‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 3)Chapitre 27 sur 108 · V. VOrficiel du 10 mars · texte numérisé non relu

V. VOrficiel du 10 mars

2. Nous pouvons d'autant mieux garantir l'exactitude de ce fait que la pétition en qu(>stion a été rédigée par l'auteur de ces lignes, membre du Comité de Henri IV, et présentée par M* Léon Cléry, Téminent avocat, alors président de l'association dont il s'agit (P. B.).

déterminera le mode de procéder pour raccusation, rinstmction et le jugement. » En mars 1889, le Sénat s*occupa de rédiger cette loi. En première lecture, on s'était surtout efforcé de reconstituer les précédents.

Le président du Sénat était chargé du rôle de magistrat instructeur, puis le Sénat tout entier intervenait comme chambre de mise en accusation, et rendait, après avoir entendu l'accusation et la défense, un verdict en chambre du Conseil, par voie de votes individuels, précédés de discours. M. Léveillé critiqua, dans plusieurs articles du Temps, cette procédure surannée, et, en seconde délibération (25 et 28 mars 1889) le Sénat adopta un système plus simple qui conflait l'instruction à une commission de neuf sénateurs, chargés de prononcer sur la mise en accusation, puis de faire fonction de chambre d'accusation. Le jugement devait être rendu après des débats publics et discussion en chambre du conseil. Le président de la République nommerait le magistrat chargé des fonctions de procureur général, avec l'assistance d'avocats généraux, et les dispositions du Gode d'instruction criminelle non contraires à la présente loi seraient appliquées, s'il n'en était autrement ordonné, par le Sénat. La loi fut adoptée par le Sénat le 29 mars, et par la Chambre le 9 avril suivant. Elle fut promulguée le 10 avril. On était maintenant armé contre l'ex-général.

Faite du général Boulanger.

Mais déjà ce soldat fanfaron avait mis la frontière entre sa personnalité encombrante et la vindicte publique. Le 1" avril, dès la nomination de M. Quesnay de Baurepaire au poste de procureur général, en remplacement de M. Bouchez, révoqué pour avoir refusé de signer la demande en autorisation de poursuites, M. Boulanger avait pris la fuite et s'était réfugié à Bruxelles, laissant ses complices stupéfaits d'une telle couardise. Il écrivit, le lendemain, une lettre embarrassée, dans laquelle il déclinait la juridiction du Sénat, et promettait d'attendre à l'étranger que « les élections générales aient enfin constitué la République habitable, honnête et libre. » Le 4 avril, la Chambre fut saisie par le procureur général d'une demande en autorisation de poursuites contre M. Boulanger, sous l'inculpation de complot, d'actes d'exécution et de tentatives constituant l'attentat prévu par les articles 87, 88 et 89 du Code pénal. L'autorisation fut votée par 333 voix contre 199. Le Sénat fut convoqué le 8 en Haute-Cour de justice pour le 12 du même mois.

Discours à rAssociation répoblicaine, du 11 avril 1889.

C'est dans dans ces circonstances que M. Jules Ferry crut nécessaire de prononcer des paroles énergiques et fortifiantes, à l'assemblée générale de l'Association républicaine, qui l'avait choisi

pour président. Dans celte belle harangue, il constata éloquemment le réveil du parti modéré, et insista sur la nécessité d'avoir un gouvernement fort et une majorité disciplinée. M. Jules Ferry, dont l'élection avait été salaée par une triple salve d'applaudissements, rendit d'abord hommage au président sortant, M. Rouvier*.

Mbssieubs,

Je reçois ces marques de sympathie avec une grande reconnaissance. Vous ratifiez ainsi le choix que notre conseil général a fait de ma personne en m'appelant à succéder à rhonorable M. Rouvier.

Je vous suis très reconnaissant de ce plébiscite (On n/) et, en prenant possession des fonctions que vous me confirmez d'une manière si éclatante et si touchante à la fois, j'ai un premier devoir à remplir, qui répond à un sentiment que vous devez éprouver tous, comme à un vœu de mon propre cœur.

Je vous prie, messieurs, de me permettre, au nom de FAssociation nationale républicaine, de transmettre à l'homme éminent que je remplace ici, à mon honorable prédécesseur M. Rouvier, les remerciements de TAssociation. {Asseniimenl unanime. — Applaudissements,]

M. Rouvier a rempli ses fonctions de président avec une haute distinction, avec une grande fermeté d'esprit. Il lui a été donné d*en fixer les principes et la doctrine dans un discours qui est resté dans nos mémoires. Nos sympathies, notre gratitude et notre attachement le suivent et raccompagnent en ce poste d'honneur et de péril où brillent, àcette heure, ses rares qualités de financier et d'homme politique {Applaudissements), et, pardessus tout, cette qualité maîtresse de tout homme d'État : le courage contre les factions. ( Vifs applaudissements.)

Puis, après la lecture du compte rendu des travaux de l'Association par M. Georges Villain, secrétaire, l'exposé financier de M.Paul Melon et la nomination des membres du conseil général, M. Jules Ferry reprit la parole et prononça le discours qui suit :

Messieurs,

Il est bien clair, par la lecture du rapport que nous venons d'entendre, que notre association fait plus de besogne utile et

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