‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 4)Chapitre 17 sur 60 · Journal officiel du 16 juillet · texte numérisé non relu

Journal officiel du 16 juillet

l'intérieur et autre représentant du parti bonapartiste, donna la sienne le 19 juillet, et fut remplacé par le général de Chabaud- La Tour, tandis que M. Mathieu-Bodet prenait le portefeuille des finances, abandonné par M. Magne. An fond, l'influence de .M. de Broglie planait toujours sur le cabinet dont il venait de refuser de faire partie, et elle eut assez de foire pour déterminer le Gouvernement à combattre par une déclaration écrite la proposition Périer, qui fut rejetée, le 23 juillet, par 374 voix contre 333, malgré un vigoureux discours de M. Dufaure.

Demande de dissolution.

Le centre gauche riposta par une demande de dissolution déposée par M. de Malleville, son président, et signée de 300 députés; mais, par une faible majorité de 29 suffrages, l'Assemblée refusa de prononcer l'urgence sur cette motion1. Le lendemain 24 juillet, l'ordre du jour appela la discussion du projet Ventavon, et la Commission des Trente promit de déposer à la fin de la semaine le projet complet des lois constitutionnelles. Mais la majorité n'avait, au fond, nul désir de sortir du provisoire, qui laissait le champ libre à toutes les intrigues : elle prononça l'ajournement des lois orgar niques après les vacances parlementaires que beaucoup de députés voulaient prolonger jusqu'au 5 janvier 1875.

Il y eut dans le pays, à la suite de ces incidents parlementaires, un vif mouvement de réprobation contre une majorité qui semblait vouloir s'éterniser sans jeter les bases d'un gouvernement définitif. Les vœux de l'opinion publique se traduisirent à la tribune. Dans la séance du 28 juillet2, la vingt-neuvième commission d'initiative parlementaire présenta un rapport qui concluait à la prise en considération de la proposition de M. Raoul Duval tendant à fixer au 25 octobre suivant les élections générales. Cette proposition remontait au 9 juillet, et la discussion n'en avait été ajournée que par suite du message du Maréchal, qui réclamait le vote des institutions promises par la loi du 20 novembre 1873; mais le vote du 24 juillet rendait la proposition Raoul Duval plus opportune que jamais, en présence de l'impuissance ou de la mauvaise volonté de la droite. Le lendemain, l'Assemblée discuta les demandes de dissolution, et M. Raoul Duval les soutint avec talent. Il démontra que L'Assemblée n'avait pas le droit « de faire attendre la France à la porte de son bon plaisir ». M. Depeyre répondit que l'organisation du septennat se ferait sans difficulté à la session suivante. La dissolution fut rejetéc à la majorité de 32 voix, grâce aux sutfrages des membres de la droite en congé qui avaient été rappelés d'urgence.

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