‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 5)Chapitre 32 sur 66 · LE MINISTËHE DUFAURE. SUS · texte numérisé non relu

LE MINISTËHE DUFAURE. SUS

aUendre. Le H mars, le cabinet lui au Sénat, par l'orsane de M. Dulaure, et à la Chambre, par l'or^fane de H. Decazes, une déclaration très explicite et très correcte. Sur la question des Tonctionnaires, le minialËre disait: Nous exigerons que nos subordonnés à tous les dpgrés soient fidèles à l'esprit à la fois libéral et conservateur qui anime les lois constilutionnelles. « Nous ne saurions, en effet, admettre que le Gouvernement trouve des détracteurs parmi les agents qui ont mission de le servir. « Il promettait clairement une i-evjsion de la loi sur les municipalités et de la loi sur la liberté de renseignement supérieur, ce qui souleva immédiatement les colères lie la presse cléricale et royaliste, el rallia au cabinet l'odliésioi] des gauches. L'élection de M. Hicard (15 mars), comme sénateur inamovible, en remplacement de M. de La Rochetle, décédé, suppHma ce que sa situation ministérielle présentait d'incorrect. Enfîn, l'élection de H. Grévy à la présidence de la Cbanibi-e attestait la volonté de la majorité d'assurer la pratique elTective des institutions républicaines. Après l'avortement d'une tentative de Gambetta pour firouper sous sa direction les dilTérentes fractions de gauche, le centre gauche et la gauche s'organisèrent en groupes distincts.

Le 19 mars, M. Jules Ferry, élu président de la gauche républicaine. Justifia en excellents termes l'utilité de ces réunions partielles :

« Pour rester unis, vraiment unis, unis sans Irompe-l'cBil, le vrai moyen est de demeurer distincts. Ce n'est pas là. Messieurs, diviser le parti ; c'est le fortifier en le classant. La discipline, sans laquelle le système parlementaire n'est que hasard et anarchie, ne s'apprend el ne se consolide que dans des groupes séparés, limités, en assemblées homogènes de composition; les transactions entre les extrêmes ne s'opèrent (fue par l'action des éléments intermédiaires; les sacrillces mutuels s'obtiennent plus aisément dans les délibérations par délégués que dans les assemblées pléniêres. »

En cette circonstance, M. Jules Ferry exprimait des vues contraires à celles de (iambetta qui, regrettant de n'avoir pu placer toute la majorité sous sa main, décida l'extrême gauche à refuser de se constituer et de nommer un bureau, h On veut organiser, disait-il le 34 mars, dans le Sénat et dans la Chambre, une sorte de Jeu alternatif entre le rentre droit et le centre gauche, et sépai*er par ce moyen les républicains de ceux qu'on appelle radicaux. Si vous vous constituez en groupes distincts, vous opérez précisément vousmêmes sur l'échiquier politique la division désirée par vos adversaires. » Hais on n'en était pas encore h la politique de concentration, et la gauche et le centre gauche se constituèrent en groupes distincts, au Sénat comme à la Chambre. Les droites, au contraire, restèrent confondues dans les deux Assemblées, et renoncèrent ti essayer des groupements qui eussent fait ressortir leurs divergences inconciliables.

La vérification des élections absorba les deux Assemblées jus-

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SW DISCOVKS DE JULES FEKHY.

qu'aux vacances de Pâques; elle fut marquée au Sénat par une indulgence excessive pour la ]iression des administrations locales, à la Chambre, au contraire, par une rigueur extrême contre lintervention des fonctionnaires, et surtout du clergé, dans la lutte électorale. D'autre part, pour donner satisfaction aux sommations de la gauche, H. Kicard, le nouveau ministre de l'intérieur, destitua quatorze préfets et en déplaça douze (décret du 22 mars I8'Î6]. Son collègue, au département de l'instruction publique, M. Woddinglon, conformément aux promesses de la déclaration du 1^ mars, déposa, drs )e 23. un projet de loi dont l'arl. 1" abrogeait les art. 13 et 14 de la loi du 12 juillet 1873, qui avaient créé le nvstème du jury mixte, et reproduisait l'amendement déposé par M. Jules Ferrv ■. Tous les républicains comprenaient que le premier devoir de la nouvelle majorité consistait k reprendre le terrain conquis par le clergé sur le domaine de l'Ktat laïque. M. Dupanloup, l'archevêque de Paris et les universités catholiques lancèrent immédiatement des protestations violentes, tandis que M, Paul Bert déposait, de son côté, une proposition pour rendre électif le Conseil supérieur de l'instruction publique. L'extrême gauche, enfin, posait la question de l'amnistie en faveur des condamnés de la Commune, mais les dispositions du ministère et de la majorité des deux Chambres prouvèrent immédiatement que cetle question n'était pas mûre et ne pouvait qu'iii' quiéter l'opinion publique, en aigrissant les rapports des pouvoirs exécutif et législatif.

La loi SOT les monicipalit^a.

Les gauches, dans leur ardeur miliULnle,voulaientenleverde haute lutte l'abrogation de la loi du 20 janvier 1874 sur la nomination des maires par le Gouvernement, et le retour à la loi de 1871, qui ne réservait au pouvoir central la nomination des magistrats municipaux que dans les villes de plus de 20 UOO habitants et dans les chefslieux d'arrondissement, les autres communes devant avoir le droit de choisir leurs maii-es et adjoints.

Dans une correspondance adressée le 30 mars 1876 au journal la Gironde', M. Jules Ferry raconte lui-m^me à quels incidents donna lieu la présentation du prajet rédigé par les bureaux des groupes de gauche.

Versailles, 30 mars 1878.

Il s'est passé à la lin de la séance d'hier (mercredi) un JHcidcnt dont le public n'a pas la clef et qui mérite d'élre éclaiixi.

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