V. L'Estafette du 23 avril
J. Pbrbt, Discourt, Vll. 1 5
A quoi devez-vous cette marche en avant, cet incessant progrès? M. le maire le disail tout à Theure, dans un discours où il a bien voulu placer quelques idées empruntées à mon dernier discours à TÉlysée-Montmartre ; il insistait sur cette phrase d'union qui est la principale idée directrice du moment politique dans lequel nous sommes. Les moments politiques, messieurs, varient incessamment : la politique n'est pas une théorie et une thèse qu'on promène de ville en ville, sous forme d'un programme de gouvernement. Quand j'eus parlé à lÉlysée-Montmartre, le lendemain, à ma grande surprise, je vis que certains journaux de gauche et de droite me reprochaient de n'avoir pas fait un programme de gouvernement, rjals, messieurs, je ne suis pas non plus ici pour faire un programme de gouvernement! Je ne remplace ici, et je n'aspire à remplacer aucune espèce de gouvernement. Il me suffit de me conduire moi-même d'abord {Rires)... et de constater qu'il y a, dans un département conmie celui-ci, des républicains qui savent admirablement se gouverner eux-mêmes {Rires), qui ne donnent pas dans les aventures, qui ne se laissent pas prendre au premier panache qui passe, qui réfléchissent avant d'agir, avant de voter ; un parti républicain bien organisé, un vrai parti républicain selon mon cœur.
Le maire de Vie définissait la première condition de ce parti : la fusion des nuances, des divergences, de ce qu'on appelle les groupes. Et, messieurs, cette union est élémentaire autant qu'indispensable. Nous n'avons rien fait que par elle et, quand nous l'avons abandonnée, les uns ou les autres, nous nous sommes fait battre les uns et les autres. {Approbation.)
J'ai dit, dans ce discours que vouliez bien rappeler tout à l'heure, pour quelles raisons elle me paraissait plus solide au moment où nous sommes qu'à d'autres instants de notre existence politique. C'est que, disais-je, il semble que ceux qui se lassaient facilement de marquer le pas, ceux qui se flattaient de jouer incessamment le rôle d'avant-garde, et non pas seulement, malheureusement, d'une avant-garde qui prend les devants pour tirer sur l'ennemi, mais d'une avant-garde qui, parfois, tirait sur le corps de bataille... {Applaudissements)... il me semblait que ces hommes avaient appris quelque chose à l'école de nos récentes épreuves; et que ceux qu'on appelait les