‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 4)Chapitre 36 sur 60 · V. la République française du 27 octobre · texte numérisé non relu

V. la République française du 27 octobre

un scrutin de liste réduit ;'i cinq noms, fui repoussé par t88 voix contre :!<»->. Le 30 novembre1 l'ensemble delà loi électorale fui définitivement adopté.

Il ne restai! plus qu'à nommer les 75 sénateurs inamovibles. La gauche eûl voulu attribuera chaque groupe un nombre de sénateurs proportionnel à son importance numérique, mais la prétention émise par le centre droil d'exclure l'extrême gauche provoqua une rupture. La liste de droite paraissait devoir l'emporter ; mais le premier scrutin, qui eul lieu le 8 décembre, ne donna la majorité qu'à M. d'Audiffret-Pasquier qui Qgurail sur les deux listes, et à M. Martel, de la gauche. La combinaison arrêtée, dans la nuit du 9 au 10, chez M. .lu 1rs Simon, l'accord des gauches avec le petil groupe de quinze députés légitimistes, eurent pour résultai d'achever la défaite de la liste des droites qui n'obtint, dans 1rs scrutins des 10, l I, 13, 14 el l.'i décembre, que trois situes d'inamovibles sur "n n nui i nations. Les cinq dernières nominations furent celles du général de Cissey, de MM. Wallon. Dupanloup, amiral de Montaignacet de Malleville. Ces élections de sénateurs furent terminées le 2i décembre.

Elles achevaient la dislocation de l'ancienne majorité du l\ mai et l'écrasement du centre droit. Le vice-président du Conseil luimême, qui avait dû décliner une candidature d'inamovible pour ne pas s'exposer à un échec certain, se sentait diminué et affaibli. Il essaya de prendre sa revanche lors de la discussion de la loi sur la presse et l'état de siège, qui commença le 24 décembre et fut achevée le 29; mais, au cours de ces délibérations où le chef du cabinet découvrit le chef du pouvoir exécutif et affirma « qu'il ne se résignerai! jamais à devenir le jouet des factions et des passions radicales», les dissidences qui séparaient M. Dufaure de M. Buffet, cantonné dans son culte pour l'Union conservatrice qui ne pouvait servir de base qu'à une politique négative, éclatèrent dans tout leur jour. La loi sur la presse fut néanmoins votée, avec le tempérament proposé par M.deJanzé qui ne laissait pas à l'administration le droit d'interdire aux journaux la vente sur la voie publique; et l'état de siège fut levé dans tous les départements, sauf dans ceux de la Seine, du Rhône, des Bouches-du-Rhône et de Seine-et-Oise.

L'Assemblée nationale se sépara le 31 décembre 1875, après avoir fixé les élections des délégués sénatoriaux au 16 janvier 1876, les élections des sénateurs au 30 du même mois, et les élections des députés au 20 février 1876. Ainsi finit cette Assemblée qui, après avoir renversé M. Thiers, s'était épuisée en tentatives impuissantes pour restaurer la monarchie, et avait finalement consenti à voter une constitution républicaine, en cédant malgré elle à la force des choses et à la pression de l'opinion publique.

M. .Iules Ferry, dans cette période de transition, avait réservé toute son énergie pour plaider la grande cause des droits de l'Etat

Page 1