‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 5)Chapitre 29 sur 66 · I. Séance du 16 juin. Joui-nal officiel du · texte numérisé non relu

I. Séance du 16 juin. Joui-nal officiel du

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ISfi DISCOURS DE JULES FERRY.

comme la plus mauvaise deloiites, comme Ift plus propre à «léprimer le niveau Jes études et des examens'. Mais H. Laboulaye' put se convaincre de la faute commise par lui en ne luttant pas avec MM. Jules Ferry el Jules Simon pour le maintien de ces droiU de rpltatqui lui paraissaient maintenant misenpcril.Quantau ministre de l'instruction publique, l'honorable H. Wallon, il s'était fait l'auxiliaire embarrassé de M. Dupanlotip et s'eFTaçait modeslemcnt derrière le bouillant prélat. Celle altitude du ministre favorisa le succèn de l'amendement Paris, qui fut adopté par 3S6 vois contre 321 *. I.e parti clérical venait de remporter une victoire dont les conséquences ne pouvaient manquer d'apparaître à bref délai^. Bn voulant mettre la main sur la haute cullure de la jeunesse et opposer un enseignement religieui h l'enseignement purement scientifique de l'L'niversité, l'Église prenait l'iniliative d'une lulle qu'il eût dépendu d'elle d'éviter, et cça premiers empiétements n'allaient pas larder à s'étendre sur le terrain politique. I.'oripine du coiitlit qui divise encore les Français en deux campa n'est pas ailleurs que dans celte loi de 1875 sur la liberté de l'enseignement supérieur.

Dtseonn maçoimiqoM.

Après le grand efTort qu'il avait dû faire dans celle discussion mémorable, Jules Ferry avait quelque droit de se renfermer dans le rôle d'observateur el de témoin, en laissant se dérouler les conséquences des entreprises cléricales. Ses coreligionnaires politiques lui avaient témoigné leur estime en le nommant président de la gaucbc républicaine. C'est le momentaussi où il fut reçu, avec Litlré, à la loge de la Clémente- AmiiU, el si nous donnons ce détail, c'est qu'on an plus tard, le 9 juillet 1878, cette loge maçonnique fêta solennellement, au firand-Orient de France, l'anniversaire de la réception de deux grands hommes, eu présence de 750 maçons el

1. Je regrette intlnimcnl du dire, conclut M. Laboutaj^e, que cet amendement est le plus mauvais de ceux qu'on a présentés, el que c'est celui qu'on peut le moins accepter, si l'on a quelque souci de l'intérêt des éludes et du droit de l'État. •

S. La loi fut votée en troisième lecture le 13 juillet 1875 'J. 0. du 13).

H. Dès le 19 juillet, dans une lettre adressée à M. Dupnnioup. le Pape exprimait cette Ihéoric f qu'il répugne au\ éternelles lois de la justice et de la saine raison qu'on mellc au niéme rang le vrai el le faux, et qu'on reconnaisse à l'un Cl à l'autre les mêmes droits ».

L'Viiicn [If du 17 aoUt} avouait que le but final était non seulement de justifier l'enseignement catholique, mais de l'imposer ft l'Éiat. " Elle proposait " d'effacer de la langue française cet atlreux barbarisme : • Université de France '■.

' La Semaine religieuse d'Ariia demandait le rétablissemenl des ordres privilégiés et ta suppression du niiiringe civil (V. le Temps du U octobre); i'ëvéque de Versailles, dans un mandement, reproduisait l'inlransigeance du Syltabus.

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L'ASSEMBLÉE NATIONÀLK. 187

de beaucoup de sénateurs et de députés, parmi lesquels nous citerons Crémieux, Schœlcher, Valenlin, Andrieui, Dréo, Laisnnt, Lavergne, de Mahy, Nadaud'.

A la suite de l'audition d'un discours de Littré, qui a pour titre : Du devoir d« i'iKimme envers lui-même et envers ses semblables, et qui n'est que le développement de ce texte : Instrvisons-nous et insli-uisoru fcs autres, Wyrouboff, l'araî et le collaborateur de Littré, lut, à son tour, une élude très vigoureuse sur l'état de l'enseignement en France, étude dont il, n'est pas inutile de citer ici quelques fragments, parce que la loi de 1875 y est très justement caractérisée dans ses origines et dans ses premiers effets ;

Nous vivons présentement sous le régime d'une loi nouvelle, qui est destinée, si les événements marchent d'une façon normale, à faire époque dans l'histoire du développement de l'instruction publique. L'Assemblée de 1871, après avoir enlevé h la France tant de libertés, a cru devoir lui octroyer la liberté de l'enseignement supérieur. Cette liberté n'est pas une invention bien nouvelle; l'empire agonisant, à bout de ressources intellectuelles surtout, y avait songé iin jour. Au moment où l'opinion publique, de plus eu plus lasse d'un régime qui devenait intolérable, demandait obstinément toutes les libertés, et où l'on cherchait les moyens de donner celles qui pouvaient être inoUensîves ou nuisibles, sauf à prohiber plus sévèrement celles qui auraient pu être utiles, noua avons entendu prononcer daus les spliëres gouvernementales le mot de liberté de l'enseignement supérieur.

