V. t. I, p. 392 et suivantes
d'espérer qu'il rendit hommage au courage, à l'activité et au patriotisme de l'ancien maire de Paris pendant l'année terrible. Au vrai, la droite ne pouvait pas se montrer équitable pour un terme républicain qui s'attachait à déjouer les complots tendant à offrir une couronne au comte de Chambord. A l'Assemblée nationale, M. Jules Ferry, — que le département des Vosges avait, nommé député, puis conseiller général pour le canton du Tillot (8 octobre 1871), — vota contre l'abrogation des lois d'exil, contre la pétition des évêques pour le retour de l'Assemblée à Paris, contre le maintien des traités de commerce, contre la proposition Feray, etc.
Il fut un moment question de lui pour le poste d'ambassadeur aux États-Unis, puis un décret du 12 mai 1872 le nomma « ministre plénipotentiaire prés Sa Majesté le roi des Hellènes1». L'ancien député de l'opposition et le futur ministre des affaires étrangères de la République française révéla, dans cette courte mission en Grèce, des qualités diplomatiques de premier ordre. Il donna un dénouement à la fastidieuse question des mines du Laurium qui, depuis huit ans. divisait les gouvernements français, italien et hellénique. Ce différend ressemblait à une énigme : le public n'y comprenait rien; en Grèce, des ministres éphémères et sans autorité ne savaient comment sortir d'une impasse conduisant tout droit à une rupture diplomatique. M. Thiers et M. de Rémusat étaient sur le point de se désintéresser complètement d'un litige inextricable. Jules Ferry sut provoquer un mouvement d'opinion qui détermina le Gouvernement grec à en finir; des banquiers vinrent avec une douzaine de millions et passèrent enfin un contrat définitif, sans clause résolutoire et garanti par les plus grandes maisons de Constanlinople. Comme il y avait des actions et des primes dans l'air, comme tout le monde, en Grèce, espérait s'enrichir, l'affaire s'arrangea avec une facilité inespérée, et notre ministre célébra cette heureuse solution par un bal superbe qui enchanta les belles Grecques et rendit Jules Ferry aussi populaire auprès d'elles qu'il l'était déjà auprès des descendants d'Alcibiade.
Le Gouvernement de M. Thiers félicita chaudement Jules Ferry de son succès diplomatique. Après une dépêche person-