‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 5)Chapitre 54 sur 66 · Fdut, Ditowt, II · texte numérisé non relu

Fdut, Ditowt, II

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seulement elle l'a voté, mais elle l'a augmente, et les discussions que le Message rappelle, pour s'en Taire un grief contre nous, ont abouti à une élévation notable du traitement des desservants.

Toutes ces récriminations ne sont donc pas sérieuses, mes chers concitoyens ; il n'y a de sérieux ici que le dessein qu'elles dissimulent à peine et qui éclate à tous les yeux.

Aujourd'hui, comme après le 24 mai, la coalition monarchique et cléricale dont M. le duc de Broglie est le chef, proteste de son respect pour les institutions e:(istantes et pour la légalité répubUcaine. Mais aujourd'hui, comme alors, son premier acte est de livrer l'administration des départements au parti bonapartiste. Aujourd'hui, comme en ces temps néfastes, c'est la candidature ofUcielle que l'on prépare, c'est sur la candidature officielle que l'on compte, et, si le ministère obtient du Sénat la dissolution de la Chambre, attendez-vous à le voir ramasser sur le champ de bataille électoral les candidats de toutes les monarchies, les vaincus de tous les scrutins, tous ces hommes de ruse ou de violence que la France a rejetés, condamnés, bafoués depuis six ans.

Vous connaissez la pièce, et vous l'avez sifflée, et puisqu'on va la reprendre, vous n'en serez assurément ni surpris ni effrayés,

Vous avez triomphé des hommes du 24 Mai, alors qu'ils menaient campagne contre le paya républicain, appuyés par la majorité d'une assemblée souveraine, armés de l'état de siège et de la lot des maires, sous un régime contesté et mal défini, et quand la nation n'avait pas dit son dernier mot.

Que pourront-ils, cette fois, sous la Hépubhque sans équivoque, en présence d'une Constitution ratifiée par la souveraineté nationale, avec une presse libre, des municipalités soustraites à l'arbitraire préfectoral, une opinion publique, active, résolue, vigilante?

On nous présente la dissolution comme une menace : nou.^ l'acceptons comme une délivrance.

On prétend qu'en acclamant, il y a quinze mois à peine, une assemblée républicaine, vous entendiez simplement consolider, sous une forme nouvelle, le pouvoir d'un maréchal de France. Nous croyons, au contraire, que vous avez voulu fonder, à l'abri

LE RÉGIME DU 16 MAI. Ht

des aveDtures et des fantaisies du pouvoir personQel — sous quelque nom qu'il se déguise — le gouvernement du pays par le pays. Nous croyons que le temps des sauveurs est passé, et qu'il n'y a plus d'heure pour la dictature. Nous croyons que ia sagesse de ia France est supérieure à toutes les sagesses, et qu'elle a payé trop cher la folie de se donner un maître pour qu'elle se soucie désormais de remettre à d'autres qu'à ellemême la disposition de ses destinées.

Nous acceptons la question comme on la pose. Entre le pouvoir personnel et nous, il n'y a qu'un juge : La Nation. Nous ne doutons pas de sa réponse.

JuLE» Ferbt,

Député des Vosge*.

Ea ce qui concerne M. Jules Ferry, la réponse de ses électeurs fui Irès démonstrative ; il obtint uu premier tour 13 230 voix contra 8 729. Son concurrent réactionnaire était M. de Ravinel. Il y avait eu 22 lOi ïotanls dans t'arroniiissement de Saint-Dié, sur 37 955 électeurs inscrits. L'élection fui validée sans discussion, sur lu rapport de M. Huon de Penansler, dons la séance du 9 novembre 1877 '.

On ne pouvait contester de bonne foi la signidcalion du verdict que venait de rendre la France. Si les gauches perdaient 38 sièges. In droite restait en minorité de 110 voix, en dépil de la pression électorale la plus énergique et de l'intervention inconslilutionnelle du chef de l'iîtat dans la lutte. Les réactions coalisées étaient loin d'avoir ((afiné les HOsiegesdontM.de Fourtou avait audacieusenicnt prédit la conquête. M. Decazes avait échoué à Libourne ; bien des chefs ou des notabilités bonapartistes comme MM. de Maupas, de Mouchy, Tristan Lambert étaient restés sur le terrain. A Paris, l'élection de M. Grévy, dont Ganibelta avait posé la candidature h la présidence de la République dans la réunion du Chai eau -d'Eau, constituait un véritable triomphe, car le total des suffrages exprimés sur son nom dépassait de neuf mille les voiï données 4 son concurrent. La retraite du cabinet de Broglie-Fourtou semblait donc s'imposer, mais il crut devoir annoncer ofliciellement, après le premier tour de scrutin, qu'il resterait à son poste, bien que les Journaux orléanistes comme le Soleil et le Moniteur, ne cachant pas leur découragement, fussent d'avis de se soumettre » à la sentence du suffrage univenel «. Le 4 novembre, les élections pour le renouvellement partiel des conseils généraui firent gagner U3 sièges aui républicains sur 1346 élections, et H. de BrogHe fut battu dans son propre canton par un concurrent bonapartiste. Une note, parue & l'Officiel du 1 novembre, annonça que les ministres avaient remis

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