A ce propos, permettei-moi de vous citer une page que j'appellerai volontiers une page d'archéologie, tant l'époque qu'elle me rappelle, et qui est séparée de nous par de graves événements, me parait ancienne et oubliée.

u La liberté de l'enseignement qu'on demande de toutes parts, " — j'écrivais cela en 1867, — n'est pas demandée pour la minorité « intelligente; cette miuorilé n'en a pas besoin, puisqu'elle s'est H affranchie malgré l'enseignement officiel, malgré même l'ensei- » gnement catholique, plus logique, plus despotique que l'eiiseigue- « ment officiel; elle est demandée pour la majorité, qui n'a pas et H ne peut avoir d'iuitiative. qui n'a 'que la force de suivre le mouve- « ment, lorsque le mouvement est une fois commencé. Il faut donc H nécessairement que ta majorité puisse comprendre la liberté, telle u que l'entend la minorité, il faut qu'elle puisse en user pour son V propre bien, pour son émancipation intellectuelle, en un mot, H dans le sens de ce mou veinent que l'Europe occidenlale a inauguré « depuis la Révolution française. Si c'est pour l'edevenir catholique, M pour retourner au moyen âge, qu'on demande la suppression des

1. Loge française et écossaise de la Climenle-Amitié. Fête anniversaire de la réception du F.v Littré. Brochure de la Société franc-maçonnique. Parie, 1676, 111 p. in-ia.

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« universités et la créatioa des écoles libres, nous, qui voulons nous « éloigner autant qu'il est possible du passé, nous n'avons rien << à voir à cette liberté; nous devons même lui préférer un élal de « choses qui n'est certes pas bon, mais enfin où la puissance Ihéo- " logique est singulièrement limitée.

<• Voyez le fait : en France, dans un pays oli le régime catholique ic est sapé depuis longtemps, oCi il y a tant d'indjlférents et de [< sceptiques, qui demande i (grands cris la liberté de l'enseigne- <[ ment? qui se plaint de l'inlolérancc et des persécutions? Lecler(;é <i et les catholiques d'abord, les libres-penseurs ensuite; deux partis « (|u'on s'étunue de voir s'accorder sur une aussi grave question. i< Les uns comme les autres veuleut tourner la liberté à leur profil, <t les uns comme les autres croient s'en faire une arme puissante << pour terrasser leurs adversaires. Il y a évidemment là un malen- 11 tendu; dans la lutte, il ne peut pas y avoir deux vainqueurs ou » deuK vaincus ; il faut bien que, d'une part ou de l'autre, règne 11 l'illusion, et on comprend combien c'est important de se rendre 11 compte de la situation. L'erreur serait ici funeste, d'autant plus " funeste qu'elle serait irréparable. Y a-l-il accord entre les masses 11 populaires et le parti libéral, voilfi donc la première question " qu'il faut examiner. Hais cette question n'est pas la seule. Si « l'accord existe, les hommes d'initiative ont-ils les moyens matériels " nécessaires pour créer un enseignement complètement libre? H L'exécution pratique d'une réforme sociale n'est pas une petite •I aS'aire, il faut la méditer et la pi-éparer longuement. Le jour où la I' liberté serait proclamée, les plus avisés et les plus habiles pren- « dront le dessus, cela n'est pas douteux, quelles que soient les

i< doclrines qu'ils prêcheront, et la concurrence deviendradifficile

« Autant que quiquece soit,je3ui3adversaire déclarédeTorgani- « salion universitaire que nous avons; je déplore profondément la 1' dangereuse anarchie qui ri'gue dans l'éducation que tous nous B avons reçue, et je n'ni pas de plus grand désir que de voir se •1 modifier radicalement les principes pédagogiques et les pro- 11 grammes en vigueur. Je prétends seulement que le progrès et « l'amélioration ne peuvent se faire par l'initiative de la société 11 tout entière, qu'ils doivent être l'œuvre de quelques individus " asseï éclairés pour en comprendre la nécessité, assez puissants i< pour vaincre la résistance passive d'une immense majorité qui (1 ignore encore de ijucl cûté elle doit marcher. Il faut prendre ici H la coJitre-partie de l'opinion que Proudbon exprimait, dans ses M Contradictiom économiques, sur le travail : il est impossible qu'un •1 enseignement libérai s'organise; il faut l'organiser. Quel que soit II leur respect pour la liherlé el leur horreur pour le despotisme, « tous les partis deviendront despotes, le jour où, renversant leurs " adversaires, ils arriveront ù prendre leur place, et cette conlra- H diction entre les principes et les actes est une preuve manifeste de n rinsufflsance des tliéories individualistes. Je pousserai plus loin

