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Celui de M. Charles Roland, ancien maire de Màcon

2. L'art. 6 de l'arrêté préfectoral ordonnait de l'aificher au son du lamboui'.

66 DISCOURS ET OPIMONS.

(lu (Irparlemoiit. et iloiiltlaiit la urande voie qui lon.ae la mer. Eux siMilsy croyaient nn peu, comme on croit aux choses (ju'on désire. Le 22 mai, il n'y avait pas le plus jjelit bout de plan, la plus l(\aère apparence d'étude. Mais le 23 mai, arrêté du ministre qui prescrit d'étudier, qui nomme l'indispensable ingénieur. Le 30, tous les doutes tombent: une nuée d'employés sort de terre, portant leur mission écrite sur leur chapeau, l'uniforme des ponts et chaussées ramène partout l'espérance: c'est le chemin de fer qui commence! les jalons pointent au fond des vallées, couronnent les rocs inaccessibles : tous les tracés imaginables triomphent à la fois, n'est-ce point assez? C'était trop, hélas! puisque depuis le 31 mai l'n (faire en est demeurée là. Toulouse, plus modeste, ne voulait qu'une gare, pour le bien d'un de ses faubourgs. Quel bruit se répand, à la fin de mai? Que la gare désirée est certaine. Cela, grâce à M. le maire, candidat du gouvernement, et bien placé pour le savoii'. Voici, en effet, qu'on dépave le faubourg, qu'on toise, qu'on tire des lignes, qu'on plante des piquets.

•le n"ai fait que passer, il n'était déjà plus...

Cela durera l'espace d'un scrutin ; le lendemain, — comme le matin dans les ballades, — les piquets éphémères s'enfuyaient et les pavés rentraient chez eux.

Quand il n'y a rien de fait, que le terrain est vierge, les habiles peuvent se donner carrière. Mais en face d'une ligne étudiée, dessinée, concédée, connue, est-ce possible? Cela s'est vu pourtant. De Vesoul à, Besançon, deux tracés sont admissibles: l'un par la vallée de la Linotte, l'autre par Rioz. De tout temps, Rioz a eu tort. L'autre route, plus trafiquante, est celle des conseils généraux, de l'avant-projetjde la loi de concession, des ingénieurs des ponts et chaussées, des ministres, de la Chambre, de tout le monde. Si l'on pouvait pourtant faire luire aux gens de Rioz un rayon d'espoir? C(da minei'ait un peu M. d'Andelarre, ce candidat que rien ne démonte. Heureusement, l'affaire a encore, selon la règle, un dernier degré à franchir dans la lilière administrative ; le préfet peut afiîrmer, sans mentir, que la décision of/icielle n'est pas rendue. Làdessus s'engage entre la préfectui-e, le candidat, l'inspecteur des mines et le ministère, un feu croisé de dépêches et de pla-

cartls, d'affirmations et de démentis où ringénieur contredit le préfet, le ministre l'ingénieur, triste querelle, frai)pant exemple de dialectique administrative, dont un jeu de mots faisait tous les frais, mais où il était bien sûr que le paysan comtois ne pouvait se reconnaître. Et pendant qu'on envoyait à Rioz des employés de la Compagnie concessionnaire, pour s'y faire voir pendant trois jours, la préfecture faisait grand bruit, avec les gens de la Linotte, d'un classement de chemins vicinaux leliant les gares futuresM

Cette belle humeur de MM. les préfets est chose méritoire, car elle amène parfois d'étranges embarras. Pour leur malheur, les fleuves ont toujours deux rives, et, entre elles, un chemin de fer doit choisir. Les intéressés, qui ne l'ignorent pas, se regardent d'un œil jaloux d'un bord à l'autre. Où passera le chemin de fer de Libourne à Bergerac, sur la rive droite, sur la rive gauche? Si c'est sur la rive droite, la Dordogne triomphe ; si c'est sur la rive gauche, hourra! pour la Gironde. Que ne peut-elle toujours durer cette heureuse incertitude qui des deux côtés du fleuve laisse prise à l'espérance ! 3Iais on vote dans trois jours, il faut se prononcer. On affiche donc, le 28 mai, ceci sur la rive gauche :

Habitants de Sainte-Fov !

Je me hâte de vous donner connaissance d'une dépèche qui vient de m'ùlfe adressée par S. E.\c. le ministre de l'Intérieur.

Après une discussion sérieuse sur la direction du chemin de fer de Libourne à Bergerac, j'ai proposé, comme transaction entre les deux intéressées, et je suis parvenu à faire accepter en principe la rive gauche, mais avec un pont à Bergerac, pour que la gare de cette ville soit sur la rive droite.

On va procéder aux formalités ordinaires en faveur du nouveau projet.

Vous pouvez le faire connaître offlcieusement, en attendanL la communication officielle du ministre des Travaux publics.

"Vive l'Empereur !

Sainte-Fov, le 2S mai 1863.

Le moire.

Signé : Borderie.

C'est le conseil des ministres — rien que cela — (ajoute le

1. V. aux Docum., p. 62 et suiv., les pièces relatives à cette curieuse affaire.

68 DISCOUMS ET OPINIONS.

Journal de Bordeaux du 29) assemble' liior tout exprès, qui le veut ainsi.

Graiidr l'iimciir dans la Dordo.une, dont ceci ne fail pas rallaire. Dès le lendemain, pour la rassurei-, ceci s'afiiclie sur la live droite:

LE PRKFF.T I)K LA DORDOGNE Ai: SOCS-PRÉFET \)V. liEIlGEIlAC.

Périgueux, 29 mai iSOii.

]jH waivcUc que vous avez reçue de Bordeaux est conlrouvée. I.oiii de Hi, une nouvelle enquête comparative sur les deux tracés est ordonnée, et je vais vous adresser les instructions nécessaires pour y procéder.

A qui croire? au préfet de la Dordogne? il est bien catégorique ; au préfet de la Gironde? il réplique sur l'auire bord, en maintenant sa première dépêche par une seconde. Des démentis (iili'c préfets, quel fâcheux exemple! Le corps électoral est bon [irince. il les crut tons les deux, car il laissa battre M. Decazes, sur la rive gauclie, M. Delprat sur la l'ive droite'.

Il est admis qu'un ministre signe beaucoup de choses sans les lire. 11 est convenu, entre gens en place, que ces vagues promesses n'engagent pas. et {\non doit au iirochain la bienveillance. 3Iais pi'enez garde! l'électeur est aux écoutes, et les siibaltei-nes qui vous font agir savent bien pourquoi l'on prend, au l)as de l'échelle, ces réponses ambiguës, ces demi-faveurs, cette eau l)énite des grands. Certes, quand M. le comte de Persigny, ai»prenant que la commune de la Seyne (Var) était depuis longues années en instance auprès de la Chancellerie pour devenir chef-lieu de canton, et que la Chancellerie ne s'y prêtait pas, écrivait cette curieuse dépêche :

Frappé des réclamations des habitants de la Seyne, pour obtenir l'érection de cette commune en chef-lieu de canton, et des considérations que vous faites valoir à Tappui de leur demande, ] insiste auprès de M. le Garde des sceaux pour qu'il soit l'ait droit aux vœux exprimés par la population.

Lr ministre de llntérieur,

DE PeRSIGNV.

Le préfet du Vor,

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