LE MINISTÈRE DUPAURE. SS
soit peu mOris. On le vit bien lorsque le Sénat aborilft à son tour l'examen du projet Waddington sur la collation des fjrades.
La commission, par l'organe de M. Paris, proposait de ne pas adopter le projet. Elle soutenait que la collation des prades était intimemeat liée à la liberté de l'enseignement supérieur; qu'il fallait donner aux universités libres le droit de vivre; qu'en outre, les nouveaux professeurs qui avaieut abandonné des positions acquises, les pères de famille qui venaient de faire inscrire leurs enfanta sur les registres des nouveaux établissements, les donateurs et les préteurs qui s'étaient occupés de leur création avaient droit à la protection des pouvoirs publics; qu'en (in, il convenait de ne pas diminuer l'autorité morale de la loi en condamnant un système qui n'avait pas encore été mis à l'épreuve, puisqu'il datait d'un an il
Nous ne résumerons pas ici la discussion, qui dura du 18 au 21 juillet, bien qu'elle ait été fort brillante et ait mis en présence des orateurs comme MM. de Broglie et Dupauloup, qui combattirent le projet, et MM. Challemel-Lacour, Jules Simon, Berthauld, qui l'appuyèrent, ainsi que MM. Dufaure et Waddington. Quant i M. Laioulaye, qui avait repoussé, en juin 1875, l'institution du jury mixte comme la plus dangereuse des solutions, il demandait maintenant qu'on en fit l'application et se séparait de ses amis de la gauche. Le Sénat faillit se ranger ^ la proposition du père de la Cooatilulion qui tendait ft renvoyer le vote à un an pour permettre d'apprécier les résultats du fonctionnement du jury mixte, et le scrutin donna 130 voii pour et 139 contre. .M. Wallon n'ayant pas retrouvé le suffrage qui l'avait rendu célèbre, le Sénat décida, par 144 voix contre 139, qu'il ne passeraitpas à la discussion desarlicles'. Le ministère, « affaibli et découragé », selon les expressions de H. Dufaure, ne donna pas sa démission et dut établir le jury mixte h Paris, car, en dehors de la capitale, les facultés libres ne réunissaient pas les conditions exigées par la lui pour entrer en partage du monopole de l'État.
Fière de ce premier succès, la m^orité du Sénat entreprit de le compléter en combattant la candidature de M. Dufaure au siège dlnamovible devenu vacant par suite du décès de M. Casimir Périer (6 juillet), mais le président du ConsciU'emporta, le 12 août, sur son concurrent, M. Cbesnelong, par 161 voix contre 109. La droite sénatoriale essaya aussi de modifier la loi sur les maires que la Cbambre avait votée le 12 juillet 1876. Après avoir entendu, le S août, le rapport de H. de Parieu, le Sénat prononça rurf>ence le 9 août et commença le débat. Sur l'article 1", qui abrogeait les art. 1,2 et 3 de la loi du 20 janvier 1874, il n'y eut pas de désaccord sérieux ; le Sénat refusa seulement d'abroger l'article 3 de la loi de 1874, qui rép'Iait une question d'attributions. M, Crivarl, sur l'article 2, avait présenté uaamendement, pour demander le retour à la loi de 1831,quiattri-