Séance du 18 Juiu. Jour^tal officiel ûa 19 juin
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LE RÉGIME DU IS MAI. 38t
Voix nombreuses. — Ke répondei pas ! Ne répondez pas ! M. JcLïs Fkbry. — J'ai l'honneur de prévenir mes hono-
râbles collègues delà droite que je suis absotament décide à ne
pas répondre à leurs interruptions.
M. ER^EST DiiéoLLe. — Vous avez raison I Nous ne vous écoutons
M, LK PBÉsmraT. — Écoutez ou n' écoutez pas, à votre convenance, mais n'interrompez pas 1
M. Paix de CAssAGNitc. — Dites la même chose à la gauche quand un ministre est à la tribune.
H. LE Pbësidbkt. — Je le dirai pour la gauche quand cela me paraîtra juste; je vous le dis en ce moment parce que vous y donnez lieu.
Un membre à droite. — La politique du satut !
M. JuLE3 Feeey. — La politique qui vient de s'étaler à cette tribune... (Rumeurg à droite. — Très bien! à gauche], je ne crains pas de la qualifier du vrai nom qu'elle doit porter...
Un membre à droite. — Ce sont deux qualités 1
M. Jui>EB Ferry. — C'est à la fois une politique antiparlementaire et antirépublicaine. (Trèt bien! très bien! — Appiaiidigiemenls d gauche.)
M. ViETTE. —Antinationale. (Arui'f.)
M. Jdles Ferry.— Messieurs, nous avons fondé, le 2S Tévrier 1875, la République parlementaire. Il n'est donc pas surprenant que les théories que vous venez d'entendre portent atteinte à la fois au régime parlementaire et au Gouvernement républicain.
M. DE La nocBEPoucui'Ln, ddc de Bisaccia. — C'est le rapporteur do la Constitution qui les a soutenues ces théories. (Rumeurs diverses.)
M. Jtrr.Ba Fbrrt. — Messieurs, au point de vue parlementaire, quelles théories se sont produites, quelles singulières opinions sontvenues prendre possession de cette tribune, quel régime constitutionnel véritablement extraordinaire l'honorable iVI. Paris nous a-t-il décrit?
C'est un régime constitutionnel qui n'a du constitulionnalisme que l'apparence, qui n'aurait du parlementarisme que le mensonge. [Vivei réclamations à droite.)
H. Paul de Cassagnac. — Et on lolëre cela !
M. LE Pbésident .— ' Oui, on tolère cela, et cola est très possible à
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ses DISCOURS DE JULES FEHRV.
(lire. On peut dire d'un régime qu'il n'a qu'une apparence de mensoii^
M. Paul he Cassagxac. — Comme le 4 Septembre !
M. i.E PK^iriKHT. — On peut qualifier ainsi une opinion ; un ne pourrait pas adresser cette expression aux personnes.
M. Paitl de Cassagnac — Nous constatons voire manière d'a^r suivant les cas.
H. LE Pk^ideht. — Tadressen de semblables expressions qu'aux opinions et non aux personnes, et vous ne rencontrerez pas d'observations de la part du président. [Rumeurs à di-oile.)
M. JulbsFerbï.— La lutte qui s'établit ici et qui se dénouera devant le pays, seul juge en dernier ressoi-t...
M. LE BAHON DE SEFTEnviLU. — Vous lie l'avei pas consulté le 4 Septembre.
M. JdlksFekey. — ... seul juge de tous les droits et de touliîs les personnes... (Hte* approbaliom à gauche), celte lutte, elle est bien vieille, Messieurs, dans noire paya, el vous la retrouverez, avec les mêmes caractères, dans ce long passé de la France depuis quatre-vingts ans : c'est la lutte du gouvernement personnel contre le gouvernement parlementaire. {Applaudissements à gauche et au centre.)
Qu'est-ce que c'est donc, >1essieurs, que la Constilution républicaine du 25 février? Est-ce que c'est une Constitution de gouvernement personnel ou une Coni>tilution de gouvernement parlementaire? Est-ce que nous sommes sous un gouvernement de bon plaisir ou sous un gouvernement de majorité? (Nouveaux applaudissement* à gauche.)
Un membre à droite. — Et le 4 Septembre !
M. Jui^s Ferby. — Est-ce que nous sommes sous l'èpée d'un maréchal de France ou sous le régime des lois? [Double salve d'applaudissements à gauche.)
M. Madieh de Montjau. — Très bien ! très bien ! Répétez cela, monsieur Ferry !
M. Le Phovost de Lalnat. — Nous ne sommes pas sous le règne démeuliers comme vous.
M. Jules Fëkry. — Messieurs, les auteurs de la Conslitulion du 23 février 1875 auraient encouru devant le pays et devant l'avenir une responsabilité formidable... {Exclamations iraniques A droite] s'ils avaient conçu et s'ils avaient commis ce crime de lèse-nation...
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