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« encore ma critique : ,J4 dirai que la liberté absolue de l'inslruclion » publique, si, par un décret quelcojkque, elle pouvait être proclamée, « serait nuisible et deviendrait une arme dangereuse entre les mains « du parti qui trouve que nous marchons trop vite dans la voie du « progrès. Etcela n'est pa4 une supposition, une hypothèse gratuite : H on a fait un essai, et nous en pouvons ju^jer les résultats. Voyez CI ce qui se passe en Belgique : l'enseignement y est libre ou à peu Cl prés, ce qui se traduit par ce fait que les universités catholiques c< et spit'itualistes s'emparent de toute la jeunesse, et il n'y a pas « d'université de libres-penseurs.

« Que faire donc pour améliorer l'instruction publique? Je puis u dire sur celte question mon opinion avec une entière franchise, « parce que c'est là une question de l'avenir et non une question n du présent. Actuellement, ni en France, ni dans le reste del'lilurope, n il n'y a pour nous rien à faire qu'à prêcher et b. attendre. Mais ce le jour, toujours en perspective en raison des vicissitudes sociales, •c le jour, où le parti démocratique, auquel je m'honore d'appar- H tenir, triomphera quelque part, que devra-t-il entreprendre pour •I introduire un enseignement libéral? Si je puis lui donner un « conseil, c'est celui de ne pas proclamer la liberté pleine et entière « de l'enseignement, de ne pas se tenir à l'écart dans tout ce qui u touche au domaine de l'instruction publique, à moins que le H monde ne fasse d'ici là un pas immense dans la voie du progrès.

« Pour moi, la liberté de l'enseignement n'est pas un but, c'est « un moyen. Le but, c'est le régime nouveau vers lequel, depuis « des siècles déjà, nous marchons lentement, mais sûrement. »

Vous voyez qu'à cette époque, c'est-à-dire il y a de cela tantôt dix ans, je n'étais pas partisan de la liberté de l'enseignement; j'en prévoyais tes conséquences dangereuses et j'en signalais les mauvais cAtés. Depuis, les choses ont marché ; ce qui n'était qu'une théorie, qu'un projet plus ou moins vague, est devenu un fait accompli; l'expérience, une expérience insuflisante encore il est vrai, mais déjà instructive, a parlé et donné raison à mes déliances. Il y a un an à peine -que la loi nouvelle est promulguée, et vous avez déjà des facultés catholiques à Paris, à Angers, à Lyon ; vous allez en avoir à Lille ; nulle part encore, nous n'avons vu une université, je ne dirai pas libre-penseuse, mais simplement laïque, se fonder à cdté de l'Université de i'Ëtat. La loi a profilé au parti théalo(;ique : elle a donc été nuisible aux progrès de l'esprit moderne, qui est le contraire, qui est l'opposé de l'esprit théologique. Les législateurs de 1875, — j'entends ceux d'entre eux qui étaient nos amis, — ont cru bien faire, je n'en doute pas, mais il est permis de regretter qu'ils n'aient pas vu ces résultats, pourtant si probables, sans soumettre la société à une véritable expérience d'empoisonnemeul par le cléricalisme, qui pouvait être, sinon funeste, — car le savoir moderne ne peut périr dans une pareille lutte, — au moins grandement nuisible à l'équilibre général.

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190 DlSCOtlltS DE JULES FERRT.

