration nationale ». Cette propagande eut des résultats appréciables, car le général obtint, aux élections du 26 février, dans cinq départements, des minorités variant de 4000 à 12000 voix. 11 avait déclaré au ministre de la guerre, par lettre du 23 février, qu'il était « absolument étranger à ce qui se passait relativement à l'élection législative du dimanche suivant ». Le 3 mars, il réitérait au ministre l'assurance qu'il « avait le désir formel de se consacrer exclusivement à ses devoirs militaires ». Mais, malgré un refus exprès d'autorisation ministérielle, il était venu par (rois fois à Paris, les 4 février, 2 et 10 mars, sous des déguisements bizarres, portant des lunettes bleues et affectant de boiter >►. Le 14 mars, sur un rapport du général Logerot, il fut mis, à raison de ces faits d'indiscipline, dans la position de nonactivité par retrait d'emploi. La Cocarde, le nouvel organe boulangiste, qualifia cette mesure de « crime de lèse-patrie », et traita les membres du Gouvernement « de lAclies et de traîtres ». Les journaux intransigeants firent chorus, et MM. Laguerre, Laisant, Laur, Henri Rochefort, Le Hérissé posèrent la candidature du général pour les

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