Journal officiel du 14 mai
sur les élections des sénateurs qui, par l'ensemble de leurs dispositions, donnaient à la gauche des satisfactions suffisantes. Aussi, la présentation de ces lois, qui mettaient fin aux espérances des adversaires du régime républicain, et leur renvoi à une commission spéciale entraînèrent-ils la démission collective de la Commission des Trente et la dislocation irrémédiable du centre droit. Une nouvelle Commission des Trente, où la gauche comptait vingt-cinq représentants, fut chargée de terminer l'étude des lois constitutionnelles ou organiques, et elle siégea sans désemparer.
Reprise des discussions sur l'enseignement supérieur.
Après le vole de quelques lois plus ou moins importantes, telle que la loi sur les prisons départementales (5 juin), l'Assemblée, animée d'une ardeur nouvelle, reprit la discussion, en deuxième délibération, de la grande loi sur la liberté de l'enseignement supérieur qui sommeillait depuis six mois. Elle dura trois semaines et présenta le plus vif intérêt, car il s'agissait de savoir, au fond, si l'Université de France serait dépouillée du monopole de l'enseignement supérieur, et si l'Église catholique serait admise au partage.
M. Jules Ferry qui, très politiquement, s'était tenu à l'écart des combinaisons parlementaires que nous venons de rappeler avec une certaine précision, à raison de leur importance, et avait laissé aux chefs du centre gauche le soin de rallier une majorité timide autour de l'édifice constitutionnel, rentra en scène avec éclat pour défendre l'État contre les empiétements du parti clérical, favorisés par les illusions des libéraux.
On a dit plus haut que, pour rendre impossible la création de cours isolés, M. Fournier et quelques-uns de ses collègues de la droite avaient obtenu, dans la séance du 22 décembre 1874, le renvoi à la commission d'un amendement qui n'admettait au droit d'enseigner les établissements libres que s'ils comprenaient au moins une faculté ayant le même nombre de chaires que l'une des facultés similaires de l'Etat.
Le 5 juin 1875 l, au début de la réouverture des débats sur la loi relative à l'enseignement supérieur, M. Laboulaye prononça un très remarquable plaidoyer en faveur de la liberté des conférences des cours. Il constata d'abord que presque tout le monde était d'accord pour établir la liberté d'enseignement, mais que, « dans tous les partis, il y a des façons différentes de comprendre ce mot de liberté d'enseignement supérieur ». Ainsi, disait-il, « pour beaucoup de membres de cette Assemblée, la liberté de l'enseignement supérieur, c'est le droit de fonder des facultés et de faire concurrence à celles de l'État. » Ce système n'est autre que le le système belge. 11 y a ensuite le système allemand. « C'est le