Je dis que ces résultats étaient probables, et il m'importe de vous le démontrer, parce que cette démonstration m'amÈnera directement au plan de l'école que j'ai à vous exposer aujourd'hui. En effet, en examinant les choses avec cette maturité et celle impartialité qui doivent caractériser les vrais léf^islateurs, il n'était pas difficile de k convaincre que le parti libéral, pris dans son ensemble, avec ses nombreuses subdivisions et ses nuances variées, depuis le spiritualisme le plus orthodoxe jusqu'au matérialisme le plus radical, était absolument impuissant à Tondef une université. Pour faire une école vraiment supérieure, vraiment ratiounelle, il faut partir d'une doctrine déterminée, d'une idée nette et précise, et quelle idée nouvelle, quels programmes nouveaux qui ne soient déjà dans les facultés de l'État, le parti libéral pouvait-il apporter? Prenez pour exemple l'École de médecine; est-ce que toutes les fractions du parti libéral n'y sont pas représentées? est-ce que vous ne trouvez pas là des professeurs illustres qui appartiennent ù tous les degrés de la liberté de penser, sans qu'on puisse dire qu'une doctrine quelconque domine renseignement? L'Ecole de médecine, — et l'on peut en dire autant de toutes les autres facultés, — est une image fidèle de l'état des esprits dans le parti avancé; on y trouve de tout par un peu : spiritualisme, matérialisme, positivisme, déterminisme 3' vivent cdte à cdte, sans s'aider, il est vrai, et sans se prêter un mutuel concours, mais aussi sans trop se faire la guerre et sans se gêner dans la poursuite du but commun qui est l'enseignement professionnel. « La science, qui n'est ni catholique ni athée, mais qui est la science », suivant l'expression d'un ministre de l'Empire, — tel est sinon en droit, au moins en fait, le mot d'oi'dre qui a été adopté dans les écoles supérieures entretenues par l'État, telle est aussi la devise des libéraux qui veulent la laïcité, c'est-à-direTexclasion du théolo^isme et l'absence de toute doctrine particulière. Dans de pareilles conditions, il est évident que le parti libéral ne peut faire qu'une édition nouvelle des facultés de l'Étal, et encoi-e n'est-ii pas bien sûr que cette édition puisse être suffisamment revue et corrigée, car l'Élat, possédant des re.ssources considérables qu'il lui est tri-s facile d'augmenter, attirera toujours vers lui les hommes les plus marquants et donnera toujours toutes les facilités pour l'étude. Groyez-vousqu'on puisse faire, même à Paris, o£i pourtant les éléments ne manquent pas, une école de médecine ou une faculté des sciences meilleures que celles qui existent, sans changer tout le système de l'enseignement, sans bouleverser les prosjrammes, sans mellre. en un mot, à la base quelque chose qui manque aux écoles de l'État? Kt ce quelque chose, dans quelle doctrine le prendrez-vous? Dans le matérialisme? vous aurez tous les spiritualisles contre vous; Dans le positivisme? tous les matérialistes vous feront la guerre. Sitôt qu'on veut mettre sur son drapeou une doctrine qui porte un nom et qui est classée, on s'isole et l'on a tout le monde contre soi: les catholiques, qui étaient vos ennemis

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L'jtSSEHfiLËE NATIONALE. 1!>1

de la veille, et vos anciens parce qu'ils sont forcémeul V'

Laissex-nioi vous rappeler un fuit qui se rapporte k l'époque de l'article dont je vous citais tout à l'heure quelques fragments. La perspective d'une prochaine liberté de l'eiiseigneinent préoccupait dans ce temps-là beaucoup les esprits; on craignait d'Ôtre devancé et l'on voulait être prêt à tout événement. Un comité se constitua pour discuter le plan d'une université libre; comme beaucoup d'autres, Je fus invité à m'y rendre. Chacun de nous arrivait avec sa philosophie toute faite, excluant toutes les autres philosophies, avec son idée ferme et arrêtée sur la direction à donner aux éludes, et, dès les premières séances, il fi[t évident pour tout le monde qu'on allait recommencer la fameuse histoire de la tour de Babel, avec cette diOërence, à notre désavantage, que la confusion des langues se produisait non à la lin, mais au début de l'entreprise. Nous nous sépar&mes tort bons amis, mois convaincus, les uns et les nuire:), que nous ne pouvions pas marcher ensemble sans aboutir à une œuvre bâtarde qu'il ne valait pas la peine de tenter. Chacune des philosophies qui se trouvaient ainsi en présence et qui réclamaient le privilège exclusif de diriger renseignement, pouvait, sails doute, logiquement parlant, essayer de faire une école dans laquelle elle serait la maltresse absolue-, seulement aucune d'elles n'avait ni assez de puissance matérielle, ni assez d'adhérents pour trouver un public. Dix années se sont écoulées depuis, dix années qui ont bouleversé bien des choses et bien des idées : elles n'ont pas changé la situation. Maintenant, comme alors, les philosophies particulières sont trop pauvres matériellement pour fonder des universités, et le parti libéral, dans son ensemble, trop hétérogène intellectuellement pour faire autre chose qu'une copie, plus ou moins pâle, des facultés entretenues poi' l'État. C'est pour cela qu'en fait d'universités libres, noas n'entendons parler que des univei-sités catholiques.

