‹ Discours et opinions de Jules FerryChapitre 126 sur 130 · Le Temps, du 22 août · texte numérisé non relu

Le Temps, du 22 août

là? Pour nous, nous dôsespéroiis de comprendre rintérèl qu'il poul, yavoirà délaohcrdes caiididaluresdémocratiques l'appoint des libéraux ronservateurs. Cela nous passe, en vérité. Nos honorables confrères sontnos anciens dans la vie politique, et leur tactique est sans doute plus profonde que la nôtre. Mais ils devraient bien nous en donner le mot. Nous comprenons les démocrates exclusifs qui ne veulent appuyer que des candidats démocrates ; c'est un système détestable, à notre sens, mais enlin cela se peut défendre. Mais ne pas vouloir des alliés qui nous viennent des camps voisins, refuser les voix monarchiques, comme si elles étaient empoisonnées, et trouver mauvais, par exemple, que M. Berryer écrive à ses amis du Jura de voler pour M. Grévy, c'est désorganiser à plaisir la lutte électorale dans presque toutes les circonscriptions de France; c'est assurer la défaite pour la défaite, et préparer à la démocratie de terribles déceptions.

Si le parti libéral avait besoin d'être confirmé dans la politique d'union électorale qu'il pratique en tous lieux, depuis six ans, les terreurs de la presse gouvernementale pourraient lui servir d'enseignement'. Le ConstitiUionnel est véritablement aux abois ; il s'épuise clia(|ue malin, en efforts héroïques, [lour arracher à l'union libérale toute la portion modérée ou craintive de l'opinion. A l'entendre, le })ays en est à l;i campagne des banquets de 1847 et de 1848; les radicaux tendent la main aux libéraux conservateurs ; le « parti est en train de se désunir, les mécontents de toute sorte apportent leur appoint aux partis extrêmes; les mêmes fautes vont, si l'on n'y prend gaide, mener la France aux mêmes abîmes ».

Le journal dévoué a raison; ce sont toujours les mêmes fautes, sur le chemin des mêmes abîmes. L'histoire du passé est, pour le présent, comme si elle n'existait pas ; il en est des gouvernements comme des individus; l'expérience de la vie ne sert qu'à ceux qui l'ont faite eux-mêmes; l'enseignement des révolutions ne profite qu'aux gouvernements tombés. On n'a pas encore connu, parmi nous, ce gouvernement, rêvé des sages, qui saurait céder à temps, transiger à propos; ce gouvernement souple, ce gouvernement sagace, ce gouvernement observateur, qui ne s'endormirait pas sur des majorités électorales, ou parlementaires, qui ne se bercerait pas du succès apparent de ses emprunts et de ses revues, (jui ne croirait pas que, pour vieillir en paix sur cette terre de France et y pousser des racines profondes, il suffise d'avoir pour soi la force matérielle et le nombre aveugle! Non, ce gouveinemeut n'existe pas encore, et si le gouvernement actuel est appelé, par un arrêt secret du destin, à en réaliser, un jour, l'idéal inespéré, ce ne sera pas, en vérité, la faute du ConUitutionncl.

Carie Comtitittiûnnel, qui admoneste le Journal des Débats de 1868, a repris tout simplement la suite des affaires et hérité de la

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