Voir le Journal officiel du 10 novembre
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DISCOUHS DE JULES FEBRV.
Fin dn cabinet de Broglia.
C'est dans ces conditions que s'ouTrit la session des Cbambres, le 7 novembre. Après la validaLion d'un grand nombre de députés de gauche, qui eut lieu dans les deux premières séances, on réserva l'examen des élections caractérisées par l'eraploi des afUcbes blanches jusqu'à la discussion qui devait avoir lieu sur les procédés électoraux mis en œuvre par le ministère. Le <0, la Chambre, ayant validé plus de la moitié de ses membres, su déclara constituée et renomma son ancien bureau. Le 12 NovembreiH. Albert Grévv déposa une proposition molivée qui concluait à la nomination d'une commission de 33 membres pour faire une enquête parlementaire sur les actes du Gouvernement du 16 Mai, et soumettre à la Chambre les résolutions que ces actes lui paraîtraient comporter. Cette proposition, après le vote de l'urgence, fut l'objet d'un grand débat qui commença le 13 novembre et se poursuivit dans les séances du 14 et du 15, H. Baragnon ayant contesté la légalité de l'enquête dont il s'agit, sous prétexte qu'elle ne pouvait être ordonnée que par une loi et non par une simple résolution, M. Léon Renault rappela tous les précédents qui justifiaient la pi-océdure adoptée, et il les tira non seulement de l'histoire de la monarchie de Juillet, mais des débats de l'Assemblée nationale, qui ne s'élait pas fait faute de nommer des commissions d'enquête par simple résolution pour juger les actes du Gouvernement de la Défense nationale. Et l'orateur, estimant qu'il ne convenait pas d'ajourner itidérmiment >< l'heure de la justice et de la réparation », ût un tableau sévère de tous les abus commis par le Gouvernement du 16 Mai pour fausser la sincérilé du sufl'rage universel et intimider les électeurs.
M. de Fourtoii répondit au nom du cabinet'. Il allégua pour sa défense que les hommes d'opposition avaient toujours pesé sur les élections, dès qu'ils étaient au pouvoir. Il agita le spectre du péril social et soutint audacieusement que « la pression, l'intimidation, la violence étaient venues de l'opposition ». Sans doute, le ministère avait remplacé et révoqué des fonctionnaires, comme c'était son droit, mais la presse et les réunions privées avaient fourni aux républicains des moj'ens d'action formidables, et, en somme, la défaite n'était pas si grande puisque le régime du 16 Mai avait obtenu 3600000 suffrages contre 4300000 donnés aux candidats républicains, il affirmait, en terminant, que la France demandait au Maricbal de rester au poste de salut social où la Constitution l'avait placé.
C'est à M. Jules Ferry qu'échut l'honneur de réfuter une aussi
1, Séance du 11 novonbre.
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l£ RÉGIME DD 16 HAL 431
téméraire apologie du Gouvernement de combat'. t,e discours qu'il prononça dans cette circoi)atance porte l'empreinte d'une émotion indignéo que n'^ipliquait que trop l'audace du précédent orateur ;
M. Jules Fbrey, — Messieurs, j'ai entendu les paroles que vient de prononcer l'orateur qui occupait tout à l'heure la tribtine, vous l'avouerai-je, avec plus de tristesse que de colère. (Souiires et légèret rumeurs à droite.) Je m'attendais ii ce que, dans la situation si tristement paradoxale qui nous est faite, l'orateur du Gouvernement qui s'attarde sur ces bancs... Un membve à droite. — Oh I oh ! c'est vieui I M. Jules Fkrry, — ... viendrait apporter un paradoxe de plus. Que nous importe, après tout ? Quand on est en face de nous comme un défi vivant à la loi, à la Constitution et à la volonté nationale... (Humeurs à droite), quand chaque minate, chaque heure que l'on passe sur ces bancs ministériels est une offense aux droits de la nation et au bon sens public...
M. LE BAHo:< nE Sei>te>tilli!, — Mais qu'avez-vous l'ait autre chose au 4 Septembre? (£rui(. ~ Laisiet parler.)
M. JuLBB Fbrby. — ... il ne reste plus qu'une chose à faire : c'est de se retourner vers cette France, que l'on tient sous son talon depuis six mois... {Allons donc! à droite. — Applaudittements à gauche), que l'on oppiime depuis six mois, contre laquelle on est en rébellion depuis le 14 octobre, et d'oser lui dire : C'est vous rjui êtes les oppresseurs ! C'est vous qui êtes les révoltés ! {Très bien! très bien! à gauche.)
Vous voulez donc être, Messieurs les ministres du 17 mai. jusqu'au bout, les copistes et les plagiaires du second Empire? (TVèï bien! très bien! à gauche et au centre.)
Nous la connaissons, celte Lactique ! Nous en avons été les témoins en d'autres temps. En d'autres temps, séparés de nous non par de longues années, mais par de profonds abîmes, quand le gouvernement impérial s'était livré à une orgie de candidatures officielles comparable à la vôtre...
A droite.— Allons doncl — Parlez du 4 Septembre 1
M. Jules Fbrby. — ... Qu'est-ce qu'il faisait? Il venait à la tribune gravement, solennellement...
Un membre à droite. — Comme vous !