Ahl tes catholiques se trouvent ù. cet égard dans une tout autre situation. Ils ont, eux, quelque chose de tout à fait digèrent et, en même temps, quelque chose de complet et d'homogène & mettre h lu place de ce qui s'enseigne dans les écoles publiques. Ils trouvent que l'astronomie doit calculer non seulement l'orbite suivant laquelle se meuvent les astres, mais encore la puissance de Dieu qui les fait se mouvoir; que le médecin, en dehors des lois inexorables de la physiologie et de la pathologie, doit compter avec l'intervention miraculeuse des agents surnaturels; que le Jurisconsulte, à cdté des législations positives, doit admettre l'éteruelte vérité des lots révélées. Ce sont là des idées qui, si elles ne sont ni bien compliquées ni bien neuves, sont, ù coup sur, peu conformes à ce que l'on nous enseigne partout. Vraie ou fausse, celte doctrine qui a eu sa raison d'être, arrive toute prête, tout armée en guerre, avec ses hommes et ses livres, réclamer la place qu'elle a occupée pendant des siècles et dont elle a. été violemment chassée. Oévoue-

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IQS DISCOURS DE JULES FEKRY.

ment des adeptes, public façonné à l'avance, ténacité dans Tentrepiise, habilité pratique, longue expérience, absence de scrupules dans le choix des moyens : rien ne lui manque. C'est pour cela qu'il était 'à prévoir que les universités cléricales surgiraient immédiatement puissantes et nombreuses ; c'est pour cela qu'elles ont surgi avec une si prodigieuse rapidité.

En votant la loi sur la liberté de l'enseignement supérieur, les républicains devaient donc savoir qu'ils travaillaient pourleurs adversaires, qu'ils contribuaient au développement de l'intluence cléricale.

Ce reprocbe rétrospectif ne change malheureusement pas la situation ; la loi existe, et nous devons en tirer le meilleur parti possible, alin de combattre, autant qu'il est en notre pouvoir, les envahissements du parti thëologique.

Et l'orateur concluait en traçant le plan d'un euseignenient nouveau qui eût supprimé la division traditionnelle en trois catégories nettement déterminées: instruction primaire, instruction secondaire et instruction supérieure ; en substituant un plan d'inslruetioH générale, combiné aveu l'instruction tpéeiale et professionnelle, pour ahoutir « à un nivellement qui ne se propose pas de rabaisser les intelligences fortes, mais de relever celles qui sont faibles ». C'est à coup sur dans ces idées de WyroubolT qu'on peut trouver le germe de ce que l'Université rajeunie a appelé depuis ïenseigTientent moderne.

La parole fut ensuite donnée à H. Jules Ferry, qui prononça le discours suivant o(i il (it sa profession de foi philosophique ' :

Mes fl'ères, si je n'étais rempli de déférence pour les oiilres dtt Vénérable de la Clémenle-Amilii}, j'ti&siterais à prolonger votre fatigue par quelques paroles qui ne seront peut-élre guère dignes de vous et qui, dans tous les cas, seront bien peQ de chose à côté de celles que vous venez d'entendre. Je ne suis pas un philosophe, ella vie qui nous est faite ne nous laisse guère le loisir de philosopher. Si nous n'avions pas, au temps jadis, philosophé dans nos heures de loisir, je ne sais si nous aurions le temps de méditer assez sur les grandes questions qui vous occupent pour en parler dignement devant vous.

Qui d'ailleurs oserait philosopher après Littré, que vous venez d'entendre? Qui oserait vous parler, sans préparation, de renchaînement des sciences après cet exposé si savant, si lumineux, du collaborateur de Littré, après ce travail si remar-

I. Ce discours était improvisé et non écrit. Il a été sténograptiié par M. Latwnne, «ténographe de la loge.

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L'ASSEMBLÉE NATlOh'ALE. 193

qnable, si digne d'être médita, du F.*, Wypouboff? Qui i' oserait, mes frères! Aussi, ferais-je presque une querelle, une alTectnease querelle â noire Vénérable d'avoir mis mon nom dans le programme avec une étiquette si solennelle. Mais puisque enfln ce sont des impressions maçonniques qu'on me demande, je vais TOUS donner les impressions d'un maçon de date très récente, mais très frappé de ce qu'il a vu dans la maçonnerie et qui veut vous le dire en quelques mots.

Nous célébrons ai:uoui'<1'bui, mes frères, l'anniversaire de l'initiation du F.'. Littré, de ce grand fait maçonnique, de ce fait reconnu, accepté, célébré comme grand, de l'entrée oflicielle du positivisme, par un de ses représentants les plus iHuslres, dans le sein de la maçonnerie. Est-ce que ce fait est un fait de hasard? mes frères, et n'y a-l-il là qu'un simple caprice d'un grand esprit, et, de votre part, le désir bien naturel de le faii-e asseoir à cûté d'autres nobles esprits dans la Clémente-Amilié ? J'y vois quelque chose de plus. Je crois qu'il n'y a là rien de fortuit, et je crois que si ce grand et sage esprit, cet homme de grande science et de hautes vertus, vous est venu, dans le déclin rayonnant de sa belle carrière, de cette vie si pleine, dans laquelle se trouvent tous les semces sociaux et toutes les grandeurs morales {Salve d'applaudissements, bravos répétés], ah; croyez-le bien, ce n'est pas une fantaisie tardive qui l'a amené parmi vous ; c'est quelque chose de plus, c'est qu'il y avait une affinité intime, secrète, entre la maçonnerie elle positivisme.

