‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 124 sur 130 · Le Temps, des 16-17 août · texte numérisé non relu

Le Temps, des 16-17 août

.|iiL'liiiu' chose à faire qui n'ait, jvas encore été fait sur le terrain électoral, et (jue le Réveil puisse faire mieux que TUnion des libéraux, qu'il le fasse, el qu'on le voie à l'œuvre. >'ous n'y mettrons aucun entêtement. Notre but est le même que celui du Ri-veil, nos aspirations sont identiques : si son procédé est meilleur que le nôtre, nous baiserons la trace de ses pas, nous confessei'ons que, depuis dix ans, nous faisons fausse roule, et qu'en politique, nous n'étions que des enfants. Ce n'est point par goût, mais par nécessité, que nous pratiijuons Tunion libérale. Nous commençons à être las d'en répéter l'éternel catéchisme; nous croyons que ce n'est là que le vestibule de la politique : mais le Réveil a-t-il la clef de la porte? Qu'il la inoulre, et nous sommes prêts à marcher modestement, humblement, à côté de. lui ou derrière lui, comme il voudra.

Mais, jusqu'à présent, le Réveil n'a qu'un programme, dont nous avons déjà noté les trois articles les plus saillants : suppression du budget des cultes, suppression des impôts indirects, suppi'ession des armées permanentes. Et c'est avec cela qu'il part, tout seul, pur de toute alliance, vierge de compromis, à la conquête des électeurs des campagnes! Il va porter ce drapeau dans les villages, et les villages se lèveront comme un seul homme!

Ainsi, à ces paysans libres-penseurs que les deux expéditions de Rome n'ont pas fait tressaillir, il suffira de présenter la suppression du budget des cultes pour transformer leur apathie soumise et séculaire en résolution civique?

A ceux que le déficit chronique et l'emprunt permanent n'ont point ramenés à l'union libérale, l'union démocratique otlre pour appât la réforme de l'impôt des boissons?

A ceux qui subissent sans murmurer la loi militaire, et que les neuf ans de service et la publique incertitude, et cet état désastreux où nous sommes, qui n'est ni la paix ni la guerre, n'ont pu faire sortir de leur indilférence, on parlera du système militaire suisse, et l'on sera à coup sûr entendu, compris, acclamé, obéi!

Mais dans quel monde vivez-vous?

Nous commençons à croire que nos confrères du Réveil, dont nous estimons tant le caractère et les intentions, se sont fait un paysan de fantaisie, comme ils s'attaquent à une union libérale de fantaisie.

Où est-elle donc cette union libérale qui n'entretiendrait, comme ils disent, les masses électorales que de métaphysique politique et de bascule parlementaire? La loi militaire, le Mexitjue, le déficit financier, c'est de la métaphysique que tout cela? Et, quand les candidats du parti libéral entonnent tous, d'un bout à l'autre de la France, ce refrain : « Nous voulons le gouvernement du pays par le pays, et pour cela nous voulons que les députés soient choisis, non par les préfets, mais [lar le pays, » ils font de la « bascule parle I 11 entaire! »

Il est vrai que le Réveil lient en réserve des couches d'électeurs inex[ilorées, et que c'est là son grand secret. Il compte sur les élec-

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