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MONTOIS

30 mai 1863.

1. Lo journal le Périf/off, du 20 juillet, contient uu arrêté (lu préfet de la Dordogne, qui, en vertu d'une dépêche ministérielle du 29 mai 18(jJ, ordonne l'ouverture d'une enquête .s;^;- les deux tracés en présence.

LA LUTIT KLKCrOliALE EN 1803. 69

Il croyait (|u'un 30 mai surtout, cette insistance ne le compromettait guère. Mais la dépêche échappée au trop plein de sa bienveillance faisait malgré lui son chemin; la brillante éphénièi-e se posait à Six-Fours, à deux pas de la Seyne, et un maire de village la piquait à son mur, sous cette forme naïve et libre :

Habitants de Si.\-l'^irns ' I

Vsnc dépèche de S. Exe. le ministre de l'intérieur, arrivée hier ii Toulon, fait, connaitrc que la ville de la Seyne va être i';niGKE en cbef-Jieu de canton.

Les résultais de cette création pour la commune de Six-Fours sont immenses. Vous prouverez votre reconnaissance au gouvernement de l'Iùnpereur en votant pour le candidat officiel, M. le vicomte de Kerveguen !

l''ait il 1:1 mairie de Six-Fours le 31 mai.

Le mnirr.

Olivu:i!.

(Afiiclii'e durnnl tout le scrutin.)

Puisque les dépêches sont des oracles pour les votants de ce temps-ci, que sera-ce si le voile se déchire et que celui qui les rend se laisse voir, toucher, haranguer, entendre? A cent lieues de Paris, une divinité officielle n'a rien à craindre des esprits forts, et il est si doux d'êti'e, là où l'on passe, sur le même pied que la Providence.

M. Rouher a voulu être la providence de la Corrèze, département pittoresque, mais obscur, qui a eu deux bonnes fortunes ensemble: un préfet et un député. Son préfet était le l)eaiifrére du ministre des travaux publics; son député avait encouru Tiniplacable disgrâce de M. le ministre de l'intérieur. Sans son |)réfet. le pauvre Limousin n'eût jamais vu peut-être la ligui-e d'une Excellence ; sans le député, il est pei'mis de croii-e que ^I. le ministre aurait choisi poui' se rendre à la voix du sang une aiilre époque que les derniers jours du mois de mai 18'j:L

M. Rouher a passé huit jours dans la Corrèze, et la plus grande partie de ce temps sur l'arrondissement de Brive, ou, pour mieux dire, dans la circonscription électorale dont cet arrondissement est la base. Toutes les campagnes l'ont vu. entendu, acclamé : tous les chefs-lieux de canton lui ont dressé

1. Extrait du dossier de M. Pliilis, candidat de l'opposition dans la S' circonscription du Var.

70 DISCOUHS ET OPINIONS.

des arcs tle triomiilie : il a fait partout des haranpnos, laissé partout (les enthousiastes. Ce ne sont point îles ennemis qui racontent, c'est le journal le Corrézien, feuille soumise à la préfecture'. On l'y suit pas à pas, de village en village, de banquet en I)anquet, semant les discours, les sourires, les subventions, prodiguant surtout les es|)érances. On lui a demandé des ponts, des routes, des chemins de fer à foison, un nouv(d ai'rondissement. Il a donné, promis ou fait espérer l'arrondissement, les routes, les chemins de fer et les ponts. Ce n'est pas seulement le ministre qui voyage, c'est le ministère. Le directeur général des chemins de fer est auprès de lui comme pour prendre acte de toutes choses. L'ingénieur en chef des ponts et chaussées complète le prestige. Et pour donner à ce déchaînement des convoitises départementales son véritable caractère, l'éloge des cantiidats du Gouvernement se mêle aux promesses de chemins de fer. M. Mathieu est de moitié dans toutes ces fêtes, et l'inconnu d'hier, l'adversaire de M. de Jouvenel, l'apologiste unique et rétrospectif de la loi de sûreté générale, trouve dans les reliefs des ovations ministérielles de quoi se faire une triomphante candidature.

Grâce à la finesse des électeurs limousins, voilà l'État engagé à jeter trois lignes de fer et lÛO millions dans la Corrèze. M. Thiers se présente à Aix, et l'arrondissement est doté du canal de Verdon. A Valenciennes, le même candi(hit n'aura pas nui à la réforme de la législation sucrière, et le drawhacic du sucre de betterave pourra le compter au nombre de ses patrons. Le drawbacic était réclamé avec passion par la fabrique indigène, il était repoussé avec horreur par les gens des colonies et des ports. Que va faire le ministère?

Nous laissons ici la parole à un des témoins de ce curieux épisode. Son i-écil. que nul ne démentira, lève un coin du voile, qui couvre d'ordinaii'e les délibérations ministérielles. Nous le donnons sans commentaire :

«. Vers le mois de mars 1863, le Gouvernement ayant reconnu que le temps manquait pour présenter dans la session de 1803 une loi générale des sucres sérieusement étudiée, l'Eniiifrt'ur voulut bien promettre aux délégués des Chambres de

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