Et si le positivisme a fait son entrée dans la maçonnerie, c'est que la maçonnerie était depuis longtemps positiviste sans le savoir. [Bravos.) Est-ce que vous n'avez pas, depuis que vous existez, inscrit sur votre bannière ces deux mots : Tolérance et Charité ? La tolérance, je ne dis pas que ce soitl'œuvre de la maçonnerie ; la charité, elle lui était antérieure; mais ce qui est remarquable ici, c'est l'alliance indissoluble que vous avez faite de ces deux termes et qui, à elle seule, est un programme et une définition. Car que veut dire charité unie à tolérance? Cela veut dire que la fraternité est quelque chose de supérieur à tous les dogmes, à toutes les conceptions métaphysiques, non seulement h toutes les rehgions, mais à tontes les philosophies. Cela veut dire que la sociabilité, qui n'est

J. FiuT, Dùeotin, II. 13

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IH DISCOURS nE JULES FEHRV.

pas autie chose que le nom scientifique de la fraternité, que la sociabilité est capable de se suffire à elle-même; cela veal dire que la morale sociale a ses garanties, ses racines dans la conscience humaine; qu'elle peut vivre seule, qu'elle peut enfla jeter ses bêqvillet théologiques et marcher librement à la conquête du monde. {Bravos répétés.)

C'est là votre foi, c'est votre instinct séculaire, et c'est précisément tout le fond du positivisme. Pour le positivisme, la morale est un fait essentiellement humain et distinct de toute croyance sur le commencement et sur la fin des choses. La morale est un fait social, qui porte en lui-m^me son commeucément et sa fin ; et la morale sociale devient ainsi par-dessus tout une question de culture, non pas seulement la culture que donne l'éducation primaire ou supérieure, mais celle qui résulte des législations bien faites, et aussi de la piatique intelligente de l'esprit d'association. Eh bien, de même que ce philosophe qui démontrait le mouvement en se mettant à marcher, vous existez comme association, et il se trouve que vous êtes un des plus précieux instruments pour celte cultnre du sentiment social, pour ce développement de la morale sociale et laïque à laquelle vous vous êtes consacrés. [ 7'rés bien ! très bien! applaudissements.)

Comment la maçonnerie est-elle ce précieux instrument de culture morale ? C'est d'abord parce qu'elle développe la solidarité en la pratiquant; mais c'est, par-dessus tout, par un autre trait de votre institution, qui est également fondamental : par l'esprit d'égalité, qui est l'essence même de votre doctrine et de votre pratique. Oui, son plus grand caractère, sa portée sociide est dans ce fait que vous voyez réunis dans le même temple le riche et le pauvre, le savant et l'ignorant; à côté d'hommes commeLittré.vousvoyez s' asseoir l'ignorant avide de connaître; vous voyez accourir, celui qui ne sait rien, qui veut savoir et le veut souvent avec plus d'ardeur que celui qui sait déjà quelque chose. [Bravos.)

Mes frères, vous éles les adversaires traditionnels de ce sentiment aristocratique, qui joue dans l'organisation sociale le même rôle rétrograde et funeste que l'égoïsme dans la morale privée ; de ce sentiment aristocratique qui survit aux révolutions les plus profondes, les plus radicales, et même dans notre

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sociélé démocratique sait se revfilir de -tant de Tormes ingénieuses pour cacher de si réets et si profonds dédains ! Eh bien, ce seatiment-là, la maçonnerie tend à le faire disparaître, car ce qu'on fait ici c'est de la démocmlie pratique, affectueuse et non dédaigneuse. (Très bien!)

C'est là un de ses principaux mérites : elle en a d'autres à mes yeux. Elle a pris résolument position et elle réagit contre les deux principaux ennemis de la libre pensée moderne : le mysticisme, d'une part, et la frivolité intellectuelle, de l'autre. Oui, deux ennemis que nous voyons en ce temps-ci vivre d'accord et se coaliser volonUer.s contre le progrès. Le mysticisme, d'abord : c'est pour vous l'ennemi héréditaire et vous travaillez tous les jours à le détruire. N'est-ce pas un étrange phénomène, mes Trères, que cet accroissement de mysticisme auquel nous assistons de nos jours; ce mysticisme qui, voyant la science prendre un développement incessant, ce développement que riean'arrële, comme l'a dit Littré dans ses belles pages, ne trouve rien de mieux à lui opposer qu'un déchaînement de surnaturel grossier et stnpide ! (Sahe ^applaudmemenls.) Ce mysticisme qui croit fortifier l'idéal en le matérialisant, et qui s'efforce d'asseoir sa domination sui' la partie de la société qu'il suppose la plus facile à tromper, sur les femmes, d'abord, et il y réussit trop, hélas I par la faute des maris; même sur les ouvriers des villes (mais ceux-ci résistent victorieusement, grùce à leur bon sens inné et à leur instinct généreux de progrés), de sotte qu'à la science qui grandit, aux associations qui cherchent à verser la lumière, le mysticisme et le théologisme contemporain répondent par l'embrigadement général de la sottise humaine... ( Vifs applaudissements.) Eh liien. quel meilleur moyen de lutter contre ces choses, sinon de faire ce que TOUS faites, d'appeler la lumière croissante et d'amener le contact entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas...

