LA DERNIÈRE ALLOCUTION
ce« adresses, parmi tous ces télégrammes émus et vengeurs, nous n*en citerons qu*un, celai des ouvriers des usinesdela Courbe : « Les soussignés croient devoir, après l*éclataiit succès qui vient de placer notre conseiller général à la présidence du Sénat, exprimer leur plus vive reconnaissance à ce grand citoyen qui a déjà tant fait pour la France. Comme Vosgiens, ils sont doublement heureux de voir qu*on rend enfin justice à ce grand homme d'Étal, victime pendant trop longtemps d'intrigues inqualifiabJes. Ils rassurent de leur entière confiance et de leur profond amour de la République. » Ce modeste liommage dut loucher profondément le cœur d*un vrai démocrate qui n*avait jamais flatté le peuple, qui n'avait jamais fait parade d'un socialisme chimérique ou violent, mais qui avait consacré sa vie à relever les humbles, à leur prodiguer l'instruction, à élever leur niveau moral et à faire leur éducation politique.
C'est au moment où la destinée de Jules Ferry prenait une face Houvelle, où sa présence à la tète du Sénat assurait au parti républicain une direction et un chef, que le grand citoyen fut soudain terrassé par la mort stupide et tomba dans une apothéose !
La dernière allocation à l'Association républicaine.
. Le mercredi 15 mars 1893, M. Jules Ferry, à raison de son élection à la présidence du Sénat, avait convoqué l'Association nationale républicaine, dont il était président depuis quatre ans, pour permettre à l'Association de lui donner un successeur et de réorganiser ses cadres*.
Il prononça une allocution familière, que ses amis entendirent avec émotion, et que le Temps a résumée ainsi qu'il suit :
« Messieurs,
n Le comité directeur et le conseil général de rAssocialion nationale républicaine ont résolu de vous remettre leurs pouvoirs afin de vous permettre de procéder à une reconstitution qui donne une vie nouvelle à F Association. Ils ont pensé notamment que le conseil général, tout en comprenant un grand nombre de membres, était trop spécialement recruté à Paris, et que le pays républicain doit y être largement représenté. Quant au président, sa décision est définitive. Il ne peut faire marcher de front la présidence du Sénat et celle de FAssociation. Mais il reste d'esprit et de cœur avec vous. Les idées qu*il a propagées, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune,