‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 3)Chapitre 44 sur 108 · DISCOURS DE VICDE-BIGORRE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE VICDE-BIGORRE

Nous réservons Téloge de Ténot pour le faire figurer à côté des autres éloges d'hommes connus ou célèbres que l'ancien président du Conseil prononça à ditfé rentes époques; mais le discours politique que M. Jules Ferry fit entendre, dans la soirée du 19 avril, au banquet de Vic-de-Bigon-e, qui suivit l'inauguration du monument de Ténot, trouve ici sa place naturelle, parce qu'il se rattache à l'évolution des idées du parti modéré en 1891, et parce qu'il caractérise l'attitude de M. Jules Ferry vis-à-vis de ceux qu'on appelait les ralliés. Voici ce discours* :

Messieurs,

Je ne me suis pas mépris un seul instant sur le caraclère de Tincident qui a failli tout à l'heure nous réduire au silence : c'est une manifestation sympathique, malgré son caractère bruyant, et que j'enregistre dans ma reconnaissance, à côté de toutes celles dont je suis ici Tobjet. C'était une invasion bienveillante d'amis trop nombreux, même pour le grand local dans lequel nous sommes reçus, et qui me faisaient le grand honneur de vouloir entendre, comme ils disaient, « le discours » . Eh bien ! mes amis, il ne faudrait pas non plus vous méprendre sur le caractère et retendue du « discours », qui apporte ici des sentiments de reconnaissance profonde, de fraternité du fond du cœur, des souvenirs communs, qui se sont rechauffés dans le petit village de Larreule. {Applaudissements.)

Je constate ici combien la politique que j'ai soutenue, les idées pour lesquelles j'ai souffert ont pris racine, aux extrémités mômes de la France, dans des populations avec lesquelles je n'ai jamais eu aucun lien personnel ; combien elles sont fortes dans un département qui n'est pas tout à fait conquis, mais que vous conquerrez entièrement et définitivement avant peu, j'en suis sûr. Il est à vous déjà, sauf quelques défaillances qu'on réparera, quelques faiblesses que vous saurez racheter, quelques taches qu'il faudra bien effacer de la carte politique du Sud-Ouest. {Applaudissements,)

Oui, ce département, il est en marche continue, lente, mais sûre, vers la pleine adhésion, vers la pleine conquête des travailleurs des campagnes à la politique républicaine. {Applaudissements,)

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