J'ai parlé d'un autre ennemi : la frivolité ; cetle frivohlé mondaine qui s'aveugle volontairement, qui vit au jour le jour, qui trouve plus commode de ne pas voir les questions que d'essayer de les résoudre. Pascal a là-dessus un très tteau mot. fl a dit quelque part : « Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, se sont avisés, pour se. rendre heureux, de n'y point penser. «

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IM DISCOURS DE JULES FERItV.

Vous n'fltes pas de cette école, car vous n'avez pris votre parti ni de l'Ignorance, ni de la misère. L'ignorance est voire ennemi personnel, et on voas a apporté ici de nouveaux moyem de la combattis. Je vous recommande le projet du F.-. Wyrouboff, bien qu'il soit susceptible d'amendements, et je voudrais que les loges attachassent leur nom à la réalisation pratique de ce projet. [Oui! oui!) Vous en avez abordé bien d'autres. Et quant au problème de la misère, vous n'en avez pas pris non plus votre parti, car, en combattant l'ignorance, vous faites la guerre la plus efficace à la misère. {Bravos! Trèt bien!) ■ Pascal, dans le même passage, parle aussi de la crainte delà mort ; eli bien, j'estime qu'il est de l'essence de votre institution, que c'est une de ses vertus do dégager l'homme de la crainte de la mort, parce qu'à cette terreur séculaire, à celte Servitude la plus difficile à rejeter, vous opposez le sentimeni fortifiant et consolateur de la continuité et de la perfecUbilili de l'espèce humaine. C'est bien là, en effet, le sens de va* vieilles légendes, qui sont très touchantes et très belles, et qui m'ont ému le jour où je les ai connues. Quand elles ont place dans des temps très reculés l'origine d'une société idéale, fondée sur le travail et sur l'égalité, je dis qu'elles ont pressenti la loi même de l'humanilé ; la maçonnerie vit, depuis quelle existe, sur l'instinct ilu progrès liumain. (Très ftien!) Eh bien, mes frères, si la maçonnerie a l'instinct du progrès humain, j'o?e dire que la philosophie positive en a fait la démonstration scientifique. {Très bien !) C'est ici que se placent tous ces travaux, auxquels Liltré a pris une si grande part, et qui ont abouti à démontrer la continuité du progrès dans l'espèce humaine. Oui, mes frères, disons-le bien haut! il n'est pas douteux qu'à prendre les choses dons leur ensemble, et malgré des reculs locaux et passagers, ce qui caractérise la marche constante de l'humanité, notamment depuis cent ans, dans la société occidentale, c'est un progrès constant de sociabilité, c'est la charité, qui prend de plus en plus le pas sur l'égoïsme individuel. Ce phénomène se peut caractériser d'un mot : c'est de plus en plus le droit du plus fort remplacé par le devoir do plus fort. {Applaudissements.) Quand on est animé de celte conviction, quant} l'humanité nous apparaît non plus comme une race déchue, frappée de décadence originelle et se traioanl

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LASSEMBLÉE NATIONALE. 197

péniblement dans une vallée de larmes, mais comme un cortège sans fin, qui marche en avant vers la lumière, alors on se sent partie intégrante du grand Être qui ne peut périr, de celte humanité incessamment grandie, sauvée, améliorée; alors on a conquis toute la lihertë, car on est alTranclii de la crainte de la mort, [Bravot redoublés.) Voilà, mes frères, ce qui me paraît être l'esprit dominant de vos entretiens, de votre œuvre commune, voilà pourquoi le positivisme y tient si bien sa place, voilà pourquoi il est bon de répéter comme conclusion de tous nos discours les belles paroles, si simples et si éloquentes à la fois, de Littré, quand il vient nous dire : '< Toute la morale sociale est là : Instruisez-vous, instruisez les autres. »

L'achèrement des lois consUtntionnellei et organiques.

La nouvelle Commission des Trente, où la geiuche complaît une majorité considérable, entendait mener à bonne lin l'examen des lois déposées par H. Duraure. Dés le OJnin ISTS, M. Laboulaye déposait son rapport sur la loi relative aux pouvoirs publics, et la discussion commença le 21 Juin. Grâce à la discipline des jjroupes républicains et à l'habile lactique de Gambelta, en dépit des déclamations de l'extrême gauclie et des violences de l'extrême droite, la p^enli^^e lecture fut achevée en deux séances et le passage à la seconde lecture réunit une imposante majorité. La seconde lecture ne prit qu'une séance {7 juillet), el tout ce que la droite put obtenir, c'est l'obligation des prières publiques pour attirer les bénédictions du ciel sur les travaux de l'Assemblée au début de chaque session. Le passage ù la Iroisiëme lecture fut voté par 326 voix contre 93, et, le 16 juillet, la loi sur les rapports des pouvoirs publies devint définitive, l.e mâme jour, et sans discussion, fut adoptée en première lecture la loi organique sur les élections des sénateuru, el, le 2 août, 533 voix contre 73, consacrèrent cette loi en troisième lec.* lure. Apri's avoir voté le budget k la hâte, l'Assemblée décida, le 22juillet,deseprorogerduiaoùt au 4 novembre, sans avoir nommé les 7i) sénateurs inamovibles, comme le demandait le centre gauche par l'organe de M. Feraj-,

Les vacances s'écoulèrent dans tm calme profond, mais les discours prononcés par les principaux personnajzes politiques présen< tèrenl quelque intérêt. M. de Broglie se résignait ù accepter les nouvelles institutions, comptant sans doute, pour les fausser, sur le personnel administratif qui était resté, en grande partie, réaction* naire. A la suite d'un discours hostile à la Constitution qu'avait prononcé H. liaoul Duval, aiihianquet d'h^vreux, le 6 septembre, etd'une lettre adressée h. l'organisateur de ce banquet par l'amiral La Roncière Le Noury, commandant l'escadre de la Méditerranée, le (iou-

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IW DISCOURS DE JULES KEBRV.

vernement n'hé»ilA pas h rcUrer son co m mandement ù cet officier général, qui avait affirmé que « In formule du gouvernement interdisait à la France de reprendre sa place dans le concert européen ". Ces incartades n'étaient d'aillenrs possibles que gtitce à l'atUtutie du vice-président du Conseil, M. Buiïet, qui réservait tontes ses duretés pour les républicains et semblait accuser le centre pauclie dans son discours de Dompaire (10 septembre) de frayer la voie » ù It politique révolutionnaire », Ukndis que le ministre des finances, M. Léon Say, dans son allocution prononcée le 26 septembre au château de Stors, constatait que, « le 23 février dernier, l'ancienne majorité élait heureusement dissoute, qu'une nouvelle majorité s'était formée pour sortir enfin d'un provisoire dont le pays était fati(iué, et qu'il n'y avait en France de gouvernement durable que celui qui rallie autour de lui le parti libéral... » De là des tiraillements graves au sein du ministère que partageaient dos tendances coutraircs. Cette série de programmes divers fut complétée par les discours de M. Alfred Naquel qui développa les idées du parti radical socialiste, de M. Rouher, organe des plébiscitaires impérialistes', de M. Thiers qui, dans son discours d'Arcachon', railla M. BulTelde sa prédilection pour les fonctionnaires auxquels c'était n un miracle d'arracber le mol de République a ; enlin, par la lettre de tiambetta aux électeurs lyonnais 3, qui préconisait l'alliance des républicains et faisait l'éloge de ia transaction du 23 février, tout en recommandant à la future Chambre, qu'il voulait voir nommer par le scrutin de liste, l'adoption de l'impCt sur le revenu, le service militaire universel et l'amnistie pour les condamnés de la Commune.

La sessi jn se rouvrit à Versailles le 4 novembre 1875. Immédiatement, M. BulTct demanda la mise & l'ordre du jour en deuxième lecture de la loi sur l'élection des députés. Elle commenen le 8 novembre et donna lieu h de mémorables débals. C'est sur In question du mode de scrutin que se livra la grande bataille. Elle se termina, le 11 novembre, par l'adoption du scrutind'arrondissenientqui rallia 337 voix contre 326. M.JulesKerry ne prit pas parla celte joule oratoire,dans laquelle M. Iticard, le rapporteur, et Gambetia plaidèrent éloquemment pour le scrutin de liste, et HM.A. Lefêvre-Pontalis et M. Llufaure, au nom du ministère, pour le scrutin d'arrondissement. Lors de la troisième lecture, Ganibetta essaya en vain de faire revenir l'Assemblée sur un vote, et l'amendement Jozon.qui proposait

1. Discours d'Ajaccio, publié dans VOr<ti-e du îî oclobre 1875.

î. V. le Temps du 91 octobre.

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